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Après Durbuy, l'Europe pour terrain d'aventures

©IMAGELLAN

Joseph Charlier a réalisé son rêve d’entrepreneur. Il revend son parc familial pour mieux se fixer dans son nouveau projet, "European Treasure".

L’homme à lui seul mérite un roman. Joseph Charlier a.k.a "abeille butineuse" est un fonceur. Sorti de l’école secondaire, cet enfant de Durbuy - "la plus petite ville du monde"- n’a qu’un rêve: devenir entrepreneur. S’il fait ses gammes dans le monde politique local puis au sein du cabinet d’huissier de son oncle, c’est en quête de la bonne idée.

400.000 visiteurs par an

"Le déclic, il me vient en 1990. ‘Scout un jour, scout toujours’, dit le dicton. À l’époque, j’étais fan de spéléologie, d’escalade. Je me suis dit: il y a plein de touristes qui se baladent dans la région. Offrons-leur de l’amusement nature!"

Le business plan est clair: d’abord les lits puis les loisirs. Mais où trouver l’argent?

"À l’époque, je demande la main de mon épouse Mireille et nous faisons un pacte: elle me donne vingt ans pour monter mon affaire. Je m’engage à lui offrir la maison de ses rêves sur la Côte d’Azur si la sauce prend", raconte Joseph.

Les cadeaux de mariage, le voyage de noce, sont revendus pour récolter les 300.000 francs demandés en garantie d’un prêt par un banquier amoureux de marche et séduit par le projet.

Joseph et Mireille achètent un premier hôtel qu’ils transforment en maison de vacances. Devant le bâtiment, des kayaks, des VTT sont mis en location. C’est le début de la grande… aventure.

"De 1990 à aujourd’hui, nous sommes passés quatorze fois devant le notaire. 10 millions d’euros ont, au total, été investis. Le domaine fait 15 hectares", détaille le chef d’entreprise.

Avec leur restaurant, leur hôtel, leurs 24 maisons de vacances (jusqu’à 63 lits), leur mur d’escalade, leur piste de karting électrique, les mariés de Durbuy attirent 400.000 visiteurs par an pour un chiffre d’affaires, en 2009, de 10 millions d’euros.

"Deux tiers de notre clientèle sont néerlandophones. Nous séduisons les écoles. Les entreprises sont, à nouveau, friandes du ‘teambuilding’. Cela nous permet d’être ouverts tous les jours que Dieu fait".

Le monde de Durbuy Adventure regorge d’anecdotes - "nous voulions construire des chalets devant nos étangs. La commune a dit ‘Non, c’est un espace de camping. Vous ne pouvez mettre que des tentes’. On a construit des Teepee et cela cartonne!". Pourtant Joseph s’apprête à le quitter…

Le 1er juillet, la gestion quotidienne du parc a été remise à Manu Gengoux, ex-informaticien et bras droit du patron durant onze ans. Les Charlier, eux, ont acheté cette fameuse villa en bord de Méditerranée. "Une promesse est une promesse. Nous ne voulions pas vieillir avec une canne aux milieux des activités."

D’autres projets…

"D’ici 2012, le parc n’aura plus d’endettement. Son futur est assuré. Il y a 2 ans, Plopsa est venu aux renseignements mais le deal, avec la crise, a été mis au frigo. Nous sommes aujourd’hui en tractations avec un groupe étranger. Mon souhait, c’est de conserver un pied dans la maison mais…"

Ne demandez pas à Joseph Charlier s’il compte se la couler douce. Il travaille depuis un an sur un nouveau concept: European Treasure. "L’idée, c’est de publier en partenariat avec Sud Presse des bandes dessinées interactives qui invitent à visiter les grandes villes d’Europe sous forme de Chasse au Trésor". Pour 10 euros, parents et enfants parcourent Bruxelles, Paris Madrid; découvrent l’histoire, remplissent des énigmes. À la clé: un séjour à Durbuy à gagner. "40 BD sont à l’étude pour 2012. Nous espérons en vendre 10.000 par an".

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