Espace Voyages, toujours numéro un de la distribution sur l'Afrique

L’agence de voyages du quartier Matonge à Bruxelles a fait des petits depuis sa création il y a trente ans et est devenue incontournable pour les vols africains. À ses conditions.

Impossible d’avoir une conversation suivie de plus de cinq minutes avec Lokman Sever, même à table: son smartphone sonne sans cesse. "Ah, excusez-moi, cet appel est important. Oui, Monsieur l’Ambassadeur. Ne vous inquiétez pas, je m’en occupe." Et puis, le CEO d’Espace Voyages téléphone à son agence pour donner des instructions.

Au début de la chaussée de Wavre, à l’entrée de la Galerie de la porte de Namur, Espace Voyages est idéalement située dans le quartier africain de Bruxelles, le fameux "Matonge". A côté, des restaurants, des coiffeurs (pour les tresses africaines) et des spécialités surtout subsahariennes.

70%
Le patron d’Espace Voyages affirme commercialiser 67 à 70% des billets de Brussels Airlines sur l’Afrique. "Je ne me vante pas! Demandez-leur!"

"Depuis l’arrivée du nouveau président en RDC, les réservations décollent", se réjouit Lokman Sever: "Tout le monde s’intéresse de plus en plus à l’Afrique et au Congo en particulier." Si 80% de la clientèle d’Espace Voyages sont constitués d’Africains, les 20% restants sont essentiellement des sociétés ayant des succursales sur place, des PME, des ONG, des ambassades…

Créée il y a trente ans, Espace Voyages occupe aujourd’hui 24 employés et dispose de cinq agences en propre: deux à Bruxelles (Ixelles et Saint-Gilles), ainsi qu’à Anvers, Liège et Charleroi. Plus des franchisés à Mons, Luxembourg, Kinshasa et, bientôt, Lille et Rotterdam.

Des intermédiaires en position de force

La particularité d’Espace Voyages est qu’elle n’émet que des billets d’avions. Pas question d’organiser des forfaits "all in". Or cette activité de billetterie paraissait condamnée à disparaître il y a une quinzaine d’années, lorsque les compagnies aériennes ont supprimé les commissions aux agences. Jusqu’à ce qu’elles comprennent que certains intermédiaires étaient indispensables, si pas en position de force. Après un moment de flottement, dont nous nous souvenons, Lokman Sever a décidé d’imposer ses propres exigences.

Brussels, Emirates, Turkish, Ethiopian, KLM, Royal Air Maroc (RAM), Kenya Airways, Air France jouent le jeu. Pour un vol sur Kinshasa, de RAM (la moins chère) à Air France, quatre compagnies sont proposées, certaines avec escales, d’autres avec emport supplémentaire de bagages; mais oui, Espace Voyages peut négocier… Ajoutons aussi, pour la clientèle saint-gilloise surtout, quelques vols sur l’Amérique latine, essentiellement avec TAP Portugal et Iberia.

Évidemment, Sever ne s’étendra pas sur les commissions qu’il négocie – "toujours avec les grands patrons", insiste-t-il! –, mais son chiffre d’affaires en billets Iata tourne autour des 27 à 30 millions d’euros, "en progression de 10% par an, alors que la croissance Iata en Belgique ne dépasse pas 1%". Et Brussels Airlines? "On fait entre 67% et 70% de ses vols africains" soutient Sever. Devant notre incrédulité, il insiste: "Je ne me vante pas! Demandez-leur!"

Quid de l’avenir? "Nous avons été contactés par des PME qui souhaitent créer des filiales franchisées un peu partout en Afrique: Lomé, Dakar, Cotonou, Abidjan, Conakry, Bujumbura, Kigali, Luanda, Brazzaville pour ne citer que ces villes. C’est palpitant." Palpitant, mais épuisant. "C’est vrai que j’aimerais prendre du champ et parfois j’envisage de céder l’entreprise. Mais comme elle est très rentable, ce ne sera pas à n’importe quel prix."

Alors qu’il s’apprête à commander un café, son téléphone sonne une nouvelle fois. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il prendra un peu de repos.

Une adolescente de 15 ans a été tuée ce lundi matin dans l’effondrement d’un pont suspendu à Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), à une trentaine de kilomètres au nord-est de Toulouse, un accident rarissime qui relance la controverse sur la fiabilité des ponts en France. Le drame a fait une autre victime, le conducteur du 38 tonnes, ainsi que trois blessés. Selon France 3, le conducteur s’est engagé sur le pont, limité aux véhicules de 19 tonnes maximum. Le pont de structure métallique, datant de 1931, mesure 155 mètres de long et 6,50 mètres de large. Il avait fait, semble-t-il, l’objet d’un "suivi correct", selon le procureur de Toulouse, Dominique Alzéari.  

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