Levée de fonds en vue pour Agfa-Gevaert

©Saskia Vanderstichele

Agfa-Gevaert a confirmé avoir demandé à la CBFA de pouvoir réaliser "une opération financière". Un avis publié ce mardi laisse penser que le groupe pourrait prochainement tenter de récolter des capitaux sur le marché. Timing? Au plus tôt le 21 octobre. Le prospectus pourrait être approuvé dès mardi prochain.

En mai dernier, les actionnaires d'Agfa-Gevaert avaient donné leur feu vert à une augmentation de capital. Cette autorisation était valable pour cinq ans et portait sur un montant de 140 millions d’euros.

Un avis paru dans Le Moniteur Belge de ce mardi et dans la presse financière laisse penser que le groupe d'imagerie fera prochainement appel au marché pour lever des fonds.

En effet, cet avis évoque une augmentation de capital qui devrait avoir lieu en Belgique. Si aucun montant n'est mentionné dans cette publication, le timing est par contre lui évoqué. " (…) la période de souscription de minimum quinze jours débutera au plus tôt le jeudi 21 octobre 2010", peut-on ainsi lire.

Un porte-parole du groupe a confirmé qu'Agfa avait déposé une demande à la Commission bancaire, financière et des Assurances (CBFA) pour réaliser "une opération financière". "Je ne peux vous donner aucun détail quant au montant, au calendrier ou à l'affectation des fonds pour l'instant. Tout dépendra de l'accord de la CBFA sur cette opération", a indiqué Johan Jacobs.

Tout au plus a-t-il confirmé qu'en cas de feu vert du gendarme des marchés, la transation aura bien lieu "au plus tôt le 21 octobre" 2010.

A la CBFA, on se refuse à tout commentaire. Mais selon nos informations, il se pourrait que le dossier soit approuvé dès mardi prochain, lors de la réunion hebdomadaire consacrée à l'approbation des prospectus. Il est par ailleurs rarissime qu'un dossier soit refusé pour son principe. La discussion entre un candidat émetteur et la CBFA porte en réalité sur les informations qui doivent se trouver dans le prospectus à présenter aux investisseurs et sur le choix des méthodes d'évaluation, elles-mêmes appliquées par des banques d'affaires.

L'article 593 du Code des sociétés oblige les sociétés qui entendent émettre des droits de préférence à publier un avis dans le Moniteur belge et dans la presse.

 

Quelques minutes après l'annonce de ces informations sur lecho.be, le titre Agfa-Gevaert a chuté de plus de 7%. "Ce n'est pourtant pas une surprise, commentaient certains analystes, l'augmentation de capital a été annoncée aux actionnaires lors de l'assemblée générale de mai. Et ce pour deux raisons également connues. Primo, réaliser des acquisitions, comme celle de l'Américain Pitman et celles à suivre. Secundo, renforcer le bilan."

Une logique d'entreprise qui ne s'avère pas unaniment partagée. "Agfa ferait mieux de laisser son cash dans son bilan, ce dernier étant actuellement très faible. La société a en outre pour plus d'un milliard d'euros d'obligations liées aux retraites qui ne sont pas reprises dans leur chiffre d'affaires", précise Wim Gille, analyste auprès de la RBS connu pour ses avis négatifs à propos d'Agfa.

Sans compter que dans le courant de l'année 2012, le revolving credit de 690 millions d'euros dont bénéficie Agfa arrivera à échéance. La société devra dès lors prolonger cette ligne de crédit aux meilleures conditions. Quoi de mieux, dans ce cas, qu'un bon bilan pour obtenir les meilleures modalités.

A cet égard, Wim Gille en vient à déplorer le rachat de Pitman, la société d'imprimerie, estimant que "le département graphique n'est pas exactement le secteur où les investisseurs veulent voir des acquisitions. Ils préfèrent nettement plus les activités IT ou médicales."

JYK et S.W.

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