Option poursuit sa chute, toujours enfoncé par la "concurrence" chinoise

©© Dominic Verhulst

Journée noire pour la firme Option qui a royalement déçu les investisseurs et s’est vue violemment sanctionnée, le titre perdant plus de 22% sur la séance.

Le virage à 180 degrés dans son business model et le recentrage sur les logiciels et les services n'auront pas suffi : l'entreprise spécialisée dans les solutions informatiques mobiles (USB, modem, clés 3G...) continue sa chute et affiche au premier semestre une perte nette de 20,5 millions d'euros.

Le chiffre d’affaires semestriel, malgré une légère amélioration au deuxième trimestre, ne s’élève qu’à 30,9 millions d’euros, soit 3 fois moins qu’à la même période en 2009.

Malgré un large programme de réductions de coûts (-15 millions d'euros sur la période) et le licenciement en octobre 2009 de 55 collaborateurs, la société fondée par Jan Callewaert a vu son bénéfice brut chuter, en un an, de 21,5 millions d'euros à 5,7 millions d'euros. L'Ebitda est par contre en progression, quoique toujours négatif, à -6,5 millions d'euros  contre -11 millions en 2009.

Concurrence déloyale

En cause, d’après le groupe, la concurrence toujours déloyale et illégale des géants chinois du secteur comme Huawei et ZTE.
Pour rappel, Option accuse les autorités chinoises de soutenir formellement ces entreprises en leur octroyant des prêts à des taux presque nuls et en soutenant financièrement leurs programmes de recherche et développement.

Différentes plaintes ont d’ailleurs été déposées devant les autorités de la concurrence européenne. La dernière en date, déposée au début du mois d’août fait d’ailleurs l’objet d’un début d’enquête par la Commission, qui a annoncé qu’elle déciderait rapidement du lancement éventuel d’une procédure complète. "Nous sommes particulièrement confiants dans l’évolution de ces procédures, au vu des premiers commentaires obtenus auprès de la Commission", explique Jan Potté, porte-parole du groupe.


Miser sur la sécurité

"Nous commencons à percevoir des opportunités intéressantes dans les différents business que nous avons décidé de cibler : les solutions mobiles propres à la sécurité, les logiciels de connectivité cryptée destinés au monde de l'entreprise", explique John-Patrick Ziegler, directeur financier du groupe. 

Si le groupe veut miser au maximum, et presque en dernier recours,  sur les logiciels de sécurité, c’est surtout parce que les grands clients que sont les organisations gouvernementales " ont beaucoup de mal à confier la sécurité de leurs données à des acteurs chinois", ajoute le directeur financier.


Un avenir incertain

Il n’empêche, Option s’enfonce inexorablement dans le rouge depuis de nombreux mois et des questions se posent quand à l’avenir du groupe.
Surtout, ces résultats semestriels violent les conditions de l’accord de crédit passé avec les banques Dexia et ING, qui pourraient décider de fermer le robinet des liquidités.

"Aucune décision n’a été prise, les banques continuent d’analyser nos résultats et devraient nous faire part de leur décision dans les semaines à venir", affirme John-Patrick Ziegler. Plus de 23 millions d’euros, ont en effet été dépensés par le groupe au premier semestre, laissant à Option une réserve de 7,7 millions.

Quand à une éventuelle reprise de la société, le "no comment" est de rigueur, la direction préférant rappeler que les opportunités de croissance sont toujours là et qu’un retour à des résultats corrects dans le premier semestre de l’année 2011 reste tout-à-fait envisageable.

Une impression de déjà-lu ?

 

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