Du wi-fi et un laptop pour travailler de la plage à la montagne

©Andrea Ottolina

WiFi Tribe aide les nomades digitaux à parcourir le monde tout en exerçant leur métier, et ce grâce à leur ordinateur portable et une bonne connexion wi-fi. Des plaines du Kenya aux rizières de Bali, ils gagnent leur vie.

En 2018, pour certains travailleurs, il suffit juste d’internet et d’une bonne connexion wi-fi pour faire son job. Au diable les vieux bureaux fixes, les open spaces noyés de lumière artificielle et le désordre de son voisin de travail. Vive le soleil, les palmiers et un bureau improvisé au bord de la piscine. Ou face à la montagne, au bord d’un lac, avec le son des cloches qui pendent au cou des vaches pour ceux qui préfèrent l’air frais. Cette vie est le quotidien des nomades digitaux.

Les nomades digitaux sont web designers, web developers, journalistes, photographes, traducteurs, écrivains, musiciens, comptables,… et majoritairement indépendants. Ils ont surtout réalisé qu’ils n’avaient plus besoin d’un bureau fixe pour travailler. Ils ont la possibilité d’exercer leur métier partout dans le monde. Ils en profitent donc pour voyager en même temps. Selon le réseau social de référence, Nomad List, il existe plus de 48.000 nomades digitaux dans le monde.

Aujourd’hui, cette vie atypique peut se réaliser en solitaire ou en groupe via des organisations comme WiFi Tribe, créée en 2015. "Après mes années d’études, j’avais envie de créer mon entreprise", explique Diego Bejarano, cofondateur de WiFi Tribe. "J’ai travaillé comme freelance avec des partenaires en Bolivie, il y a 3 ans. De là a émergé l’idée de travailler depuis l’étranger. J’ai envoyé un message sur les réseaux sociaux pour voir qui serait intéressé de travailler et de voyager en même temps". Au début de l’aventure, WiFi Tribe comptait cent nomades digitaux. "Aujourd’hui, la communauté rassemble 300 personnes et 49 nationalités différentes".

"Le décalage horaire ne me posait pas de problème. J’avais plus ou moins les mêmes horaires que mes clients."
Raphaël Escoyer
Nomade digital et web developer

Cette année, WiFi Tribe propose trente destinations différentes. Les photos sur le site sont dignes de cartes postales. Pour en proposer autant, "deux groupes voyagent en même temps. Ils sont composés de 12 à 25 personnes et en moyenne nous avons 20 membres", explique Diego Bejarano. La majorité a une vingtaine ou une trentaine d’années. Ils changent de pays toutes les quatre semaines. Les nomades digitaux de WiFi Tribe ne sont pas obligés de faire toutes les destinations. Ils décident quand ils s’envolent à l’autre bout du monde. Dans les prochains mois, ils passeront par l’Équateur, le Pérou, la Croatie, Bali, l’Italie,…

Entre 800 et 1.450 euros la chambre

Pour rejoindre les membres de WiFi Tribe aux quatre coins du monde, il faut réussir un entretien par Skype. L’entreprise veille au partage des mêmes valeurs, à savoir: le respect, la vie en communauté, la passion de son métier. Cette étape réussie, 240 euros pour les droits d’inscription sont demandés. À cette somme, s’ajoute le prix de la chambre lors de chaque voyage. Il est dégressif. Plus le nomade digital part, moins il paie. Pour une chambre privée, il doit compter au départ 1.450 euros par mois, contre 800 euros pour une partagée. En plus du prix du logement, il faut penser aux billets d’avion, au visa touristique, à la nourriture, etc. Pour diminuer les frais, certains nomades digitaux privilégient des pays avec un niveau de vie faible comme la Thaïlande.

