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La Wallonie a-t-elle une carte à jouer avec le tourisme tempéré?

Une famille se baigne dans la Meuse pour se rafraîchir, fin juin 2023, alors que la température extérieure atteignait les 30 degrés à Namur. ©EPA

Les vagues de chaleur qui se succèdent dans le sud de l’Europe seraient-elles une opportunité pour développer le tourisme en Wallonie?

Il y a comme un frémissement pour le tourisme wallon, mais pas plus. Selon la dernière enquête sur les vacances et voyages de Stabel, 2022 a été synonyme d'une légère augmentation des séjours de Belges en Belgique par rapport à 2019. "Dans toute une série d’endroits en Wallonie, la fréquentation touristique se fait plus intense", confirme Jean-Michel Decroly, professeur de géographie et de tourisme à l'ULB.

"Mais ce n’est pas substantiel pour autant", nuance d'emblée le spécialiste. "Trois quarts des séjours d’été des Belges se font toujours à l’étranger. Une relocalisation partielle de ces flux est peut-être à l’œuvre, mais d’autres facteurs que le seul réchauffement jouent aussi – la volonté de certaines personnes, par exemple, de réduire l’empreinte environnementale de leurs vacances".

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"Notre stratégie touristique ne s’appuie pas sur le réchauffement climatique pour le moment."

Pierre Coenegrachts
Directeur général adjoint de VisitWallonia

Pas de changement de stratégie

Chez VisitWallonia, réchauffement rime surtout avec une communication d'été qui insiste sur les possibilités de points de fraîcheur que constituent les sous-bois, les rivières ou les grottes. Cependant, "notre stratégie touristique ne s’appuie pas sur le réchauffement climatique pour le moment", explique Pierre Coenegrachts, directeur général adjoint de l'ASBL.

"Nous restons, bien sûr, attentifs à l’évolution des comportements, et nous observons d’ailleurs des collègues en Normandie, en Bretagne, ou au Pas-de-Calais, qui enregistrent un nombre de réservations plus important que les années précédentes (le phénomène concerne aussi les Alpes, le Massif central, et la côte d’Opale, NDLR) surtout auprès d’un public de cinquante ans et plus".

Quid des capacités d'accueil?

Reste à savoir si la Wallonie, avec un taux d’occupation tous types d'hébergements confondus qui se situe entre 70 et 80% pour la période du 15 juillet au 15 août, serait en mesure d'absorber un flux supplémentaire de touristes. "D’un point de vue strictement économique, il y a une telle réactivité des capacités d’accueil qu’absorber une demande croissante ne devrait pas être une inquiétude", assure Jean-Michel Decroly.

"L’Ourthe, l’Amblève, la Semois, la Meuse et la Lesse, qui sont les endroits où le tourisme wallon s’est le plus développé, sont des zones soumises aux aléas climatiques."

Jean-Michel Decroly
Professeur de géographie et de tourisme à l'ULB

Pierre Coenegrachts souligne, quant à lui, qu'au rayon tourisme d'affaires, "seules Liège et Mons sont capables d'accueillir plusieurs milliers de nuitées en même temps", mais que Charleroi, Namur et Bastogne sont en train de s'étoffer grâce à plusieurs projets hôteliers.

Zones avec des risques d'inondations

Enfin, il ne faut pas croire que la Wallonie ne ferait que bénéficier d’une hausse des températures dans les régions du Sud. Jean-Michel Decroly renvoie aux inondations d’il y a deux ans: "Elles ont touché les zones les plus touristiques de Wallonie, à savoir les vallées. L’Ourthe, l’Amblève, la Semois, la Meuse et la Lesse, qui sont les endroits où le tourisme wallon s’est le plus développé, sont des zones soumises aux aléas climatiques."

De quoi tempérer les éventuelles ambitions wallonnes de grandeur touristique.

Une mise au verre?

Ces dernières années, le vin wallon est devenu un atout touristique. "On n’oublie bien sûr pas la bière, mais grâce ou à cause du réchauffement climatique, il y a désormais de nombreux vins chez nous", explique Pierre Coenegrachts.

Citons le domaine du Champ d’Éole, le vignoble des Agaises, le domaine du Chenoy, les vins de Liège ou le château de Bioul. "Il y a des rouges, mais surtout des blancs et des rosés, ce qui correspond bien à la période estivale. Or, ces domaines qui souvent se sont équipés pour le tourisme d’affaires – une de leurs cibles évidentes – avec des salles de réunion au milieu des vignes, sont aussi en train d'élargir leur cible avec des tentes au milieu des vignobles en été, pour y organiser des dégustations. En Wallonie, le vin prend de plus en plus de place", conclut le directeur général adjoint de VisitWallonia.

Supplément Climat

Encore un dossier chaud. La Belgique y a certes échappé, mais personne ne l’ignore. Une partie du monde a littéralement suffoqué cette semaine. Autant d’épisodes indépendants mais qui se produisent simultanément. Ne manquez pas notre supplément:

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