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Le difficile rebond du tourisme wallon après les inondations

Le domaine des grottes de Han a entièrement rouvert dès le 20 juillet. Le spectacle de son et lumière "Origin" (photo) est quant à lui de nouveau opérationnel depuis le 30 juillet. ©BELGAIMAGE

Les sites touristiques wallons tentent d'effacer les stigmates des inondations de juillet. Pour certains, le retour aux affaires risque d'attendre minimum début 2022.

La plupart des attractions touristiques sont de nouveau accessibles au public, deux semaines après les inondations qui ont ravagé une partie de la Wallonie. Les visiteurs peinent toutefois à revenir vers les sites qui ont rouvert leurs portes. Les images des parcs et centres de loisirs sous eau freinent l'enthousiasme des touristes, selon Michel Vankeerberghen, directeur de l'asbl Attractions et Tourisme, l'association professionnelle des attractions touristiques en Wallonie et à Bruxelles. Dans les communes impactées par les inondations, les établissements de l'horeca se retrouvent quant à eux face à une nouvelle crise, après une année et demie minée par la pandémie de Covid-19.

Les centres sportifs et culturels situés le long des cours d'eau en province de Liège sont encore en train de dresser l'inventaire des dégâts matériels subis lors des inondations. Quelques activités peuvent être dispensées, mais la majorité doivent encore être restaurées. "Le kayak, le VTT ou le mini-golf sont impraticables. Les seules activités que nous pouvons proposer sont liées au musée du château fort, qui accueille en moyenne 200 personnes par jour", explique Florine Lafontaine, chargée de communication pour le domaine de Palogne, où les saisonniers espèrent de nouveau accueillir un public sportif d'ici mi-août.

"Il ne faut pas sous-estimer l'impact psychologique que ces images ont provoqué auprès des visiteurs. Il y a un temps nécessaire à l'oubli pour pouvoir profiter à nouveau de ces lieux."
Michel Vankeerberghen
Directeur de l'association professionnelle des attractions touristiques en Wallonie et à Bruxelles

Les stigmates d'une catastrophe

Malgré une réouverture complète de certaines attractions, les touristes semblent encore réticents à revenir. "Pendant une semaine, nous avons constaté une baisse de la fréquentation de -50%, alors que nous avions repris une activité normale dès le 20 juillet. Désormais, nous retrouvons des niveaux de saison", raconte Magali Nicolaï, porte-parole du domaine des grottes de Han.

Les images encore récentes des parcs ravagés par les eaux sont indéniablement responsables de la discrétion des touristes à cette période faste de l'année, selon Michel Vankeerberghen. "La météo maussade de ces dernières semaines n'arrange rien. Mais certains n’osent pas venir, par peur de découvrir le désastre qui a touché la province dans laquelle se trouvent les attractions à visiter. Il ne faut pas sous-estimer l'impact psychologique que ces images ont provoqué auprès des visiteurs. Il y a un temps nécessaire à l'oubli pour pouvoir profiter à nouveau de ces lieux", souligne-t-il.

7
Attractions ou Musées Hors service
Deux semaines après les inondations, 7 attractions ou musées ne sont toujours pas accessibles au public. Certains n'ont pas encore communiqué de date de réouverture.

Les intempéries du mois de juillet ont contraint 44 lieux réservés aux touristes à fermer temporairement leurs portes. La plupart ont pu accueillir le public après une semaine de grand nettoyage et quelques réparations. Pour 7 attractions ou musées, l'ouverture doit attendre des restaurations plus importantes. Le parc d'attractions Walibi notamment - situé près de Wavre - envisage une réouverture seulement pour fin septembre. Dans ce cas, c'est tout le réseau électrique qui s'est retrouvé sous l'eau. Des lieux comme la grotte de Comblain, le Centre touristique de la laine et de la mode à Verviers ou encore le Source O Rama de Chaudfontaine n'ont quant à eux toujours pas indiqué de date de réouverture, conséquence des gros dommages qu'ils ont rencontrés.

L'horeca touché par une nouvelle crise

Le Château des Thermes de Chaudfontaine a lui aussi été ravagé par les inondations qui ont touché la ville, ne laissant d'autre choix que celui d'une fermeture jusqu'à nouvel ordre. Les gens qui disposaient d'une réservation doivent attendre des nouvelles du complexe hôtelier, qui reste injoignable à ce stade. La ville de Verviers, également très impactée, a vu fuir les visiteurs, si bien qu'un petit hôtel a décidé d'aider comme il le pouvait, après avoir reçu des annulations en cascade. "Nous n'avons pas été touchés. Alors, nous avons offert aux sinistrés la possibilité de prendre une douche ou de manger un repas chaud. Nous avons ensuite logé des ouvriers venus rétablir le réseau électrique dans la ville. C'est la moindre des choses que nous pouvons faire", indique la directrice de l'hôtel. La ville de Durbuy, sous eau le 15 juillet, s'est quant à elle rapidement relevée avec 80% des établissements de l'horeca qui sont opérationnels.

"Dans certains cas, c’est même pire que l’arrêt qu’ils ont subi pendant la pandémie."
Thierry Neyens
Président de la Fédération Horeca Wallonie

Pour les établissements impactés par les inondations, c'est un nouveau coup dur après une année et demie marquée par la pandémie de Covid-19. "Un établissement qui ferme, ce sont aussi des fournisseurs qui n'écoulent pas leurs stocks, rappelons-le. Ce sont près de 3.000 structures qui sont concernées. Après un an et demi de covid, c’est un nouveau séisme pour ces établissements. Dans certains cas, c’est même pire que l’arrêt qu’ils ont subi pendant la pandémie", explique Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie.

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