La Wallonie perd des emplois technos: est-ce inquiétant?

D’après Agoria Wallonie, l’emploi va chuter de 2,4% dans les entreprises du secteur technologique en 2014. Il est passé de 61.160 travailleurs en 2008 à 57.272 en 2013, soit une baisse de 6% en 5 ans.

Les prévisions ne sont pas optimistes dans le secteur d’Agoria Wallonie. Selon les analyses de ses dirigeants, l’emploi devrait encore chuter dans les différentes entreprises de ce pan important de l’économie régionale cette année. "Il faut une croissance supérieure à 2-2,5% pour espérer des créations d’emplois. Mais les prévisions ne laissent entrevoir qu’une progression de 0,3% en Wallonie. Par conséquent, l’emploi va malheureusement encore trinquer en 2014. Il devrait chuter de 2,4% par rapport à 2013", annonce Thierry Castagne, directeur général d’Agoria Wallonie.

Les secteurs qui vont le plus souffrir cette année sont notamment la mécatronique et les productions technologiques (industrie mécanique, verre, machines-outils, sous-traitants, etc.) qui vont enregistrer une destruction de l’emploi de 17,5%. Le secteur des produits de construction devrait réduire son volume d’emplois de 1,9%, alors que l’effectif devrait progresser de 3,2% dans les secteurs d’ingénierie. L’aérospatiale et la défense réaliseront une augmentation de l’emploi d’environ 1,2%.

Pour contrer le sort, les dirigeants d’Agoria Wallonie ont envoyé lundi un condensé de leur mémorandum aux formateurs en Région wallonne. Ils demandent, durant la nouvelle législature, le maintien des efforts budgétaires au profit de l’innovation et des pôles de compétitivité et une reconnaissance de l’enseignement en alternance. "L’heure n’est pas au fatalisme, nous voulons nous battre pour retrouver les emplois détruits par la crise", précise Thierry Castagne.

Express

• La note d'Agoria Wallonie aux formateurs


Selon nos informations, Agoria Wallonie a envoyé lundi une note résumant son mémorandum aux formateurs PS (Elio Di Rupo, Paul Magnette) du futur exécutif wallon. Dans le document, la branche régionale de la fédération de l'industrie technologique défend les mesures à prendre pour rendre l'économie wallonne plus compétitive et doper ainsi la croissance. Dans le cadre de la politique des groupes cibles, elle défend une réduction permanente des charges patronales orientées sur les travailleurs âgés et, si cette cible est retenue, sur les bas salaires (elle suggère de les porter à 2.500 euros contre 1.900 euros actuellement). La mesure concernant les bas salaires doit être complémentaire à celle retenue au niveau fédéral. Elle refuse les taxes antiéconomiques (taxes sur les mâts éoliens et les antennes GSM). Agoria Wallonie plaide aussi une reconnaissance officielle des actions telles que l'immersion en entreprise, le master en alternance ainsi que les stages en entreprises ou centres de compétences. Pour encourager l'innovation, elle veut porter de 80% à 100% la dispense de précompte professionnel pour les chercheurs.

 

Lourd tribut

Il faut dire qu’entre 2008 et 2013, l’emploi a payé un lourd tribut à la crise. Il a chuté de 6,3% sur la période, passant de 61.160 travailleurs en 2008 à 57.272 salariés en 2013 dans le secteur d’Agoria Wallonie. Les investissements ont aussi piqué du nez avec une chute de 17,7% sur la période (voir infographie).

Dans le même temps, le nombre d’entreprises est passé de 3.159 établissements à 3.101 sociétés commerciales sur les 5 ans. Mais leur chiffre d’affaires n’a que très légèrement plongé: 14,380 milliards d’euros en 2008 et 14,282 milliards en 2013 (-0,6%).

Les secteurs qui ont perdu des emplois pendant la crise sont la métallurgie (-19,54%), la mécatronique (-18,01%), l’électronique (-14,92%) et les fabricants de produits de construction (-10,62%).

 

 

 

 

Des raisons d’espérer

D’autres branches d’activités ont non seulement résisté, mais elles ont aussi enregistré une augmentation des effectifs: l’automobile (+ 31,55%), la maintenance et l’ingénierie (+ 13,82%), la défense et la sécurité (+ 6,35%) et l’ICT (informatique, + 5,65%).

Agoria Wallonie a examiné l’évolution de ses 13 secteurs d’activités sur une période plus longue. Ses dirigeants en arrivent à la conclusion que la situation est moins inquiétante qu’elle n’y paraît et qu’il y a des raisons d’espérer des lendemains meilleurs.

"Si l’on observe l’évolution entre 1995 et 2013, l’industrie technologique a connu une évolution plutôt stable et dynamique: +20% d’entreprises et +15% de création de richesse (valeur ajoutée). La seule ombre au tableau est l’emploi qui est en recul de 5%", observe Thierry Castagne.

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