Les plans de Maurice Lévy pour relancer Proximedia

©Proximedia

Désormais aux mains de la famille de Maurice Lévy, ex-patron de Publicis, l’agence belge Proximedia ambitionne de lancer de nouveaux produits; avant une extension à l’étranger.

En février dernier, le groupe Publicis, numéro trois mondial de la publicité, annonçait la cession de Proximedia, une filiale d’origine belge, active dans les services numériques à destination des PME. Fondée en 1998 par Fabrice Wuyts, Proximedia, qui avait été élue entreprise de l’année en 2009, ne rentrait plus dans la nouvelle stratégie de Publicis insufflée par le CEO, Arthur Sadoun, et visant à se rencontrer sur les grandes marques et les grands comptes.

Une soixantaine d’investisseurs a été approchée et une petite dizaine a manifesté son intérêt. L’opération a été récemment bouclée. L’acquéreur est Ycor, fonds doté de 30 millions d’euros détenu par Maurice Lévy et sa famille dont le but est de constituer un groupe industriel dans l’univers des services technologiques et digitaux.

Proximedia
  • Création: En 1998, par Fabrice Wuyts et Eric Glachant. Reprise par Publicis en 2014 puis par Ycor en 2019
  • Présence au Benelux, en France et en Espagne
  • Activités: marketing digital; sites internet; vidéo en ligne sur Facebook; Google adwords; réseau de totems multimédia permettant de syndicaliser les vidéos; Batibouw+: mise en relation d’entrepreneurs en bâtiment (2.600 professionnels) et particuliers
  • Chiffre d’affaires: 70 millions d’euros, dont 42 au Benelux
  • Effectifs: 575 salariés, dont 311 au Benelux

Maurice Lévy (77 ans), c’est l’ex-grand patron de Publicis dont il est toujours… président du conseil de surveillance. La transaction paraît étonnante mais l’infatigable Maurice Lévy, joint par L’Echo, assure avoir veillé à éviter tout conflit d’intérêt. "J’ai prévenu que je participerais à l’enchère. Et j’ai fait la meilleure offre, dit-il. J’ai été un candidat comme les autres. J’ai fait en sorte que ma présence au conseil de surveillance de Publicis ne soit ni un avantage, ni un frein. J’ai été absent de toutes les discussions. Je n’étais pas engagé dans le fonctionnement de Proximedia qui, avec ses 70 millions de revenus, est microscopique à l’échelle du groupe qui pèse 10 milliards de chiffre d’affaires."

Créer des synergies

Que va faire Maurice Lévy de Proximedia? Présente au Benelux, en France et en Espagne, l’entreprise n’a pas trouvé son équilibre financier et nécessite des investissements pour se développer et être profitable, dit-on chez Publicis. C’est la situation en France qui est difficile car au Benelux, Proximedia affichait en 2018 un chiffre d’affaires de 41 millions d’euros et un ebitda de 5,2 millions. "Maurice Lévy veut s’appuyer sur le modèle belge pour développer d’autres produits digitaux et s’étendre en Europe", indique Thierry De Bock, qui dirige Proximedia au Benelux.

Maurice Lévy confirme. Sa stratégie pour redresser la barre et permettre à Proximedia de retrouver l’équilibre financier s’articule autour de plusieurs axes. Un: "En faire un ensemble cohérent, utilisant dans les pays où il est présent les mêmes plateformes, systèmes et outils avec des adaptations locales si nécessaire." Deux: "Renouer avec une dynamique de croissance, en investissant en marketing et dans les équipes commerciales."

Trois: Développer de nouveaux produits et services. Lesquels? "On y travaille", répond-il de manière énigmatique. Comment? "En développant des synergies avec les autres entités d’Ycor." Soit des actifs comme Weborama (gestion de big data à des fins marketing), Spacefoot (plate-forme de commerce électronique pour clubs sportifs amateurs), Chandago (protection des données). "C’est le début d’un groupe qui va peser un millier de personnes, se réjouit l’ex n°1 de Publicis. Nous voulons faire en sorte que cet ensemble puisse fonctionner davantage en synergies, que chaque entité profite des unes et des autres et qu’il y ait une accélération qui favorise ce développement."

Expansion géographique

Quatrième objectif, enfin, mais à plus long terme, une expansion géographique. "Je n’ai pas encore de pays en tête, on n’a pas fait d’étude de marché, mais c’est l’ambition", dit-il avant de conclure par une métaphore "familiale". "Je fais ce que ma grand-mère m’a appris, à savoir que les artichauts se mangent feuille à feuille avant de pouvoir attaquer son cœur. Il faut d’abord consolider les opérations, leur donner de l’ampleur. Ensuite, on va regarder une expansion géographique."

Ne cachant pas son ambition de devenir leader en Europe, Maurice Lévy confie que son implication personnelle sera forte. "Je n’aurai pas de rôle opérationnel dans ces sociétés sauf dans Proximedia dont je prends la présidence. Je veux démontrer que cela va marcher."

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