Huawei ouvrira son centre bruxellois de la cybersécurité le 5 mars

Huawei chercherait-il à amadouer les institutions européennes? ©REUTERS

Huawei inaugurera mardi prochain à Bruxelles son centre paneuropéen de cybersécurité. Une manière de faire taire les critiques dont le géant chinois fait l'objet?

Vincent Pang, président d’Huawei pour l’Europe occidentale, a détaillé quelque peu ce lundi les contours du futur centre paneuropéen de cybersécurité du groupe, qui sera inauguré mardi 5 mars à Bruxelles.

"Nous pensons qu’il est important de travailler ensemble plutôt que séparément afin de déterminer les standards de la cybersécurité."
Vincent Pang
Président d’Huawei pour l’Europe occidentale

Installé au coin des rues Guimard et du Commerce, soit juste derrière la librairie Filigranes, le centre doit permettre l’interaction entre le géant chinois et les autorités politiques locales (gouvernement fédéral, Commission européenne), en ce compris les opérateurs télécoms, "car nous pensons qu’il est important de travailler ensemble plutôt que séparément afin de déterminer les standards de la cybersécurité, notamment en matière de 5G. D’ailleurs, nous invitons les différentes parties prenantes, si elles ont des préoccupations, à venir vérifier les produits et le software par elles-mêmes".

Cela se fera sur le modèle de ce qui a été fait, "en 2010 déjà", à Banbury (Royaume-Uni), puis à Bonn (Allemagne) plus récemment. Sauf qu’ici, le centre sera situé bien plus près du cœur des institutions européennes, complétant le QG belge d’Huawei, situé, lui, boulevard de la Woluwe, à Woluwe-Saint-Pierre, où travaillent 150 personnes.

"Indépendant"

Pour autant, le centre sera indépendant de tout pouvoir public et sera géré par l’équipementier seul. Au total, il ­­­­­­en va d’un investissement de "plusieurs millions d’euros, comprenant le coût d’exploitation, des infrastructures et des facilités", a confié le dirigeant chinois depuis Barcelone. Pour une équipe qui sera composée de combien de personnes sur place? "L’idée est de connecter entre eux des experts en sécurité venus d’Europe entière, on s’attend donc à beaucoup de fluctuation", nous dit-on. Nous n’en saurons pas plus.

Faut-il y voir une aubaine… ou, plutôt, un calcul stratégique dans le contexte des vives critiques émises par les USA à l’encontre du géant chinois en matière de sécurité nationale? "La décision de construction du centre a été prise en 2017", nous rétorque-t-on dans le camp d’Huawei. Il ne faudrait donc pas penser qu’il y a quelque lien entre les dossiers, même s’il est clair que ce nouveau hub aidera l’entreprise dans sa quête d’une image plus positive de par le monde. La Pologne devrait, elle aussi, voir un centre similaire voir le jour prochainement, témoignant de la volonté du géant chinois de montrer patte blanche sur le Vieux continent.

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