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Lisa Su, une femme d'influence au pinacle salarial

Arrivée à la tête d'AMD en 2014, Lisa Su est la première femme à trôner en tête du classement des CEO les mieux rémunérés du S&P 500 américain. Elle a gagné l'an dernier 58,5 millions de dollars.

Porter une entreprise au pinacle peut rapporter gros à ses dirigeants. Lisa Su, l'Américano-taïwanaise qui dirige depuis cinq ans et demi AMD (Advanced Micro Devices) , le géant des microprocesseurs, a quadruplé l'an dernier sa rémunération, la portant à 58,5 millions de dollars. De quoi devenir la première femme en tête du classement des CEO les mieux rémunérés du S&P 500, établi chaque année par l'agence Associated Press (AP).

Elle précède de loin le patron de Discovery Inc, David Zaslav, qui a empoché 45,8 millions de dollars, et Robert Iger, PDG de Walt Disney, qui a gagné 45,5 millions de dollars.

Lisa Su n'en reste pas moins une exception. Seules 5% des sociétés du S&P 500 sont dirigées par une femme. Et les deux autres femmes CEO les mieux rémunérées – Marilyn Hewson, CEO de Lockheed Martin, et Mary Barra, patronne de General Motors – ont empoché moins de la moitié de son salaire.

Une femme puissante

Personnalité omniprésente dans le monde des techs, Lisa Su cumule les titres dans les divers classements de la sphère capitalistique. Le magazine américain Fortune lui a ainsi attribué l'an dernier le titre de "femme la plus puissante" du monde des affaires. L'agence Bloomberg l'a pour sa part intégrée dans la liste des 50 personnalités les plus influentes.

De 3 à 59 dollars

À 50 ans, Lisa Su est au faîte de sa carrière. Au moment de succéder à Rory Read à la tête d'AMD, le grand rival d'Intel vit des temps difficiles. L'action plafonne à 3 dollars. Lisa Su redresse l'entreprise, qui connaîtra en 2019 une de ses meilleures années, que ce soit en termes de revenus ou de rentabilité. En 2018 et 2019, AMD aura été l'action la plus performante du S&P 500. En février 2020, elle frisera les 59 dollars.

59$
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Fin 2014, l'action AMD plafonnait à 3 dollars. En février 2020, elle frisait les 59 dollars.

Née à Taïwan en 1969, Lisa Su n'aura que très peu connu son pays natal. Ses parents immigrent aux États-Unis alors qu'elle n'a que 3 ans. Sa grande passion, c'est la technique. Lisa Su, qui rêve de devenir ingénieur, s'amuse dès l'âge de 10 ans à démonter et à réparer les voitures télécommandées de son frère.

Titulaire d’un master et d’un doctorat en Ingénierie électrique de l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), elle débute sa carrière professionnelle en assumant des fonctions techniques et de gestion chez Texas Instruments, IBM et Freescale Semiconductor. Vice-présidente du centre de recherche d'IBM, elle participe au milieu des années 90 au développement de semi-conducteurs en silicium sur isolant et à la mise au point de puces semi-conductrices plus efficaces.

LE PROFIL

- 7 novembre 1969 : naissance à Tainan (Taïwan)

- 1995 : vice-présidente du centre R&D en semi-conducteurs d'IBM

- 2000 : assistante technique du CEO d'IBM, Lou Gerstner

- 2007 : directrice technologique (CTO) chez Freescale Semiconductor

- Janvier 2012 : vice-présidente et directrice générale d'AMD

- Octobre 2014 : présidente et CEO d'AMD

De l'ordre dans les comptes

Engagée en janvier 2012 par AMD en tant que vice-présidente et directrice générale en charge des unités commerciales, Lisa Su accède au faîte de la hiérarchie en octobre 2014. "Quand vous grandissez en tant qu'expert en technologies – et j'ai passé toute ma carrière dans les semi-conducteurs –, il n'y pas beaucoup de grandes sociétés américaines dans ce secteur. J'étais donc très excitée à l'idée de devenir CEO", dira Lisa Su à CNN Business.

"Il n'y pas beaucoup de géants technologiques américains. J'étais très excitée à l'idée de devenir CEO."
Lisa Su
CEO d'AMD

À ce moment, le groupe perd de l'argent et est grevé par un lourd endettement. Elle met de l'ordre dans les comptes, notamment via des licenciements. Et décide de tout miser sur l'excellence technologique.

Cette politique s'avérera payante: AMD devient un authentique géant en développant des technologies de haute performance pour les applications informatiques. Ces technologies en ont aujourd'hui une société dominante.

Rumeurs de transfert

Durant l'été dernier, des rumeurs avaient envoyé Lisa Su chez IBM, où elle aurait pris la place de n° 2 dans l'attente de remplacer Ginni Rometty au poste de CEO et président. La patronne d'AMD a elle-même balayé ces rumeurs via Twitter. "Juste pour info, vérité zéro sur cette rumeur. J'aime AMD et le meilleur reste à venir", a-t-elle lancé.

Le Covid-19, même pas peur

La crise du coronavirus ne suscite guère d'inquiétude chez AMD, où l'on estime que son impact devrait rester mineur. L'entreprise "maintient une solide chaîne d'approvisionnement" et continue de fournir ses produits "avec un minimum de perturbations". Lisa Su ne voit donc pas de raison de revoir à la baisse les prévisions de revenus de la société.

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