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Riaktr prendra la vague de la conquête, forte d'un nouveau capitaine

©Kristof Vadino

La scale-up spécialisée en big data a achevé sa mue vers un modèle axé logiciel. Pour marquer le coup, un nouveau CEO prend la barre. Et hisse les voiles.

La nouvelle a pu en surprendre plus d’un lorsque Sébastien Deletaille, cofondateur de Riaktr, a annoncé sa démission mardi dans nos colonnes. L’homme occupait en effet le poste de CEO depuis 2009, soit l’heure des premiers pas de la scale-up bruxelloise active dans le big data à destination du secteur des télécoms.

"Ce n’est jamais un moment facile lorsqu’un cofondateur quitte le navire", commente Loïc Jacobs van Merlen, l’autre homme à l’origine de l’aventure, rencontré vendredi au QG de la boîte, un vaste open space niché au treizième étage d’un imposant immeuble de bureaux de la capitale. Avant d’expliquer: "Nous avons atteint une nouvelle phase aujourd’hui. Après trois années de transformation profonde de notre business, pour passer d’une activité de consultance à un modèle axé vers la vente de logiciels (qui peut être porté plus facilement à une autre dimension, tout en étant plus prévisible à terme, NDLR), l’entreprise est désormais dans une bonne position pour l’avenir. Nous sommes plus stables d’un point de vue financier et organisationnel."

Pour marquer le coup, Riaktr a donc décidé de faire appel à un nouveau capitaine pour l’exploration future, en la personne de Wim Borremans, ingénieur civil électricien diplômé de la KU Leuven et détenteur d’un MBA de la Vlerick Business School. Si l’intéressé travaillait déjà au sein de l’entreprise, s’occupant des services professionnels, le voilà hissé au rang de numéro un de la firme.

Cap sur les marchés adjacents

Sa mission désormais? Attaquer les marchés adjacents à ceux ayant déjà été conquis, avec le soutien de ses investisseurs (Fortino, Endeit et la Gimv). Un développement logique quand on sait que la scale-up est parvenue à se tailler une place de choix dans deux niches bien spécifiques.

La première touche à la vente et à la distribution dites "intelligentes", soit tirant parti de l’analyse automatisée d’une énorme quantité de données ("big data"). Principalement porteuse dans les pays émergents, la solution développée à ce niveau par Riaktr permet à des clients comme Orange Group de déterminer, par exemple, où envoyer ses 2.000 conseillers africains dans son vaste réseau de distribution local, afin d’augmenter les performances globales sur le marché. Ici, l’Amérique latine est envisagée comme piste possible pour demain, de même que d’autres secteurs que celui des télécoms.

Du côté de la seconde niche, il en va d’une solution de "smart capex", soit un logiciel permettant de rationaliser, de manière là aussi automatisée, les décisions d’investissements à consentir dans l’infrastructure pour un opérateur télécoms comme Proximus. Et ce, jusque dans une granularité à l’échelle d’une rue, et non plus d’une commune, comme cela a pu être le cas par le passé. Particulièrement utile à la veille du déploiement de la 5G et en période d’investissements massifs autour de la fibre. Là, une percée australienne pourrait être envisagée prochainement, alors que la solution est plutôt privilégiée en Europe pour l’heure.

Rentabilité en vue

En définitive, "la transformation n’a pas été une sinécure, mais nous avons finalement développé un ensemble de technologies particulièrement précieuses que nous allons pouvoir commencer à déployer partout dans le monde", annonce le nouveau patron.

Une donne nouvelle qui l’amène à indiquer avoir même en ligne de mire de devenir rentable prochainement, alors que des pertes étaient encore constatées en 2016, date du dernier dépôt des comptes. Quand? Il ne préfère pas préciser, "pour des raisons de concurrence". "Par contre, le fait est que nous récoltons désormais le fruit de notre travail passé, après des passages difficiles."

Pour ce qui est de l’activité originelle, elle continue à exister, même si elle ne représente plus qu’une faible partie du business (entre 25 et 30% des revenus). "Nous la conservons, car elle nous permet de répondre aux nombreux besoins additionnels des opérateurs, souligne Wim Borremans. Nous avions une réelle demande pour cette partie conseil. Dès lors, il aurait été stupide de ne pas l’adresser, alors même que nous disposons en interne des compétences à cet effet."

L’aventure a fait des petits

Pour assurer ces différentes activités, l’entreprise emploie aujourd’hui 70 personnes environ. Un nombre en perpétuelle évolution, mais qui ne devrait "pas doubler à terme, car nous ne sommes plus dans un modèle de service sur mesure de consultance où, là, disposer de plus de personnes sur le payroll nous rapportait plus in fine." Non, c’est le logiciel, le futur vecteur de croissance.

Et le chemin parcouru est significatif… Pour s’en convaincre, il suffit d’ailleurs de regarder au mur, lorsque l’on visite l’entreprise. Là, les portraits des quelque 200 personnes décorent fièrement le long couloir qui sillonne des locaux à la Google, pleins de couleurs et égayés d’un baby-foot. "Il s’agit là de tous les gens que nous avons recrutés à un moment ou à un autre de notre histoire, et ce, jusqu’à aujourd’hui", se remémore Loïc Jacobs van Merlen. Toute une histoire. Qui s’est accompagnée de va-et-vient, cela va de soi.

Avec quelques beaux succès de reconversion d’anciens employés au passage, comme pour Nadine Khouzam, par exemple, travaillant depuis février pour Internet.org, l’initiative de Facebook visant à favoriser l’accès à internet pour tous. Ou pour Thoralf Gutierrez, encore, qui s’occupe depuis l’année passée de data chez Tesla, en Californie. Et ce, sans parler des start-ups qui sont nées dans le sillage du vaisseau amiral Riaktr. L’on pense notamment à Dalberg Data Insights, spin-off de la scale-up active dans le big data appliqué au monde du non-marchand, ou encore à Jetpack.ai, jeune pousse spécialisée en analyse organisationnelle pour les entreprises.

Bref, autant d’exemples de l’importance gagnée en quelques années par la pépite dans un certain tissu numérique, et ce alors que sa croissance devrait seulement s’accélérer. Désormais, le mot d’ordre est simple pour l’équipage: il n’y a plus qu’à. Les bases sont là.

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