200 millions pour aider les voyagistes à rembourser les bons à valoir

Près de 211.000 bons à valoir d'un montant dépassant 356 millions d'euros ont été émis entre mars et juin 2020. ©Photo News

Il y a un an, des bons à valoir étaient émis pour les voyages annulés à cause de la pandémie. À l'heure d'un éventuel remboursement de ces bons, le secteur demande un coup de pouce du gouvernement. Un coup de pouce à 200 millions.

Mars 2020. La pandémie du coronavirus touche l'Europe. Les avions sont cloués au sol; les hôtels forcés à la fermeture; les frontières se ferment; le secteur touristique est à l'arrêt.

Le gouvernement décide alors d'émettre des bons à valoir. Objectif: garantir aux voyageurs de récupérer les sommes injectées dans un voyage, tout en sécurisant la situation financière des professionnels.

Un an plus tard, ces bons peuvent soit être utilisés pour réserver un nouveau voyage, soit être remboursés.

71%
Selon une étude de GFK, 71% des Belges veulent utiliser leur voucher pour un nouveau voyage.

Selon l'enquête trimestrielle réalisée par GFK pour l'association belge des tour-opérateurs (Abto) sur les intentions de voyages, 18% des vacanciers sont en possession d'un tel bon et 71% d'entre eux envisagent de réserver un nouveau voyage.

Sur recommandation de l'Abto, certains tour-opérateurs ont prolongé la validité de ces bons d'au moins deux à trois ans. Le remboursement reste toutefois possible un an après l'émission. Les organisateurs ayant six mois pour rembourser, les premiers versements sont prévus en septembre.

Le Belge encore freiné

Et pourtant, il n'y a pas encore le rush dans les agences de voyages. "On note beaucoup de demandes, mais pas encore de réservations", explique Pierre Fivet de l'Abto.

"Plus il y aura de sécurité et d'information, plus ce sera bon pour le client."
Anne-Sophie Snyers
Secrétaire générale de l'UPAV

Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale de l'Union des agences de voyages, rappelle les nombreuses interrogations (certificat européen, tests PCR, conditions pour les enfants...) qui persistent. Le Codeco y a répondu en partie. Le certificat européen permettra ainsi aux Belges de revenir de zone rouge sans se soumettre à une quarantaine, à condition d'être complètement vacciné, ou d'être muni d'un test PCR négatif datant de moins de 72h ou d'un certificat de rétablissement. Au retour en Belgique, les personnes qui se feront tester à leur arrivée (jour 1 ou jour 2) ne devront pas se mettre en quarantaine. Pour les jeunes à partir de 12 ans, un test PCR négatif sera demandé, mais les enfants de moins de 12 ans en seront dispensés. "Plus il y aura de sécurité et d'information, plus ce sera bon pour le client", souligne Anne-Sophie Snyers.

En outre, le gouvernement prévoit d'offrir 2 tests PCR gratuits pour les personnes à partir de 6 ans n'ayant pas encore pu se faire vacciner. Concernant les retours de zone à haut risque, les non-résidents ne pourront pas entrer en Belgique. Pour les personnes venant d'un pays hors-UE, la vaccination sera requise, ainsi qu'un test PCR à l'arrivée.

Le coup de pouce aux organisateurs

Néanmoins, depuis des mois, le secteur du tourisme tente de conscientiser le monde politique au risque d'un remboursement massif des bons.

La création d'un fonds "bons à valoir" est toujours en discussion en intercabinet Économie (Pierre-Yves Dermagne), Finances (Vincent Van Peteghem) et Budget (Eva De Bleeker). "Nous tentons de trouver des solutions aux objections du secteur de l'assurance, acteur important du dossier", explique-t-on au cabinet de Pierre-Yves Dermagne.

200
millions €
Le fonds sera composé d'un montant de 200 millions d'euros, représentant le montant des bons à valoir encore en circulation.

L'étape de l'intercabinet franchie, ce fonds devra encore passer la rampe du Conseil des ministres et du Parlement.

Le fonds devrait être composé d'un montant de 200 millions d'euros. La secrétaire d'État Eva De Bleeker avait déjà inscrit 250 millions au budget.

À la demande de remboursement du client, le bon à valoir serait analysé par les assureurs (deux assureurs insolvabilité, Amlin et le Fonds de garantie) pour certifier sa validité.

Ensuite, l'organisateur pourrait emprunter au fonds – et donc à l'État – jusqu'à 80% du montant. Il aurait cinq ans pour rembourser le fonds à un taux fixe.

Optimisme de rigueur

Pour Anne-Sophie Snyers, les 200 millions prévus sont probablement supérieurs aux besoins.

Sur les 356 millions d'euros des quelque 210.000 bons à valoir émis entre le 20 mars et le 19 juin 2020, on estime aujourd'hui encore à 190 millions d'euros les bons susceptibles d'être remboursés.

Le résumé

  • Entre mars et juin 2020, plus de 210.000 bons à valoir ont été distribués pour faire face à l'annulation des voyages.
  • Un an plus tard, les vacanciers ont le choix entre l'utiliser pour un nouveau voyage ou se faire rembourser.
  • 71% des détenteurs de bons souhaitent réserver de nouvelles vacances.
  • Un fonds de 200 millions est néanmoins discuté avec le secteur en intercabinet (Économie, Finances, Budget) pour aider à une demande de remboursement massive.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés