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La pandémie a fait fondre le chiffre d'affaires de Sapristic

Durant le confinement, les hôpitaux ont mis tous leurs projets à l'arrêt, ce qui a impacté Sapristic Belgium pour qui ils représentent 50% de l'activité, explique son CEO Jean Martin. ©Gauthier FABRI

Parmi les victimes collatérales du confinement figurent les fournisseurs des hôpitaux. Une filiale du groupe Sapristic se trouve en réorganisation judiciaire.

Durant le confinement, les hôpitaux ont concentré leurs forces sur la lutte contre la pandémie et remis à plus tard leurs projets. Pour une entreprise comme Sapristic Belgium, cette situation a débouché sur une cruelle chute du chiffre d'affaires: la firme wallonne de consultance informatique consacrait plus de 50% de ses activités à la réorganisation des hôpitaux. "Nous les aidons à mettre en place des centres informatiques (logiciels de gestion) et à former leur personnel à ceux-ci", explique le CEO Jean Martin. "Durant les quatre mois de confinement, nous avons accusé un gros creux d'activité. Au deuxième trimestre, Sapristic Belgium a tourné à 30 à 35% de ses capacités."

"Au deuxième trimestre, Sapristic Belgium a tourné à 30 à 35% de ses capacités."
Jean Martin
CEO, Sapristic

Du coup, l'entreprise a demandé et obtenu auprès du tribunal de l'entreprise du Brabant wallon le droit de bénéficier de la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) par accord collectif. Elle va donc négocier un plan de remboursement avec ses créanciers en vue d'arriver, d'ici la fin octobre, à un accord homologué par le tribunal.

Sapristic Biion freinée localement

Elément positif dans ce contexte morose: les hôpitaux commencent à relancer leurs projets. "Cela redémarre, confirme Jean Martin. Sapristic Belgium est aujourd'hui à 80% d'occupation." Une remontée qu'il espère voir se poursuivre au cours des prochains mois. Pour l'heure, la société n'a procédé à aucun licenciement.

L'entreprise fait partie d'un ensemble plus vaste, chapeauté par le holding Sapristic International. L'autre filiale du groupe basé à Louvain-la-Neuve s'appelle Sapristic Biion. Elle développe des systèmes de contrôle et de gestion de données techniques de production pour une clientèle d'industriels. Elle travaille beaucoup pour le secteur pharmaceutique et pour les salles blanches. Elle a également pâti de la pandémie et du "lockdown", notamment sur divers chantiers qu'elle avait ouverts en France.

"La direction réfléchit à des plans de réorientation chez Sapristic Biion également, précise Jean Martin. Si à l'international, son activité marche bien, il y a des problèmes sur le marché local." Par "local", il faut entendre la zone qui se trouve dans un rayon de 250 km autour de Louvain-la-Neuve, soit la Belgique et le nord de la France.

"La direction réfléchit à des plans de réorientation chez Sapristic Biion également."
Jean Martin

Est-ce à dire que comme l'autre filiale, Sapristic Biion pourrait passer elle aussi par la case "PRJ"? "Ce n'est pas exclu", répond prudemment le CEO avant de répéter: "On est encore dans le processus de réflexion." Le plan qui en sortira pourrait-il inclure une compression du personnel? "Sans doute, un petit peu. Mais nous avons dans nos cartons un plan de relance, construit autour de nos produits de la gamme Mirrhia."

International prometteur

C'est l'aspect paradoxal de la situation vécue par le groupe: sa situation sur son marché domestique est aujourd'hui préoccupante alors que sur les marchés internationaux, grâce à Mirrhia il dispose d'un beau potentiel. Il a créé voici cinq ans le progiciel Mirrhia, un système de monitoring connectant tous les types de capteurs et traitants tous les types de signaux sur une plateforme centralisée. Le groupe s'est repositionné en 2018 pour se transformer d'une société de services en une entreprise développant ses propres produits. Depuis, il a déjà convaincu plus de cent clients de travailler sur Mirrhia et a commencé à signer des contrats prometteurs à l'international, mais il se voit freiné sur son marché d'origine dans son activité initiale en raison du Covid-19. "Le réseau de distribution qui se met en place à l'international commence à donner des résultats. Cela nous donne un peu d'air", conclut Jean Martin.

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