Airbnb assigne la ville de New York en justice

©REUTERS

La ville de New York a adopté un arrêté obligeant Airbnb à lui communiquer la liste de ses hôtes. Airbnb contre-attaque et assigne la mairie de New York en justice pour "abus de pouvoir".

Palma, Barcelone, Amsterdam... et maintenant New York. Airbnb est empêtré dans une nouvelle bataille avec la mairie de New York, qu'elle assigne en justice pour "abus de pouvoir" après l'adoption d'un arrêté l'obligeant à lui communiquer la liste de ses hôtes.

Concrètement, cet arrêté municipal du 6 août - qui doit entrer en vigueur le 2 février 2019 - oblige Airbnb et consorts à communiquer à la mairie la liste des transactions effectuées pour des logements à New York. Il doit permettre à la ville d'appliquer plus efficacement les textes de l'Etat de New York qui interdisent de louer un logement pour moins de 30 jours, sauf si l'hôte est présent. 

Sauf qu'Airbnb n'entend pas se laisser faire, puisque la plateforme accuse la municipalité de faire le jeu du lobby hôtelier et estime que l'arrêté viole la Constitution en réclamant des données privées fournies par ses utilisateurs et qu'elle s'est engagée à ne pas diffuser. "L'ordonnance constitue un contournement illégal des restrictions établies à l'action gouvernementale et viole les droits constitutionnels fondamentaux", affirme le groupe californien. 

Airbnb affirme qu'il lui faudrait dès lors solliciter le consentement des "dizaines de milliers d'hôtes" new-yorkais et adopter "un système de collecte et de confirmation" de ces données pour les rapports mensuels réclamés par la mairie.

"L'ordonnance constitue un contournement illégal des restrictions établies à l'action gouvernementale et viole les droits constitutionnels fondamentaux."
Airbnb

Christian Klossner, l'un des responsables de la ville, a immédiatement réagi en assurant que New York allait "défendre son arrêté", qui "fournit à la ville les données critiques dont elle a besoin pour maintenir son parc de logements, garantir la sécurité des touristes et des habitants".

Une élue municipale a elle aussi dénoncé l'assignation d'Airbnb, soulignant que plus du quart de ses annonces émanaient de professionnels et que près des trois quarts portaient sur des logements entiers, loin de l'idée d'une "économie de partage" qui aiderait des foyers modestes à boucler les fins de mois. 

→ Airbnb risque, avec ces nouvelles réglementations à New York, de perdre plusieurs millions de dollars puisque "Big Apple" est l'une de ses villes les plus populaires.

Cette nouvelle bataille illustre une fois de plus les litiges entre Airbnb et d'autres grandes villes de la planète, qui adoptent chacune des réglementations pour réguler les activités de la plateforme. 

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