Des Pokémons pour attirer les visiteurs: combien ça coûte?

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Organiser une chasse aux Pokémons pour promouvoir un produit ou son entreprise… Walibi et la ville d'Anvers l'ont fait. Mais à quel prix et pour quelle rentabilité?

Quand le marketing surfe sur la vague. Le nouveau jeu à la mode permet d’attirer pas mal de "chasseurs de Pokémons" pour quelques euros. C’est l’expérience faite par l’Unizo, Walibi et d’autres entreprises ces deux derniers mois, qui permet de faire ce constat.

Le 27 juillet, l’Unizo organisait une chasse aux Pokémons à Anvers. "C’était une opportunité pour les commerces, nous avons donc organisé une chasse aux Pokémons à la Kammenstraat, le quartier des créateurs. Nous avons payé pour installer des "leurres" qui attirent les Pokémons. C’était surtout une opération marketing, nous pensions attirer 200-300 personnes mais ça a été une vraie réussite, plus de 1.000 personnes sont venues. La plupart des commerçants étaient très contents, bien que nous n’ayons pas encore ressenti les effets de ce coup marketing", raconte Sanderijn Vanleenhove, porte-parole de l’Unizo.

La semaine dernière, c’était au tour de Walibi de tenter l’expérience: cinq jours pour chasser les Pokémons. "Le parc compte 14 Pokéstops et trois arènes, nous avons mis un leurre par Pokéstop toutes les 30 minutes de 14h à 19h pendant cinq jours", détaille la porte-parole du parc, Marie-France Adnet. Cette opération marketing aura permis de voir affluer 46.000 visiteurs sur les quatre premiers jours. Pour l’événement, le parc a réduit le prix de ses tickets: 25 euros l’entrée, de quoi attirer plus de monde.

Frais d’organisation

L’Unizo a fait appel à Pokémon Go België pour organiser sa chasse. Une équipe de six jeunes hommes qui ont décidé, quelques jours avant l’arrivée de l’application en Belgique, de se lancer dans le business Pokémon. Enfin business… pas vraiment. "Nous organisons cela gratuitement. Parfois, nous demandons un petit privilège, mais ce n’est jamais grand-chose. On a tous un job à temps plein, si nous voulions en faire un business, ça demanderait l’accord de nos patrons respectifs. Nous préférons fournir ce service gratuitement parce que ça nous permet d’apprendre certaines choses comme d’organiser un événement ou maîtriser l’application mobile Pokémon Go pour pouvoir répondre aux différentes questions des utilisateurs qui nous suivent sur Facebook", confie Vincent Buyssens, membre du groupe Facebook Pokémon Go België.

Il faut savoir que si tout le monde ne peut pas créer des Pokéstops – puisque seul Niantic, le développeur du jeu, peut le faire – tout le monde peut y installer un leurre et ce, pour un prix plus que raisonnable: 1 euro pour 30 minutes.

Et la rentabilité dans tout ça?

"Souvent, nous organisons les chasses en installant des leurres sur plusieurs Pokéstops pendant quelques heures et si les chasseurs veulent faire perdurer ces attrapes-Pokémons, ils peuvent continuer à acheter des leurres sur l’application. À ce prix-là, c’est très accessible et c’est tout un business pour Niantic". Si nous calculons, Walibi aura déboursé 700 euros pour l’achat de leurres pour les cinq jours, un coût vite amorti au vu de l’affluence engendrée.

Question rentabilité, c’est peut-être un peu moins intéressant. " Une minorité de commerçants étaient plutôt déçus et trouvaient qu’il y avait trop de monde dans les rues, sans pour autant vendre plus ce jour-là", explique Sanderijn Vanleenhove.

Chez Walibi Belgium, on se satisfait d’une forte affluence sur les cinq jours de l’opération sans avoir encore de chiffres concernant les bénéfices engendrés par la chasse. Il est donc parfois possible de réussir une opération marketing à moindres coûts.

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