Eric Domb va créer un quartier à côté de Pairi Daiza

©Anthony Dehez

En marge de la signature du contrat de gestion de la forêt domaniale de Saint-Michel Freyr, Eric Domb a vaguement fait allusion à un autre de ses projets ‘verts’: la reconversion du site désaffecté de la sucrerie de Brugelette fermé en 2008, qui borde son parc animalier de Cambron-Casteau. Voici les détails.

Bien sûr, le site de l’ex-sucrerie de Cambron-Casteau doit encore être cédé — d’une seule pièce semble-t-il — par la Région wallonne, son actuel propriétaire. Et le terrain visé est un confetti en comparaison des 1.600 hectares de la future réserve naturelle de Saint-Michel Freyr. Mais ce foncier de 45 hectares (dont 22 hectares de bassins) est à ce point limitrophe avec les propriétés progressivement remembrées par Eric Domb autour du domaine de Pairi Daiza (170 hectares) qu’il ne peut logiquement échapper à son monopoly local.

Le patron wallon a accepté tout de go de nous en dire davantage sur son projet, preuves à l’appui. Un projet de partenariat entre la commune de Brugelette, sur le territoire de laquelle se situe le chancre, et Pairi Daiza est désormais sur la table. "Il y a trois ans déjà, nous avions imaginé créer un éco-village de vacances sur le site concerné en veillant à préserver les bassins de décantation, devenus riches en biodiversité. Nous avons reçu une fin de non-recevoir de la part de la commune, qui n’a alors pas même voulu ouvrir notre dossier. Un autre projet était en effet sur la table communale: il visait à créer un "quartier nouveau" sur le site. Comme je n’ai pas de temps à perdre, nous avons alors repensé totalement notre projet d’hébergement hôtelier en l’ancrant au cœur de parc existant", explique le fondateur et patron de Pairi Daiza.

"De la jeunesse et des recettes fiscales pour la commune. Et pour nous, le personnel logé sur le seuil. Tout le monde y gagne!"
Eric Domb
Fondateur de Pairi Daiza

Mais parallèlement, fin 2016, le projet de "quartier nouveau" déposé par la commune de Brugelette n’est pas repris dans la liste des dix lauréats retenus suite à l’appel régional à projets exemplaires, lancé et financé par le ministre Di Antonio. "Après avoir digéré cette histoire, j’ai décidé de tendre à nouveau la main à la commune pour l’aider à réaliser le projet – recalé — dont elle rêvait. C’est un win-win. Pour nous, c’est un moyen de loger nos futurs collaborateurs sur le territoire communal. Pour la commune, ça lui permet d’accueillir de nouveaux citoyens qui disposent d’un emploi pérenne et d’un réel pouvoir d’achat. De la jeunesse et des recettes fiscales pour la commune. Et pour nous, le personnel logé sur le seuil. Tout le monde y gagne!", lâche le patron, jamais à court d’idées.

Les extensions envisagées à ce stade sur le site devraient être pleinement réalisées à l’horizon 2021 et porter la capacité du parc à 3 millions de visiteurs et à 1.100 équivalents temps-plein d’ici 2025 ©Anthony Dehez

Selon Eric Domb, ce projet exemplaire devrait enfin sceller une alliance forte entre Brugelette et le domaine lentement recréé depuis 1994 sur le site de l’ancienne abbaye de Cambro-Casteau. L’idée d’une agora citoyenne sera aussi appliquée, comme Eric Domb le propose déjà pour son projet de forêt différenciée en province de Luxembourg. "La convention entre Pairi Daiza et la commune de Brugelette a récemment été approuvée à 90% par le conseil communal (plus une abstention). Du jamais vu!", se réjouit son initiateur.

Même son de cloche du côté de la commune où l’on semble avoir aujourd’hui abandonné toute velléité de faire cavalier seul. "La commune n’a pas les moyens financiers et humains ni les compétences pour se lancer dans une telle opération. Pairi Daiza serait bien plus apte que nous à gérer cette zone humide d’intérêt biologique. N’oublions pas non plus que le SPW n’envisage pas de vendre le terrain par lots mais en un seul morceau", a récemment commenté le bourgmestre local, André Desmarlières, élu sous bannière PS, mais récemment devenu indépendant.

Nouveau village intergénérationnel

Sur l’affectation finale du chancre si Eric Domb emportait la mise avant de mettre en œuvre la convention portée avec la majorité communale actuelle, les astres semblent aujourd’hui s’aligner.

L’ancienne sucrerie de Cambron-Casteau pourrait accueillir un mini-Nassonia, ainsi que des logements, commerces, crèche, école,… ©Anthony Dehez

Le Gouvernement wallon a d’ailleurs entamé une procédure de révision du plan de secteur afin d’inscrire une zone d’enjeu régional sur et autour du site de Pairi Daiza. "Cette modification planologique permettra de pérenniser les activités existantes et de développer davantage les installations touristiques orientées sur la découverte de la faune et de la flore. Les extensions envisagées à ce stade sur le site devraient être pleinement réalisées à l’horizon 2021 et porter la capacité du parc à 3 millions de visiteurs et à 1.100 équivalents temps-plein d’ici 2025", stipule le préambule motivant le partenariat entre la commune et Pairi Daiza.

En outre, un plan communal de développement rural déposé par la commune de Brugelette a été approuvé par le Gouvernement wallon en octobre dernier. Ce plan identifie déjà plusieurs mesures à mettre en place sur le site de l’ex-sucrerie, pour lesquelles des subventions régionales peuvent être allouées. Reste, bien sûr, encore à signer la convention d’intention de réaménagement du site (avant les élections?), de lancer les procédures visant à obtenir les permis d’urbanisme et de devenir pleinement propriétaire – ou emphytéote à long terme — des lieux convoités.

La convention d’intention contient également le programme porté par les acteurs privé et public. On y parle d’un village intergénérationnel intégré à celui de Brugelette avant de lister le copieux menu suivant:

- 300 logements de typologie et capacité variées,

- un bâtiment à usage de la commune,

- des fonctions mixtes d’importance locale (commerces, services…),

- un ou des établissements d’accueil pour les personnes âgées,

- une crèche,

- un établissement d’enseignement secondaire,

- des activités économiques logistiques ou commerciales ancrées le long du chemin de fer existant.

Réserve naturelle comme fil rouge

Les bassins de décantation situés à l’est du site doivent être réhabilités en zones agricole, forestière, naturelle et d’espace vert, destinés "à la régénérescence de la biodiversité endémique et à la sensibilisation du public à leur intérêt environnemental". ©Anthony Dehez

Quant aux bassins de décantation situés à l’est du site à réhabiliter en zones agricole, forestière, naturelle et d’espace vert, ils seront destinés "à la régénérescence de la biodiversité endémique et à la sensibilisation du public à leur intérêt environnemental". Leur tracé actuel sera préservé au maximum, l’urbanisation tirant profit de leurs qualités paysagères. L’opérateur – sans doute la Fondation Pairi Daiza — en assurera la gestion, le bon entretien et l’aménagement "de manière à y créer des points de vue et d’observation et différents équipements favorables à la découverte des biotopes, à la découverte, à la récréation et au maintien et/ou au renforcement d’habitats favorables à la faune et à la flore".


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