portrait

Frank Meysman, le Belge qui n'a pas pu éviter le désastre

C’est un Belge qui préside le conseil d’administration du voyagiste britannique. Quand Frank Meysman, spécialiste du marketing, est arrivé en 2011, Thomas Cook était déjà confronté à des résultats très difficiles.

Lorsqu’il est nommé à la tête du conseil d’administration de Thomas Cook en septembre 2011, le Belge Frank Meysman s’aventure déjà sur un terrain très largement miné. À l’époque, le voyagiste britannique est confronté à de mauvais résultats financiers. Lourdement endetté, le poids lourd du tourisme était au bord de la faillite en raison de l’impact sur le tourisme des troubles dans les pays arabes et d’une activité en berne au Royaume-Uni, son principal marché. Il n’avait dû sa survie qu’à un compromis avec ses banques. Signe de la gravité de la situation, avant l’arrivée du Belge à la tête du CA, Thomas Cook avait dû se séparer quelques mois auparavant de son directeur général, Manny Fontenla-Novoa. Le poste de CEO restera d’ailleurs vacant une dizaine de mois avant que ne soit nommée Harriet Green, une femme d’affaires extérieure au secteur du tourisme.

"L’entreprise a besoin de soins intensifs"
Frank Meysman
Président du CA de Thomas Cook

A eux deux, ils vont former un tandem redoutable. "L’entreprise a besoin de soins intensifs", avait déclaré Meysman à son arrivée. Il va tenir parole. Des centaines de bureaux vont fermer. Des activités non rentables seront cédées et la lourde structure du groupe va être redessinée. Tout le monde pensait alors que le duo avait sorti l’enseigne de la zone de turbulences. On sait aujourd’hui qu’il n’en a rien été.

Businessman inconnu du grand public au sud du pays, Frank Meysman bénéficiait néanmoins avant sa nomination d’une certaine renommée dans le Landerneau de la communication en raison de sa fonction de CEO au Conseil de la publicité. Ce diplômé de la Vlerick Leuven Gent Management School a débuté sa carrière en 1977 chez Procter & Gamble, avant de devenir sous-directeur marketing chez Douwe Egberts en 1986. Il gravit par la suite les échelons de la société pour être nommé, en 1997, vice-président exécutif et membre du conseil d’administration de la société mère Sara Lee, deux fonctions qu’il détiendra jusqu’en 2003.

Politique

Par la suite, ce grand spécialiste du marketing va plutôt privilégier les mandats d’administrateur au sein de différentes entreprises comme Spadel (président du CA), JBC (président du CA également), Picanol, WDP ou Palm Breweries. Frank Meysman s’est également aventuré en 2006 dans l’arène politique, comme chef de file du CD&V à Merchtem, la commune où il réside. Il va décrocher quelque 1.382 voix de préférence. De quoi ébranler la domination libérale dans sa ville, où il siégera finalement dans l’opposition. "Sinon, je n’aurais peut-être pas fini chez Thomas Cook. Je n’aurais pas eu le temps", avoua-t-il par la suite. Selon lui, "la politique et le monde des affaires ont beaucoup en commun. C’est à la fois beaucoup d’argent, de personnel et une vision à long terme. Les communes où les choses vont bien sont celles où les bons choix ont été faits il y a vingt ans".


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