Crise ou pas, cet été le Belge partira

Après une saison 2009 marqué par une grande offre en last minute, le client belge préfère rester patient. ©Photo News

L’instabilité économique ne semble pas décourager les envies de vacances de la population belge. Seul véritable effet, les voyageurs se montrent nettement plus prudents et chassent les bonnes affaires.

On aurait pu craindre un effet néfaste des relents de crise économique sur le tourisme. La conjoncture ne semble pourtant pas avoir réellement entamé la volonté des Belges de partir en vacances. Ils se montrent néanmoins nettement plus attentifs aux prix et guettent avec impatience les "last minute".

"C’est vraiment le cycle, le flux des réservations qui a été perturbé", explique Florence Bruyère, porte-parole de Jet Air. "La période de janvier à mars, qui correspond à celle des réservations rapides, a connu un très vif succès, mais les mois d’avril et de mai ont été anormalement calmes, on sent le public belge particulièrement attentiste", ajoute-t-elle, expliquant que le groupe enregistre actuellement un retard de 2% au niveau des réservations.

Du côté de l’Association Belge des Tour-Opérateurs (ABTO), les derniers chiffres, datant de la fin du mois de mai, évoquent eux un retard de près de 9%, accentué par le fameux épisode de l’éruption du volcan islandais. "On a surtout observé un maintien des réservations au niveau du mois de mars, mais les tour-opérateurs parlent tous d’un bon retour des réservations ces dernières semaines", affirme Claude Pérignon, Président de l’ABTO.

S’il ne se risque pas à faire des prévisions, il rappelle néanmoins que la saison 2009 avait également démarré avec un retard de 9% pour se clôturer sur une baisse contenue à 4%.

Le retour des last minute Le Belge semble donc plutôt enclin à partir mais reste hésitant quand au moment auquel débloquer son budget.

Au point de voir un sérieux engouement pour les "last minute", facilité par la saison 2009. En effet, des grands pays européens comme la Grande-Bretagne ou l’Allemagne étaient nettement plus impactés par la crise que la Belgique en 2009, entraînant une très forte baisse de fréquentation dans de nombreuses destinations européennes. Une absence qui avait fait le bonheur des chasseurs belges de "last minute", les tour-opérateurs ayant très largement bénéficié de cet appel d’air.

Si la situation n’est plus exactement la même aujourd’hui, on assure du côté des tour-opérateurs que la saison des "last minute" ne devrait pas être décevante et que les demandes d’informations des dernières semaines sont franchement enthousiasmantes.

Le haut de gamme en pleine forme

Par ailleurs, les tour-opérateurs observent généralement un retour à la normale pour les autres formules de voyages comme les vacances en voiture, qui avaient été particulièrement plébiscitées l’année dernière. "Pour ce qui est des city-trips, il y a clairement une augmentation, mais uniquement en dehors de la période juillet-août", complète Baptiste Van Outrywe, porte-parole de Thomas Cook Belgium (entité qui chapeaute également Neckermann et Pégase).

Étonnamment, la crise semble aussi incapable d’entamer la volonté de confort de la population, les formules all Inclusive ayant particulièrement le vent en poupe. "On observe même une forte tendance à l’upsetting: les clients choisissent un prix promotionnel mais demandent plus de services, un meilleur hôtel, etc, histoire de donner plus de ‘contenu’à leur séjour", explique Frank Bosteels, directeur marketing chez Best Tours.

Parallèlement, le haut de gamme se porte lui aussi de mieux en mieux: "de nombreux clients du haut de gamme s’étaient reportés par sécurité sur des destination ‘plages’classiques et moins onéreuses l’année dernière". Les différents tour-opérateurs contactés confirment un engouement certain pour les circuits haut de gamme et les croisières, avec un succès tout particulier pour les États-Unis et l’Asie.

aucun effet sur les destinations

L’instabilité de la zone euro et, surtout, les problèmes sociopolitiques de la Grèce n’ont pas eu l’effet craint par les agences de voyage — et espéré par certains voyageurs. "La Grèce a clairement souffert d’un déficit d’image et les consommateurs nous posaient beaucoup de questions. Mais le fait est que les troubles avaient principalement lieu sur la partie continentale du pays et que la majorité de nos offres concernent les îles", affirme Florence Bruyère.

Pour ce qui est des autres destinations, le top 5 des Belges évolue peu et conserve les mêmes champions: Turquie, Espagne, Grèce, Tunisie et Egypte. l

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