Google dans la ligne de mire de l'Europe

Le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, part à l'assaut de Google

La Commission européenne ouvre une enquête contre le numéro un des moteurs de recherche. Plusieurs plaintes ont été déposées.

Pendant plusieurs années, Google est passé entre les mailles du filet des autorités de la Concurrence. Mais ça commence à sentir le roussi pour l’incontournable moteur de recherche. Des dossiers antitrust sont ouverts en Allemagne et en Italie depuis quelques mois. Hier, la Commission européenne est entrée en piste en lançant une enquête formelle contre le groupe américain.

Est-ce la fin de l’insolence pour Google? Après les condamnations de Microsoft et d’Intel, un nouveau grand groupe technologique américain se retrouve en tout cas dans le collimateur de l’Europe. Pour les observateurs, cela devait arriver tôt ou tard, vu sa prédominance.

"Jusqu’où sommes-nous prêts à creuser? Jusqu’au bout", a prévenu le Commissaire européen en charge de la Concurrence Joaquin Almunia, reconnaissant que le dossier serait "très difficile". Google s’est dit, pour sa part, "prêt à coopérer".

1) Que reproche-t-on exactement à Google?

"La Commission veut savoir si Google a abusé d’une éventuelle position dominante dans le marché de la recherche en ligne", explique Amelia Torres, la porte-parole de Joaquin Almunia. Google est soupçonné d’avoir abaissé dans ses résultats de recherche gratuits le rang de services concurrents spécialisés dans la fourniture de contenu spécifiques, comme, par exemple, les comparateurs de prix.

Le géant américain est aussi soupçonné d’avoir accordé à ses propres services un placement préférentiel. Il aurait dégradé le "score de qualité" de ses concurrents dans ses résultats de recherche payants.

Google imposerait également des clauses d’exclusivité à des partenaires publicitaires, en leur interdisant de disposer certains types de publicités fournies par des concurrents sur leur site web, ainsi qu’aux fournisseurs d’ordinateurs et de logiciels, dans le but d’exclure des outils de recherche concurrents. Enfin, la Commission enquêtera sur des allégations concernant la restriction de la portabilité des campagnes de publicité en ligne vers des plateformes de publicité en ligne concurrentes.

2) Qui a déposé plainte auprès de l’Europe?

Les plaintes ont été introduites par des fournisseurs de recherche en ligne concurrents. La Commission ne peut communiquer aucun nom. Mais Google a révélé ceux de trois plaignants en février dernier. Il s’agit de Ciao, un portail détenu par Microsoft, du français ejustice.gfr, spécialisé dans le domaine des questions judiciaires et du britannique Foundem, qui réalise des comparaisons de prix.

3) L’Europe est-elle suivie par les Etats-Unis?

A ce stade, les autorités fédérales américaines n’ont pas lancé d’enquête comparable. Toutefois, selon les services européens de la concurrence, les autorités de l’Etat du Texas conduisent en ce moment une enquête "dont le contenu recouvre au moins en partie le périmètre de l’enquête formelle que vient de lancer la Commission".

4) Que risque Google en cas d’infraction?

La Commission peut imposer des amendes qui varient selon la gravité de l’infraction et sa durée. Elles peuvent atteindre 1 % du chiffre d’affaires réalisé au cours de l’exercice social précédent ou même 10 % de ce chiffre d’affaires, dans certaines hypothèses. Elle peut aussi décider des astreintes qui peuvent aller jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires journalier moyen réalisé au cours de l’exercice social précédent.

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