Club Med: retrait de l'offre franco-chinoise

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La société française d'investissement Ardian et le conglomérat chinois Fosun on retiré leur offre commune de reprise du célèbre club de vacances, mais le Chinois pourrait ne pas avoir dit son dernier mot.

La bataille pour la conquête du Club Méditerranée a connu jeudi un nouveau rebondissement. Réunis sous la bannière de la société Gallion Invest, la société française d'investissement Ardian et le conglomérat chinois Fosun ont retiré leur offre commune de repris des " Bronzés ". Un retrait qui intervient au lendemain de la validation par les autorités boursières d'une OPA rivale bien plus généreuse: celle de l'homme d'affaires italien Andrea Bonomi. Ce dernier propose 21 euros par action contre seulement 17,50 euros pour le duo Fosun-Ardian.

Le projet de M. Bonomi, qui détient déjà 10,56% de Club Med, valorise le groupe à 790 millions d'euros contre un peu moins de 600 millions d'euros pour l'offre franco-chinoise. Lancée en mai 2013 et plusieurs fois retardée, notamment par des recours en justice, l'offre d'Ardian et Fosun avait initialement obtenu le soutien unanime de la direction.

Le PDG du Club Med Henri Giscard d'Estaing avait notamment mis en avant le fait qu'avec l'option franco-chinoise, le groupe resterait à majorité français. Le management soutenait aussi cette offre, qui lui faisait une place dans le nouveau tour de table.

Mais, en raison de l'écart important de prix entre les deux offres, le conseil d'administration du Club Med avait bien été contraint, fin juillet, de recommander aux actionnaires d'apporter leurs titres à l'offre d’Andrea Bonomi.

Interrogations stratégiques

Les administrateurs avaient cependant émis des "interrogations stratégiques" sur l'offre italienne. Pour développer Club Med, Andrea Bonomi veut en effet accélérer le développement en Asie sans oublier la France, l'Europe et l'Amérique, et en misant aussi sur des villages de moyenne gamme (3 tridents) alors que depuis dix ans le Club a développé une stratégie de montée en gamme (4 et 5 tridents).

Selon les connaisseurs du dossier, Gaillon Invest n'était pas en mesure de surenchérir, car Ardian a la réputation de ne jamais relever le prix de ses acquisitions et entendait bien ne pas démordre de cette position. En revanche, Fosun, un conglomérat diversifié dont le tourisme est un axe de croissance, était susceptible de payer plus, d'autant que la nouvelle stratégie du Club passe par un fort développement de sa présence en Chine.

Fosun n'a d'ailleurs pas complètement jeté l'éponge puisqu'il continue à "réfléchir" à ses options dans ce dossier, selon un communiqué publié par Gaillon Invest. Ardian possède actuellement 8,3% du capital de Club Med et Fosun 10%. Les deux groupes continuent par ailleurs de gérer leurs participations de concert, ont-il rappelé dans leur communiqué.

L'homme d'affaires milanais, dont le projet s'appuie sur plusieurs partenaires du secteur du tourisme, doit financer 720 millions d'euros, dont 475 millions qu'il compte apporter sur fonds propres. Un montage jugé très solide par les experts du marché. Il a d'ailleurs trouvé comme allié Serge Trigano, ex-PDG du groupe de 1993 à 1997, et fils du fondateur, qui en cas de victoire italienne, reviendra comme président non exécutif des célèbres clubs de vacances.

Selon un avis des autorités boursières, l'OPA de M. Bonomi se déroulera du 18 août au 19 septembre.

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