Oodrive lève 65 millions pour attaquer l'Europe du Nord

Christophe Ophoff, CEO d'Oodrive Belgique. ©Pauline Moreau

Avec cette levée de fonds, Oodrive ambitionne notamment de renforcer sa position en Flandre. L’objectif? Pouvoir opérer depuis la Belgique en vue d’entamer une conquête de nouveaux marchés en Europe du nord. Dans cette optique, une acquisition à court terme est évoquée sans que plus de détail ne soit communiqué.

Le temps où les administrateurs recevaient leurs documents confidentiels sur papier pourrait bien être révolu. Aujourd’hui, numérique oblige, les informations autrefois imprimées transitent chaque jour un peu plus par internet et se consultent sur tablette ou sur ordinateur. S’il convient d’emblée de préciser que toutes les entreprises n’en sont pas là, le fait est que la demande pour des solutions sécurisées en la matière se fait grandissante.

Ayant flairé cette tendance, les Français d’Oodrive en ont fait leur spécialité. L’entreprise est active dans la sécurité et la confidentialité des données, un business en pleine croissance. Rien que sur les cinq dernières années, la société a connu une augmentation de près de 25% de son chiffre d’affaires pour atteindre 37 millions d’euros en 2015. Une performance qui nécessite des investissements réguliers de manière à rester à la pointe.

"La Belgique servira de camp de base dans notre conquête de nouveaux marchés"
Christophe Ophoff
Ceo d’Oodrive Belgique

À cet effet, la firme vient de boucler une levée de fonds de 65 millions d’euros auprès d’importants fonds d’investissement européens. "Il s’agit de la plus importante levée de fonds réalisée par une société non cotée en France ces derniers temps", se félicite Christophe Ophoff, CEO d’Oodrive Belgique. Un joli pécule qui "ne sera pas utilisé pour payer des salaires", sourit le patron. Cet argent servira à assouvir les désirs de conquête de l’entreprise. Conquête dans laquelle "la Belgique jouera un rôle crucial" vu sa situation géographique. En fait, ce "point névralgique" servira de "camp base" dans les développements du groupe.

Première étape de ces développements, Oodrive va s’attaquer à la Flandre, "un beau marché que l’on n’a pas encore vraiment investi pour des raisons historiques (les patrons étant français, ils ont préféré privilégier la Wallonie dans un premier temps, NDLR)". Dès que cela sera fait, devraient suivre rapidement les Pays-Bas et la Scandinavie (à plus long terme), avec pour objectif in fine de renforcer la présence du groupe en Europe du Nord.

Pour y parvenir, la vingtaine d’employés d’Oodrive Belgique, filiale réalisant autour de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, va être amenée à gonfler. La firme est à la recherche de cinq nouveaux profils. Mais d’après le patron, "il n’est pas évident de trouver les bons candidats" dans ce secteur en Belgique.

En parallèle de ces embauches, Oodrive devrait aussi réaliser une acquisition dans un délai assez court, soit dans les deux à trois mois. "Je ne peux pas en dire plus pour le moment", indique Christophe Ophoff, "mais on reste dans le même domaine". Et dans le même pays? Le patron botte en touche…

Créneau porteur

En matière d’acquisition, la firme n’en est pas à son coup d’essai. En incluant la prochaine, il s’agira du cinquième rachat réalisé par l’entreprise depuis sa création en 2000. Une pratique d’ailleurs à l’origine de sa filiale belge, bâtie sur les fondations de l’entreprise flamande BlueBackUp rachetée en 2008.

En tout cas, c’est cette stratégie d’acquisition qui lui permet aujourd’hui de proposer des services de pointe dans quatre grands domaines que sont les plateformes de travail collaboratif, la sauvegarde, l’archivage, et enfin le transfert de données, "un marché en plein boom", selon le CEO. En effet, avec la montée en puissance des "ransomware" (ou rançongiciel, soit un logiciel malveillant qui prend en otage des données, ne les libérant qu’en échange d’une somme d’argent) et autres piratages, les services proposés par l’entreprise apparaissent comme particulièrement pertinents. Et particulièrement appréciés.

La filiale belge compte parmi ses clients des grands noms comme Ethias, Godiva, Elia,… ou encore d’importantes sociétés du Bel 20 qui préfèrent ne pas être citées. À côté de cela, la firme indique aussi travailler pour la Cour de justice de l’Union européenne ou encore pour la Banque européenne d’investissement. Et en France où la firme est la plus puissante, 80% des sociétés du CAC 40 s’offrent ses services, d’après Christophe Ophoff.

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