Une grande victoire pour Option?

Jan Callewaert

Jan Callewaert et John Patrick Ziegler, respectivement CEO et CFO d'Option, reviennent sur la collaboration lancée entre Option et Huawei.

Hier Option demandait à la Commission européenne de mener une enquête pour pratiques commerciales illégales à l’encontre d’Huawei. Aujourd’hui, les deux ennemis annoncent qu’ils vont collaborer. N’avez-vous pas le sentiment que c’est une défaite pour vous ?

Jan Callewaert : Ce n’est certainement pas une défaite. C’est une grande victoire. Tout le monde nous félicite, les banques, la Commission européenne, le gouvernement flamand. Et vous osez demander si c’est une défaite ?

Option est-il sauvé maintenant ? A combien s’élève la position en cash?

 Nous pouvons désormais construire un avenir. Depuis hier, il y a 27 millions d’euros sur notre compte bancaire. Cette somme balaye tous les soucis d’argent à court terme. Donc d’un côté, nous sommes sauvés. Mais de l’autre, non car il appartient à l’entreprise d’accélérer la cadence et d’utiliser l’argent pour générer l’année prochaine une croissance du chiffre d’affaires et un bénéfice solide. Au sujet de la position en cash, nous ne pouvons faire aucun commentaire.

Est-ce que les nécessités en terme de cash ainsi que celles des banques étaient telles que vous n’avez pas pu faire autrement que de pactiser avec l’ennemi ?

Nous aurions eu du cash jusqu’à la fin de l’année. Mais la position en cash était effectivement limite.

Ces derniers mois, Option et Huawei se sont régulièrement attaqués par médias interposés. L’entente n’était pas très cordiale. Depuis quand les discussions au sujet d’un partenariat ont-elles commencé ?

Nous avons mis notre filiale M4S en vitrine durant l’été. Huawei était un des offrants. Il est rapidement ressorti des négociations que les Chinois étaient très intéressés par notre logiciel. Nous avons débattu ensemble du " paquet total " et avons pris une décision lundi dernier.

Option a laissé tomber sa plainte pour dumping et subsides à l'importation de modems sans fil en provenance de Chine. Cela faisait-il partie du marché avec Huawei?

Il est évident que cette affaire a été évoquée durant les négociations et fait partie du deal.

En cédant une licence sur son logiciel et en collaborant avec Huawei, Option ne participe-t-il pas indirectement aux pratiques illégales de son rival chinois ?

John Ziegler, CFO : Pas du tout. Option reste indépendant, Huawei ne reçoit aucune action. Nous vendons seulement une licence sur notre logiciel. Cela se produit dans l’intérêt de nos actionnaires, du personnel et de nos clients.

 

Huawei a toujours été un concurrent d’Option, sa stratégie consistant à se focaliser sur les logiciels. Maintenant que le groupe chinois a accès à votre software phare, la concurrence est-elle encore possible?

Bien sûr. Huawei détient une version " light " de uCan. Avec notre version, plus complète, nous pouvons proposer beaucoup plus d’extras.

 

 

 

Option effectue un virage à 180 degrés. Les puissances européennes ont-elles joué un rôle dans ce revirement ?

John Patrick Ziegler: De notre côté, il n’y a eu aucune pression diplomatique. Au sujet d’Huawei, je ne peux répondre à cette question.

 

 Est-ce que ce partenariat constitue la première étape vers un rachat par Huawei ?

Ziegler : Absolument pas. Il n’en a jamais été question. Huawei cherchait un partenaire en Europe et c’est Option qui l’est devenu.

S.R.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés