Spie Belgium mise sur les smart cities et les bâtiments intelligents

Après Systemat, Johan Dekampe, administrateur délégué de Spie Belgium, prévoit d’autres acquisitions dans le même domaine.

Grâce au rachat de Systemat, Spie Belgium veut s’imposer dans l’internet des objets pour les bâtiments ou les villes. Pour faire la différence par rapport à ses concurrents, il compte sur ses compétences techniques.

Alors que le groupe Spie46.650 employés et un chiffre d’affaires de 6,1 milliards d’euros en 2017 – réalise déjà 20% de son business dans les services liés aux technologies de la communication et de l’information (ICS), Spie Belgium n’avait jusqu’il y a peu pas d’activités dans ce domaine. "La Belgique était un trou noir dans le groupe, raison pour laquelle nous avons racheté Systemat", explique Johan Dekampe, administrateur délégué. L’acquisition a été finalisée fin avril 2018, et l’entreprise a consacré près de 9 mois à son intégration.

"Dans le groupe, la Belgique était un trou noir en matière de services liés aux technologies de l’information et de la communication. Il est comblé."
Johan Dekampe
administrateur délégué de Spie Belgium

Aujourd’hui, le nom de Systemat disparaît, pour devenir la division ICS de Spie Belgium. Plus question, comme le faisait Systemat par le passé, d’installer du hardware dans les entreprises ou les grandes organisations – les derniers contrats en la matière sont venus à échéance.

La volonté de Spie Belgium: développer de nouveaux services, destinés aux smart cities, aux buildings intelligents ou à l’industrie, qui vont de la gestion des espaces de travail à la sécurité informatique, en passant par la gestion de la connectivité et des données.

Faire parler les données

Pour ce faire, l’entreprise propose l’accès à une plateforme partagée, Colligo, déjà active en France, qui permet de collecter, sécuriser, gérer et mettre en relations les données techniques de ses clients, recueillies notamment par des milliers de capteurs connectés. "Cette plateforme permet véritablement de faire parler les données techniques, et donc d’améliorer la qualité de nos services, mais aussi de ceux de nos clients. Nous voulons être un facilitateur de la transformation digitale, explique Bruno Borremans, qui dirige cette nouvelle division. Vous allez me dire qu’il y a 15 ou 20 sociétés en Belgique qui offrent ce type de solutions. Mais nous pensons vraiment être disruptifs, parce que nous avons la connaissance des métiers techniques, avec des techniciens et des ingénieurs sur site qui savent comment un bâtiment ou un site industriel fonctionne."

Spie Belgium, qui compte 1.850 collaborateurs et a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 275 millions d’euros, est en effet spécialisée dans les installations sanitaires, électriques ou de chauffage, de ventilation et d’air conditionné dans les bâtiments, mais aussi dans la tuyauterie industrielle, la gestion du trafic ou l’automatisation.

"Nous avons déjà installé des senseurs sur des places de parking à Mons ou à Liège, nous allons maintenant pouvoir proposer un service global, avec la gestion des données que ces senseurs fournissent", donne comme exemple Sandra Gottcheiner, directrice building systems.

Les bâtiments sont une des priorités de Spie Belgium. "J’ai travaillé 15 ans dans l’immobilier, et j’ai cherché, début 2018, un acteur sur le marché qui m’aide à faire un bâtiment ‘future-proof’, poursuit Sandra Gottcheiner. Cela n’existait pas. J’ai donc été très heureuse de rejoindre Spie Belgium qui va faire se rejoindre ces deux mondes, celui de l’immobilier et de l’ingénierie."

L’internet des objets s’annonce comme un marché très porteur, qui devrait dépasser les 28 milliards d’euros en Belgique en 2020. Mais il en est encore à ses balbutiements. McKinsey a ainsi montré que la majorité des données générées ne sont pas collectées. "S’y ajoute le problème de l’interopérabilité, poursuit Bruno Borremans: on a souvent des données en silos, avec d’un côté la sécurité, de l’autre l’éclairage, et ailleurs l’air conditionné, ce qui ne permet pas de dégager la valeur ajoutée attendue."

En rachetant Systemat, Spie Belgium a mis la main sur 150 collaborateurs spécialisés en informatique et en outils ICT, qui vont l’aider à développer des services en la matière, même s’ils n’avaient pas de connaissance particulière en internet des objets. La société belge peut aussi compter sur l’expertise du groupe, qui compte 2.000 experts et architectes et 3.000 ingénieurs et techniciens spécialisés. À Bordeaux, le groupe Spie a ainsi connecté tout un quartier, avec des capteurs qui permettent de gérer l’éclairage public, le ramassage des poubelles ou la consommation énergétique des bâtiments. "Et nous avons une stratégie très agressive, avec pour objectif de continuer à investir et d’avoir toutes ces capacités en interne", souligne Bruno Borremans. "Notre priorité, en matière d’acquisitions, sera désormais orientée ICS", ajoute Johan Dekampe.

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