Le château de Mirwart va enfin retrouver son lustre dilapidé

©RV DOC

Le château, dont les travaux seront terminés fin 2020, comptera 20 résidences de standing proposées à la location, un espace de concert avec amphithéâtre et gradins, un restaurant, etc. Un espace aquatique baptisé "Thermes de Mirwart" disposera de piscines intérieure et extérieure, sauna, hammam...

Au bout de la bien nommée rue du Château, dans le hameau de Mirwart, entre Saint-Hubert et Rochefort, les corps de métier s’activent pour l’instant autour des échafaudages érigés en façade d’une des perles du patrimoine architectural belge classé. Sur un panneau apposé à l’entrée du domaine de 10 hectares, on peut lire que les entreprises de constructions locales s’activent selon les plans des architectes louvanistes Jaspers-Eyers, sans doute le plus grand bureau du pays en termes de marchés aujourd’hui.

"Nous sommes encore à la recherche de gestionnaires pour le catering et le Spa."
Le nouveau châtelain

On en est actuellement au stade des toitures, des maçonneries et menuiseries extérieures. Le financement des phases en cours est partagé entre l’Agence wallonne du Patrimoine (50%), commune et province (5%) et, bien sûr, maître de l’ouvrage privé, la société anonyme ICM. Selon l’administrateur de cette dernière, qui souhaite garder l’anonymat pour l’instant, les travaux, déjà bien avancés, doivent être terminés et réceptionnés fin 2020.

On ratera donc de peu l’ouverture de la saison de chasse, moment phare du calendrier de la région.

20 chambres et suites

Pas moins de 20 résidences de standing seront alors proposées à la location. Neuf suites seront disponibles pour les groupes dans le corps du château. À titre individuel, des résidences avec salon et kitchenette seront aménagées dans les dépendances. Deux chambres seront également logées dans la Tour de Dinant, à l’entrée.

Si tourisme, réceptions privées ou séminaires d’entreprises seront ciblés toute l’année avec une offre d’espaces polyvalents, il ne fait aucun doute qu’en période de chasse, le château sera particulièrement recherché, vu sa localisation idéale. Un hall multifonctionnel avec restaurant, des salles historiques et de nombreuses accommodations extérieures seront au menu, ainsi qu’un espace de concert avec amphithéâtre en gradins.

 

Thermes de Mirwart

Mais les nouveaux propriétaires misent également sur un important espace aquatique, baptisé "Thermes de Mirwart". Celui-ci offrira piscines intérieure et extérieure, avec espaces lounge wellness et de restauration entre les deux. Sauna et hammam sont également au programme dans les rez-de-jardin inférieurs.

 

Selon un expert du marché, l’investissement global devrait largement dépasser 8 millions d’euros.


la longue vie chaotique d’une perle du patrimoine wallon

Les premières fondations du château de Mirwart remontent au IXe siècle. L’édifice a traversé les âges, entre moments fastes et moins édifiants.

Un millénaire plus tard, après être passé de main en main, notamment entre les familles Van der Linden d’Hoogvorst, d’Arrigade et von der Becke, le domaine est rénové de fond en comble par Alphonse Balat, l’architecte du Roi Léopold II.

Après la Seconde Guerre mondiale, il devient propriété de la province du Luxembourg et est à nouveau réaménagé cahin-caha. Loué au Commissariat général du Tourisme en 1979, des travaux sont réalisés pour le transformer en école hôtelière. Mais le nouveau propriétaire ne lui trouve pas d’affectation pérenne. Progressivement délaissée, cette perle sera abandonnée à son sort et peu à peu saccagée et pillée.

Incapable de gérer son patrimoine, la province le met en vente non sans avoir investi à perte près de 3 millions d’euros. Château et domaine de 9 hectares seront vendus pour la somme de 100.000 euros à la paire Blondeel-Vandekerckhove qui dit vouloir en faire une résidence de luxe. Le projet capote. En 1999, l’entrepreneur néerlandais Tijs Blom, propriétaire du domaine de Hargimont, le rachète à bon prix pour, promet-il, le transformer en domaine hôtelier et de conférences.

Après plus de dix ans d’exploitation, il est à nouveau cédé en 2016 à un investisseur privé flamand pour quelques centaines de milliers d’euros. Il porte l’ambitieux et coûteux projet de reconstruction actuel dessiné par le bureau d’architectes Jaspers-Eyers, avec le soutien bienvenu de la Région wallonne pour la rénovation des murs extérieurs (830.000 euros).

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