Loin de ses clients, un nomade digital communique par mail, Skype ou Facebook. ©© Royalty-Free/CORBIS

Loin de ses proches et surtout de ses clients, un nomade digital communique sur place avec ces derniers par mail, Skype, Facebook, etc. Il peut, par exemple, se trouver dans un café près de la plage au Nicaragua et développer un projet avec un collaborateur qui se trouve dans un autre pays. "Quand j’étais là-bas, le décalage horaire ne me posait pas de problème. J’avais plus ou moins les mêmes heures que mes clients", explique Raphaël Escoyez, un jeune web déveloper belge parti au Nicaragua en début d’année avec WiFi Tribe. "Je me levais tôt le matin pour commencer à travailler à 7 heures, mais à 15 ou 16 heures j’avais terminé. On s’organise autrement. On casse la routine.". Il n’y a plus d’horaire. Les 9-17 heures, c’est fini. Le principal est de finir le boulot à temps.

Lors des heures de travail, certains nomades digitaux privilégient les espaces de coworking loués par WiFi Tribe, qui sont compris dans le prix de la chambre. Ils bossent donc sur leurs projets en compagnie des autres voyageurs. C’est parfois dans la maison louée, ou ailleurs. Par contre, d’autres préfèrent s’isoler, prendre de la distance. "Je préférais être de mon côté pour travailler mais les gens s’entendent et bossent bien ensemble. Il y a un cercle vertueux entre les membres", ajoute Raphaël Escoyez.

"Nous sommes allés dans la jungle accompagné d’un guide"

Les nomades digitaux ne font pas que travailler à distance. Lors des temps libres, ils mettent leur casquette de touriste et s’en vont à la rencontre d’une nouvelle culture, d’une ville et de ses habitants locaux,... "L’escapade la plus originale que j’ai connue, c’était en Équateur. Nous sommes allés dans la jungle accompagnés d’un guide. Nous avons découvert les différentes traditions de là-bas et vu des temples. C’était super", raconte Diego Bejarano.

Les nomades digitaux de WiFi Tribe ont aussi l’occasion de s’essayer à de nouvelles activités comme le surf, le rafting ou le fitness, le soir sur les plages de sable blanc au Nicaragua. Lors des prochains voyages prévus, les nomades digitaux auront peut-être l’occasion de voir le Machu Pichu au Pérou ou les ruines de Split en Croatie.

Deux Belges témoignent

Raphaël Escoyez (33 ans) et Valentin Escoyez (28 ans) sont deux frères belges partis avec WiFi Tribe, une organisation qui coordonne des voyages pour les nomades digitaux. Ils sont tous les deux web developper indépendants. Valentin explique: "Avant WiFi Tribe, j’avais déjà beaucoup voyagé, notamment en Indonésie et en Chine. J’étais un nomade digital, mais je partais seul. Il me manquait une communauté. J’ai donc rejoint l’organisation. Je suis allé avec celle-ci en Thaïlande et en Colombie et je songe à partir au Kenya en octobre. Ce mode de vie est une nouvelle manière de bosser. Aujourd’hui, il existe des entreprises qui permettent le travail à distance. J’ai découvert WiFi Tribe par mon frère, Raphaël."

Ce dernier est tombé un peu par hasard sur cette entreprise: "Je l’ai trouvée via le site Nomad House. Sur le calendrier des destinations de l’organisation, les prix étaient plus intéressants que ses concurrents." Le jeune trentenaire se dit satisfait de son expérience. "Je suis parti pour la première fois de mi-janvier à mi-février au Nicaragua et je suis actuellement à Florence. Ma première expérience s’est bien passée. Je n’y suis pas allé dans une optique de réseautage, même s’il existe une collaboration entre les membres. C’est aussi une aventure humaine. Beaucoup d’activités sont proposées, comme des cours de fitness sur la plage. Je commençais à travailler à 7 heures du matin, mais, à 15-16 heures, je pouvais profiter de ma journée et aller à la plage."

Valentin rejoint l’avis de son frère, amateur de surf: "Ce que j’aime le plus, c’est le sentiment d’être en vacances dès que je quitte le boulot."

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