Le Belge frileux pour réserver ses vacances

La Côte belge ou l'Ardenne pourrait bien être l'alternative privilégiée pour les prochaines vacances.

Les réservations de voyages à l'étranger sont quasi au point mort. Le Belge attend de voir ce que décidera le gouvernement pour les prochaines semaines. Néanmoins, il ne semble pas opposé à passer son été les pieds dans la mer du Nord, la Lesse ou la Semois.

Le secteur du tourisme est sous cloche depuis la mi-mars à cause des mesures liées à la pandémie de Covid-19. Les avions cloués au sol, les frontières fermées... Le Belge se tâte: sera-t-il possible, ou non, de partir cet été en vacances? 

Un sondage, réalisé par Ipsos et effectué auprès de plus de 2.100 personnes, révèle qu'un Belge sur cinq a déjà annulé ses vacances. Trois sur quatre pensent que leurs plans tomberont à l'eau en juillet et en août.

Réservations à plat

Pourtant pour le Belge, les vacances, c'est sacré! Selon les derniers chiffres de Statbel, le Belge effectue quelque 20 millions de voyages (courts ou longs) par an. "Généralement le Belge réserve ses vacances pendant les mois de décembre, janvier, février et mars. Depuis la crise du coronavirus, nos réservations sont quasi à zéro. Le Belge est dans l'attente des directives du gouvernement", explique Pierre Fivet de l'association belge des tour-opérateurs (ABTO). Il souligne toutefois, alors que la France reste une destination privilégiée, que son Président Emmanuel Macron n'a toujours pas déclaré que les vacances dans l'Hexagone seraient impossibles.

"Le Président français Emmanuel Macron n'a toujours pas déclaré que les vacances dans l'Hexagone seraient impossibles."
Pierre Fivet
Association belge des tour-opérateurs (ABTO)

Au sein de Brussels Airlines, on note depuis quelques jours moins d'annulations et un très léger retour des réservations de vols pour l'été à destination de la France, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie, mais aussi de l'Afrique et New York. La tendance semble davantage se marquer pour la période à partir du mois de septembre.

Destination... Belgique

Cette année, il semble que le Belge regarde davantage à l'intérieur de ses frontières pour s'évader. Très rapidement, le virologue Marc Van Ranst avait annoncé qu'il serait plus prudent d'opter pour la Côte belge ou l'Ardenne pour la saison estivale. "Supposons que le virus se termine dans notre pays à la mi-mai ou à la fin du mois de mai, cela ne veut pas dire qu'il s'est également éteint dans d'autres pays. Sortir du pays, c'est risqué d'être infecté ailleurs et de ramener le virus ici."

Les Belges l'ont-ils entendu? Au sein d'Ardennes-Etapes, on observe depuis quelques jours un regain d'intérêt dans les recherches Google sur "vakantie", "vacances", "Ardennen", "Ardennes"... Avant le mois de mars, les statistiques de ces mots-clés sur le net atteignaient 70 à 80%. On est descendu à 20 %, mais ça remonte", explique Joris Vandendooren, responsable de l'entreprise.

Comme pour les voyagistes, il observe l'attente des vacanciers. "On voit aussi que les annonces du Président français créent le mouvement". 

Certes, les réservations sont loin d'être au niveau des années précédentes, mais les questions sur la gestion des locations et autres se réduisent et les réservations reprennent doucement. "Nous espérons un vrai regain pour l'économie locale, pour les acteurs du tourisme belge et de l'hébergement. Cette crise est peut-être l'opportunité de (re)découvrir son pays."

Au sein du groupe Pierre&Vacances, qui gère notamment les enseignes Center Parcs, on préfère ne pas se prononcer sur les tendances estivales.

Le service de location d'appartements et de maisons de vacances Interhome note davantage de réservations en Belgique que l'an dernier. Un sentiment partagé par l'asbl Kusthotels, qui rassemble les hôtels de la Côte.

Si l'agent immobilier West Littoral à Oostduinkerke voit la demande augmenter, il voit surtout les propriétaires de maisons de vacances souhaiter utiliser davantage leur logement. "Les chances que des étrangers puissent venir sur la Côte belge sont plutôt faibles. Cela libérera probablement une capacité supplémentaire pour le touriste belge", explique Peter Bonhomme.

Redémarrage... ou pas

En attendant plus de clarté, les tour-opérateurs se disent prêts au redémarrage de l'activité. "Nos réservations sont ouvertes pour les vols au-delà du 11 mai et même pour la saison d'hiver 2021", affirme Sarah Saucin de Tui. La tâche sera toutefois compliquée, car il faudra vérifier la situation Covid-19 pays par pays, les conditions d'accès ou les possibilités de logement. 

87
%
Sans reprise de l'activité d'ici septembre et sans soutien, 87% des agences de voyages pourraient ne pas survivre.

Les agences de voyages tant au nord qu'au sud du pays ne prévoient pas de vrai retour à la normale avant fin 2021. Les fédérations UPAV et VVR parlent même de vraie catastrophe, car sans reprise de l'activité d'ici septembre et sans soutien, 87% des acteurs pourraient ne pas survivre.    

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