De la prison ferme pour une fausse tourista

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Ils demandaient un dédommagement de 22.500 euros pour des vacances soit-disant gâchées par une gastro. Les premiers plaignants britanniques de "vacances ratées" en Espagne ont été condamnés par la justice pour fraude au dédommagement. Très lourdement.

L’année dernière, nous évoquions les doléances des hôteliers espagnols et des tour-opérateurs à propos de la vague de plaintes émanant de Grande-Bretagne. Dans la plupart des cas, il s’agissait de vacances "ratées" à cause de problèmes gastriques surtout. Bien que la "tourista" puisse paraître bénigne dans la plupart des pays, voire inhérente aux voyages, la loi britannique de défense des consommateurs est assez laxiste et accepte des plaintes sans certificats médicaux. Ces plaintes peuvent être déposées dans un délai de trois ans.

Du coup, l’idée de se faire rembourser ses vacances aux frais des voyagistes a donné des idées outre-Manche et le nombre de plaintes est passé de 5.000 en 2015 à 35.000 en 2016, jusqu’à ce que les professionnels réagissent. C’est ainsi que, dernièrement, suite à une action de Thomas Cook, un couple qui avait prétexté de fausses intoxications alimentaires s’est vu infliger des peines de prison ferme. C’est un tribunal de Liverpool qui a condamné Deborah Briton (53 ans) et son compagnon Paul Robert (43 ans) à respectivement 9 et 15 mois de prison, après avoir reconnu des faits de fraude.

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• 22.500 d'euros pour une gastro...

Il faut dire que la demande du couple était un tantinet exagérée. Ils avaient demandé des dédommagements de 22.500 euros pour eux et leurs deux enfants pour problèmes gastriques, lors de leurs vacances à Majorque en 2015 et 2016. Malheureusement, on peut avoir des ambitions d’escroc, mais être aussi un peu con. Sur leur compte Facebook, ils avaient noté

"Bien rentrés après deux semaines de rire, de soleil et de fun" (2015)

"De retour après des vacances fantastiques, mon séjour préféré jusqu’à maintenant" (en juillet 2016)

Suite à cela, en août 2016, ils avaient contacté un avocat pour envoyer à Thomas Cook une lettre de réclamation pour des "vacances ruinées pour cause de maladie".

Les juges britanniques ont estimé que si des cas similaires se reproduisaient, les peines de prison ferme se renforceraient. L’Association britannique des agences de voyages (Abta) s’est félicitée de cette décision, estimant que les plaintes exponentielles avaient gravement nuit à la réputation des touristes du Royaume, après avoir constaté que, pour les Britanniques, les tarifs avaient considérablement augmenté, un peu à titre d’"assurance". Pour la seule année 2016, l’Abta estimait le coût additionnel des plaintes et ses conséquences sur le terrain à 270 millions d’euros.

Enfin, de son côté, le ministère britannique de la Justice a considéré que ces affaires "nuisent à l’image du Royaume-Uni à l’étranger" et annoncé un renforcement des contrôles dès cet été. Les British aux estomacs sensibles sont prévenus.

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