Wall Street sanctionne le départ du Pdg de HP

Mark Hurd

La démission de Mark Hurd n'est guère appréciée des investisseurs. Le titre HP pique du nez sur Nyse Euronext...

L'action du groupe informatique Hewlett Packard chutait lundi à la Bourse de New York après l'annonce de la démission de son PDG Mark Hurd sur fond d'accusations de harcèlement sexuel et de notes de frais falsifiées.

Vers 14H20 GMT, le titre Hewlett Packard baissait de 7,71% à 42,73 dollars, pesant sur l'indice Dow Jones dont il est l'un des 30 composants. C'est à peine moins mauvais que les 10% environ de pertes enregistrées par le titre dans les échanges électroniques d'après séance vendredi, juste après l'annonce, par le groupe, de la démission de son PDG dans un parfum de scandale. Il était alors tombé à son plus bas niveau depuis un an environ.

M. Hurd, soumis à une enquête interne après des accusations de harcèlement sexuel, a été sanctionné pour avoir soumis des notes de frais falsifiées destinées à cacher sa relation avec une ancienne salariée d'un sous-traitant du groupe.

"Il est difficile de voir le départ de Hurd autrement que de façon négative pour HP. Son arrivée dans le groupe a représenté un point d'inflexion dans la performance financière de la société et son mandat a été caractérisé par une performance extraordinaire du titre", ont noté les analystes de Bernstein Research dans une note. L'action HP a en effet plus que doublé en valeur sous sa direction. Il va être remplacé par la directrice financière Cathie Lesjak, 51 ans, pendant la recherche d'un nouveau PDG.

"Sans minimiser l'importance que Mark Hurd a eu ces cinq dernières années, nous pensons que HP possède une équipe de direction solide, menée par Mme Lesjak", ont indiqué les analystes de Bank of America-Merrill Lynch.

En même temps que l'annonce du départ de son PDG, HP a publié des résultats préliminaires avec un bénéfice par action hors éléments exceptionnel qui ressort à 1,08 dollar, un cent de mieux que la prévision moyenne des analystes (1,07 dollar). Pour l'année entière, HP prévoit des ventes comprises entre 125,3 et 125,5 milliards de dollars, et un BPA de 4,49 à 4,51 dollars, des chiffres jugés "prudents" par les analystes de Bofa-ML.

 

Rappel des faits

Pour mémoire, l'ex-PDG de Hewlett-Packard (HP), Mark Hurd, a été contraint de démissionner à cause de sa relation ayant tourné au vinaigre avec une actrice de séries télévisées qui a travaillé comme sous-traitante pour le numéro un mondial des ordinateurs et l'a accusé de harcèlement sexuel. Dans un communiqué dimanche soir, Jodie Fisher, à l'origine de la plainte de harcèlement contre Mark Hurd, a révélé son identité et regretté que l'ex-PDG ait perdu son emploi.

"J'ai été surprise et attristée que Mark Hurd ait perdu son travail à cause de cette affaire. Ce n'a jamais été mon intention", affirme-t-elle, ajoutant avoir "résolu sa plainte avec Mark en privé, sans procès", sans livrer de détail sur les termes de l'accord. "Mark et moi n'avons jamais eu de liaison ou de relation sexuelle intime. Je l'ai rencontré pour la première fois en 2007 lors d'un entretien pour un emploi de sous-traitante pour l'entreprise", précise-t-elle.

"Chez HP, j'avais un contrat pour travailler sur des événements liés à des clients de haut niveau ou des sommets de dirigeants à travers le pays et à l'étranger. 5...) J'ai travaillé très dur et apprécié le fait de travailler pour HP", poursuit-elle. "Je souhaite le meilleur à Mark et à sa famille", conclut-elle.
On apprend également dans le communiqué que Mme Fisher, actrice blonde de 50 ans aux yeux bruns et aux cheveux longs, est "mère célibataire focalisée sur l'éducation de son jeune fils".

Diplômée de sciences politiques, elle a récemment tenu un emploi de cadre dans une agence immobilière, a été commerciale dans une grande entreprise américaine et est apparue dans plusieurs émissions et séries télévisés, notamment sur la chaîne NBC.

M. Hurd a démissionné brutalement vendredi à la suite de l'enquête interne lancée à cause des accusations de harcèlement sexuel de Mme Fisher. L'enquête a conclu que l'ex-PDG n'avait pas enfreint le code de l'entreprise sur le harcèlement mais qu'il avait une relation "personnelle et proche" avec cette sous-traitante qu'il aurait dû révéler.

En outre, l'enquête a jugé que l'ex-PDG avait réalisé des dépenses et transformé des notes de frais pour masquer la nature de sa relation avec Mme Fisher. M. Hurd quitte HP avec des indemnités de licenciement et primes en actions représentant au total quelque 28 millions de dollars.
Il va être remplacé par la directrice financière Cathie Lesjak, 51 ans, pendant la recherche d'un nouveau PDG.

Le départ brutal de M. Hurd, à l'origine d'un spectaculaire redressement de HP après la période d'errance ayant suivi le départ de l'ex-PDG Carly Fiorina, ouvre en tout cas une période d'incertitudes pour le numéro un mondial des ordinateurs.

Pour tenter de rassurer, le groupe a publié vendredi des résultats préliminaires pour son troisième trimestre (décalé), alors que les résultats définitifs sont attendus le 19 août.

HP se voit une nouvelle fois rattrapé par les scandales alors que Mark Hurd lui-même était devenu président en plus de son poste de directeur général en 2007 en remplacement de Patricia Dunn, poussée à la démission par un scandale d'espionnage au sein du conseil d'administration.

 

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