Le Club Med limite la casse dans un marché moribond

Le contexte géopolitique tendu en Egypte et en Tunisie a fait fuir les gentils membres du Club Med dans ces pays. ©Stefan Schurr

Le voyagiste est affecté comme tout le secteur par le contexte géopolitique et économique. Il compte sur sa stratégie de montée en gamme et d’internationalisation pour redresser la barre.

Après deux exercices marqués par un retour aux bénéfices, le Club Méditerranée est retombé les pieds sur terre lors de son exercice 2012-2013. Il a perdu 37.000 clients (pour un total de 1,231 million) mais son chiffre d’affaires est resté stable (-0,2% à 1,483 milliard d’euros) grâce à la montée en gamme qui a permis d’augmenter le revenu par client de 4,4%. "Que serait-il advenu si nous n’avions pas décidé il y a 10 ans de monter en gamme et d’aller au-delà de la Méditerranée?", pointe le PDG, Henri Giscard d’Estaing.

Car si la zone Europe-Afrique s’affiche en recul, par contre l’Amérique (+ 5,2%) et l’Asie (+ 5,3%) progressent sensiblement. La clientèle chinoise a même bondi de 34%, grâce à l’ouverture d’un nouveau village en Chine.

Par contre, l’Ebitda a baissé de 5,8% à 118 millions, le résultat opérationnel courant de 11% à 55 millions alors que le résultat net s’affiche dans le rouge (- 9 millions). Ce n’est donc pas encore cette année que le Club versera des dividendes. Les derniers remontent à… l’an 2000.

Il est vrai que le Club a connu un exercice agité avec la dégradation des marchés touristiques européens pendant l’été en raison de la crise. À cela s’est ajoutée une crise géopolitique qui a touché deux de ses pays phares — l’Egypte et la Tunisie — l’obligeant à fermer temporairement ou définitivement certains de ses villages faute de gentils membres. "Ces éléments exceptionnels sont la principale cause de la perte nette", assure le CFO Michel Wolfovski.

La Belgique affectée

Deuxième marché du Club Med, la Belgique a elle aussi vu ses revenus baisser, de 125 à 120 millions. "Mais nous avons, comme le groupe, fait un peu mieux que le marché, ce qui nous a permis de gagner des parts de marché tant en été qu’en hiver", indique Hadi Kamouh, directeur général Benelux. "Ce qui est encourageant, c’est que les nouveautés dopent les ventes", ajoute-t-il. Lors du dernier exercice, le Club a ouvert trois villages: Pralegato en Italie, Belek en Turquie et Guilin en Chine. Par contre, la clientèle business (incentives…) s’est, comme en France, évaporée, victime du marasme économique.

Accélérer la cadence

L’exercice en cours a commencé sous des auspices plus encourageants avec une hausse des réservations de 5,4% au 30 novembre pour la saison d’hiver. En Belgique elles sont stables dans un marché en recul de 11%. Elles se sont ensuite tassées ces dernières semaines, les clients réservant de plus en plus tôt afin d’avoir des tarifs avantageux.

Henri Giscard d’Estaing se veut toutefois volontariste: face aux mastodontes du tourisme de masse et standardisé qui dominent le marché, il veut accentuer son positionnement de niche en développant son offre haut de gamme internationale, tout en réduisant la voilure dans la zone Europe-Afrique, où il va diminuer de 3% ses capacités d’accueil. Le voyagiste s’est fixé pour objectif d’avoir trois quarts de sa clientèle résidant dans ses villages 4 et 5 tridents (65% en 2011). Il compte, pour ce faire, ouvrir 7 nouveaux villages en 3 ans, dont 6 dans les pays émergents. Par ailleurs, il ambitionne de faire passer le nombre de clients issus de ces pays de 29% à 33% d’ici 2015. À cet horizon, grâce à deux nouveaux villages, la Chine devrait ravir à la Belgique sa place de 2e marché.

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