Le secteur belge du voyage vise la consolidation

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Les initiatives se multiplient pour rassembler ce qui est épars dans un domaine où la Belgique a développé un puzzle sectoriel et communautaire très handicapant

Coup sur coup, deux initiatives du secteur belge du voyage ont été annoncées. D’une part le rapprochement entre l’Association belge des organisateurs de voyages (Abto) et la Belgian Travel Organisation (BTO). De l’autre, la tenue à l’entame de l’été d’un sommet conjoint, organisé par l’Abto, l’Union professionnelle des agences de voyages (Upav) et son homologue flamande, le VVR (Vereniging Vlaamse Reisbureaus) dans les Emirats.

L’Abto (les tour-opérateurs) et la BTO (les grandes chaînes de voyages d’affaires) visent une seule association professionnelle nationale. Dans un premier temps, elles se regroupent en un "partenariat stratégique" pour pouvoir ensuite fusionner en une nouvelle association. Jan Van Steen, président de la BTO, estime apporter dans la hotte son expertise en aérien, tandis que Luc Coussement, président de l’Abto entend apporter son expertise en droit du voyage, lobbying, organisation des déplacements, etc.

C’est un vrai beau projet
Jean-Pierre Martin
Country Manager Belgium & Luxembourg Emirates

Toujours dans son désir de rassembler, l’Abto a souscrit à l’idée d’un "Belgian Travel Summit" qui, peut-être pour attirer du monde, se passera du 28 mai au 2 juin dans l’Emirat de Ras Al-Kaimah, au nord-est de Dubaï.

L’idée est de travailler "de manière intensive" avec les deux associations représentatives des agences de voyages du pays, l’Upav et la VVR. Comme nous l’expliquait Koen Van den Bosch, Secrétaire général du VVR au récent congrès de l’Upav en Egypte, "le but est de rédiger en quatre jours un document de vision clair et étayé, un ‘’White Paper’’ qui définira des lignes importantes et urgentes, nécessaires à moyen et à long terme en matière d’éducation, de numérisation, de durabilité et de développement d’affaires".

Les agences de plus en plus organisatrices

Bien entendu, les trois unions professionnelles acceptent volontiers le renfort d’autres associations si cette vision leur sied. L’initiative des trois unions professionnelles a obtenu le soutien sans réserve de la compagnie Emirates. "C’est un vrai beau projet", nous disait Jean-Pierre Martin, Country Manager Belgium & Luxembourg Emirates, rencontré lors du congrès de l’Upav au bord du Nil.

Ces rapprochements ont été évoqués au congrès de l’Upav sur le Nil, mais aussi à celui de Gigatour qui est probablement l'un des Groupements d’intérêt économique (GIE) les plus importants du pays. Voilà encore un exemple de consolidation. Ses 18 membres rassemblent 58 agences et 180 collaborateurs, mais aussi cinq tour-opérateurs : BT Tours, Escape, Optimum Travel, Maxi Tours et Jovial Car. Mais, comme le dit Philippe Durand, son président, "de toute façon, avec la nouvelle loi sur les voyages à forfait, on est vite Tour-opérateur! " Exact. Et c’est probablement ce qui explique le rapprochement entre la BTO et l’Abto évoqué plus haut. Et puis, après tout, le métier de base d’une agence de voyages n’est-il pas de les… organiser ? Garantir leur bonne marche, en tout cas ! Dès lors…

Union possible

Au fond, à quoi sert un GIE ? C’est simple, si la collégialité est de mise au sein du groupe, il constitue une force de frappe importante vis-à-vis des fournisseurs. C’est la raison pour laquelle, les grands T-O essayent de les défaire. C’est de bonne guerre. D’où aussi les réunions entre soi qui montrent que l’union est possible et pas seulement au sein des seules agences de voyages.

Que permet un GIE comme Gigatour ? Une force d’achat plus importante vis-à-vis des fournisseurs, de meilleures commissions, une formation des agences, une meilleure image de marque. L’expérience des uns et des autres sert à tout le monde et nous l’avons bien perçu à Tanger, où se déroulait en même temps la Bourse régionale du tourisme Tanger-Tétouan-Al Hoceima. "Tous les membres de Gigatour sont des décideurs, proprétaires de leurs agences, avec leurs propres fonds investis et ont donc une vision réelle du secteur", insiste Philippe Durand. "Un T-O est moins cher ? OK, mais s’il apporte 10% d’emmerdements en plus, on l’oublie", nous assure un voyagiste bien implanté sur le marché.

L’avantage du GIE est que ses membres se trouvent un peu partout dans les associations professionnelles : tous deux membres de Gigatour, Hedy Hafsia (Your Travel) est président de l’Upav et Jean-Luc Hans (BT Tours), vice-président de l’Abto. Tout ceci pour dire qu’au fond l’organisation des voyages des Belges ne doit pas être morcelé, en fin de compte. Sinon, ce seront les multinationales étrangères qui règneront en maître sans se soucier des particularismes nationaux.

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