Le champion wallon de l'apprentissage des langues se cherche un partenaire

L'entreprise brabançonne est notamment connue pour le développement de la plateforme "Wallangues", permettant à tous les Wallons de plus de 18 ans d'apprendre les trois langues nationales ainsi que l’anglais. ©BELGA

Après avoir confirmé sa stratégie de développement à l'international, Altissa entend entrer dans une nouvelle phase. L'entreprise brabançonne est déjà active dans une vingtaine de pays.

L’heure est à l’écriture d’un nouveau chapitre pour Altissia. Le spécialiste brabançon de l’apprentissage en ligne des langues se cherche un partenaire pour grandir, a-t-on appris à bonne source. Un mandat a d’ailleurs été donné en ce sens à la banque Degroof Petercam.

Interrogé, Nicolas-Louis Boël, CEO, confirme. Et explique: "on a connu un développement très rapide ces dernières années, nous ayant amenés à être présents dans une vingtaine de pays aujourd'hui, dont 7 de manière structurelle. Pour soutenir cette croissance internationale, nous étudions désormais effectivement plusieurs partenariats, industriel ou financier. Mais nous n’en sommes qu’au tout début du processus".

"On a les produits et la maturité pour passer à une prochaine étape."
Nicolas-Louis Boël
CEO d'Altissia

Objectif? Passer un cap après avoir atteint les 80 personnes, quand l’équipe n’en comptait encore que quatre il y a dix ans. "On a les produits et la maturité pour, de même qu’une réputation solide au niveau pédagogique, linguistique, technologique et de gestion de projet", évoque le patron.

L'e-learning, un pari gagnant

Et après tout, c’est normal. Altissia est née dans ce vivier. De l’imagination de professeurs de l'Ichec et de l’UCLouvain qui, en 2005, ont voulu exploiter le créneau de l’e-learning. Un pari gagnant, car pris au creux de la vague. Celle qui s’appelle encore Ella se mue alors rapidement en spin-off, sous la houlette du Centre de langues de Louvain-la-Neuve (CLL) – toujours actionnaire (16,67% du capital) – et de Nicolas-Louis Boël, qui rejoint l'aventure en 2009.

Deux ans plus tard, c’est le début des choses sérieuses. Le gouvernement wallon décide d’enclencher son projet "Wallangues", offrant à tous les Wallons de plus de 18 ans un accès à une plateforme d’apprentissage des trois langues nationales ainsi que de l’anglais. Il choisit Altissia par appel d’offres –le contrat vient d'ailleurs d'être renouvelé.

9
millions €
Le chiffre d'affaires en Belgique pour 2018 était de 9 millions d'euros, en hausse de 12% en un an.

Forte de cette expérience, l’entreprise s’est alors étendue. En France, au Brésil et en Espagne, notamment. Avec un management buy-out en 2012 au passage, qui a vu Bruno Nissen, ex-administrateur-délégué de la marque de prêt-à-porter Bellerose, et Bernard de Bellefroid, ex-président du comité de direction d'HSBC Dewaay, monter à bord. De quoi doper son chiffre d’affaires, aujourd’hui à quelque 9 millions d’euros en Belgique pour 2018, en hausse de 12% en un an, pour une marge brute d’exploitation à 4,7 millions – les chiffres consolidés de l’activité globale ne sont pas communiqués.

Et l'amener à empocher le plus gros contrat d’e-learning des langues au monde, dans le cadre du programme Erasmus+. Soit tout de même 40 millions d’euros sur sept ans, consentis par la Commission européenne depuis la signature, en 2015.

Ouvrir les portes vers de nouveaux horizons

Résultat, en 2019, tous les voyants sont au vert à en croire le patron. "Nous avons grandi à tous points de vue. L’année dernière a été une réelle confirmation de notre stratégie d'un développement voulu plus important qu’auparavant", confie le CEO. De quoi ouvrir les portes vers de nouveaux horizons. D'autant plus avec l'acquisition et le développement du réseau social d'apprentissage de langues Speaky qui compte déjà près de 6 millions d'utilisateurs.

Un contrat d’1,4 million vient d’ailleurs d'être signé au Maroc auprès d’une importante institution de formation professionnelle, quand un autre pourrait prochainement s’enclencher au Canada.

A l’avenir, l’entreprise pourrait considérer poursuivre sur la voie des acquisitions. "Pour accroître notre présence dans le monde, mais aussi acquérir des compétences en lien avec notre vision pédagogique, linguistique et technologique", conclut Nicolas-Louis Boël.

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