Les clients de Thomas Cook Belgique pour l'instant épargnés

©Photo News

À cette heure, les clients belges de Thomas Cook peuvent être rassurés. Les séjours en cours se poursuivent normalement et les réservations déjà faites sont maintenues. Les nouvelles réservations sont toutefois suspendues le temps de clarifier la situation. Un conseil d'entreprise est prévu ce lundi matin.

"Business as usual", ou quasi, chez Thomas Cook Belgique. Ce matin Thomas Cook Royaume-Uni a déposé le bilan. Il s'agit toutefois d'une entité distincte des activités belges. Thomas Cook Belgique dépend en effet de l'entité "Europe continentale", dont le marché principal est l'Allemagne.

Pour l'heure, le voyagiste belge, qui regroupe les marques Thomas Cook et Neckermann, échappe donc à la faillite. "Nous travaillons normalement", explique Leen Segers. Cela sous-entend, pour les clients, que rien ne change. Il en va de même pour les quelque 600 salariés, les 86 agences et les 5 "Travel Shop".

Les quelque 10.000 clients en vacances ont été avertis de la situation et informés que leur séjour se déroulerait comme prévu. Aucun rapatriement n'est prévu. Pour les clients qui ont fait une réservation (en agence, online ou via la ligne de vacances), leur voyage est pour l'instant maintenu en l'état.

Répercussions belges

Leen Segers ajoute toutefois que plus aucune réservation ne peut être effectuée. "C'est par mesure de prudence et en attendant plus de clarté". À noter encore que les agences restent ouvertes, ne fut-ce que pour répondre aux questions des clients.       

Le voyageur sera remboursé s'il n'est pas parti, ou sera rapatrié s'il est à destination.

Néanmoins, la faillite de Thomas Cook UK peut avoir des répercussions sur des clients belges. C'est le cas pour des passagers du vol Bruxelles-Manchester de ce lundi matin. Chez Brussels Airlines, qui opère les vols pour Thomas Cook Belgique depuis deux ans, on explique qu'une fois à Manchester ces passagers devaient poursuivre leur voyage avec Thomas Cook UK. Or, ce dernier a arrêté toute activité et annulé tous ses vols dès l'annonce de la faillite. Ces passagers risquent donc d'être bloqués à Manchester. "Nous n'empêchons aucun client Thomas Cook d'embarquer sur nos vols. Nous poursuivons nos activités normalement en attendant d'avoir davantage d'informations sur les conséquences de la faillite sur Thomas Cook Belgique", explique Wencke Lemmes, porte-parole.  

Protégés par un fonds de garantie

"Nous comprenons que cette situation soulève beaucoup de questions pour nos clients et nous faisons tout notre possible pour y répondre au mieux", poursuit le communiqué. Mais quoi qu'il arrive les vacanciers qui ont réservé leur séjour chez Thomas Cook ou Neckermann sont protégés par le fonds de garantie.

En effet, le tour-opérateur est affilié au fonds de garantie de voyage. Ce qui signifie qu'en cas de faillite d'un tour-opérateur ou d'une agence, ce fonds protège le voyageur. Ce dernier sera remboursé de l'intégralité des frais, s'il n'est pas parti.

S'il est parti, explique-t-on chez Test Achats, le fonds dédommagera les différents fournisseurs (hôteliers, compagnies aériennes...) permettant la poursuite du séjour, ou organisera le rapatriement. 

Syndicats informés

Active dans le pays depuis quarante ans, Thomas Cook Belgique précise être "toujours rentable avec une croissance continue depuis 2016 dans les voyages à forfait grâce à un réseau retail rentable associé à des ventes en ligne fortes (plus de 30 % des ventes)"

En matière d'emploi, la filiale belge affirme être en contact avec les partenaires sociaux et mettre "tout en œuvre" pour guider ses collaborateurs "pendant ces temps difficiles". Un conseil d'entreprise est prévu ce lundi matin. "Nous espérons avoir des réponses", indique Katrien Degryse du SETCa. "Si ce n'est pas une surprise, cela reste un choc pour le personnel."

La syndicaliste entend demander, outre des éclaircissements sur la situation belge, la garantie que les salaires du personnel seront versés en fin de mois. "Si la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne sont à part en matière d'IT et de brochure, il n'en reste pas moins que c'est la maison-mère qui dépose le bilan."

Elle ajoute aussi que le voyagiste ne va pas bien depuis plusieurs années. "Cela apparaît peu dans la presse, car nous sommes chaque fois sous les chiffres de la loi Renault." Le voyagiste a donc déjà subi ces dernières années de nombreuses restructurations. La syndicaliste parle d'une "politique salami", observée depuis une dizaine d'années.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect