Si le recrutement suit, NRB vise 500 millions de chiffre d'affaires

Pascal Laffineur ©Anthony Dehez

NRB vient de publier ses résultats pour 2018. L’entreprise liégeoise a de grandes ambitions mais doit faire face à des difficultés de recrutement.

Lorsque l’on évoque le secteur de l’IT, NRB n’est pas vraiment le premier nom qui vient à l’esprit. La société est pourtant l’un des plus gros acteurs nationaux dans le domaine avec plus de 2.000 travailleurs et un chiffre d’affaires dépassant les 330 millions d’euros en 2018. Les chiffres sont tout frais, l’entreprise vient juste de publier ses résultats. L’année écoulée fut relativement bonne. L’activité a augmenté de 5%, l’Ebit en forte progression a quasi doublé pour s’établir à plus de 8,7% et le résultat net consolidé dépasse les 13,4 millions d’euros. L’ambition du groupe est claire et a été posée en 2017, au moment où Pascal Laffineur, le nouveau patron, a pris les rênes de l’entreprise. Il souhaite doubler l’activité et atteindre en cinq ans un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros. "Lorsque l’on se penche sur notre bilan, on constate qu’on est dans les temps", explique le CEO.

Pour obtenir son bon bulletin, l’entreprise a mis en place depuis plusieurs années une stratégie spécifique. Elle s’attaque notamment à un marché bien défini. "La concurrence est très rude dans le domaine. Nous avons donc décidé de cibler une partie précise du marché. On vise en priorité les entreprises qui sont plus grandes que des PME mais qui ne sont pas encore des géants. Typiquement, les sociétés de notre taille nous intéressent", explique Pascal Laffineur.

La stratégie choisie n’empêche toutefois pas le patron de viser plus grand. NRB vient de signer un contrat avec Arcelor au niveau international. "On ne conclut pas quinze contrats de ce genre par an. C’est un marché qu’on souhaite davantage attaquer", confie le patron. Afin d’y arriver, l’entreprise compte sur la collaboration qu’elle a mise en place avec le géant IBM, il y a un an et demi. "Les avantages à travailler avec eux sont multiples et vont dans les deux sens. Pour IBM, notre marché cible est très intéressant. Nous leur permettons d’atteindre un public qu’ils ont habituellement plus de mal à toucher. Pour nous, leur nom et leur réputation nous donnent une légitimité et la possibilité d’aller chercher des plus grandes entreprises comme Arcelor", détaille le responsable.

Croissance et acquisition

Si IBM permet de toucher des clients à l’échelon international, le principal de l’activité se fait toutefois encore en Belgique. Le pays restera d’ailleurs la priorité pour NRB, "avec les pays limitrophes", précise toutefois le patron.

"On ne fait pas des acquisitions pour gonfler le chiffre d’affaires mais parce qu’il est important de connaître ce qui se passe sur le marché."
Pascal Laffineur
CEo de NRB

Depuis quelques années, le développement se fait de manière organique mais également grâce aux acquisitions, une véritable spécialité chez NRB. "Il est certain que pour doubler notre chiffre d’affaires, on devra encore passer là. En 2018, nous avons repris deux entreprises. On ne le fait pas simplement pour gonfler le chiffre d’affaires mais bien parce que l’on considère que, pour continuer à grandir, il est important de connaître ce qui se passe sur le marché. C’est un excellent moyen pour acquérir des compétences", dévoile Pascal Laffineur.

Le défi du recrutement

Les défis sont toutefois encore nombreux avant d’atteindre le demi-milliard de chiffre d’affaires d’ici trois ans. Le principal sera humain. Le recrutement est devenu un véritable casse-tête dans le milieu. Au point que la société a décidé l’an passé de se charger elle-même de la formation complète d’une partie de ses nouvelles recrues. "Nous avons mis en place un processus de formation de neuf mois pour des candidats ne disposant pas de diplôme dans le domaine mais qui sont motivés. À la fin du processus, on garantit l’engagement d’au moins 9 des 12 personnes. Mais on pourrait bien tous les recruter. Ça ne résoudra pas le problème mais c’est un début de solution. Cela permet aussi de ne pas nous battre toujours sur le même terrain avec la concurrence."

Cette année, NRB espère engager une centaine de collaborateurs. L’an dernier, l’entreprise n’était pas parvenue à remplir ses objectifs de recrutement.

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