Les greffes de cheveux au secours du tourisme à Istanbul

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Comment faire revenir les touristes à Istanbul après les attentats et le coup d'État? Grâce au tourisme médical et la greffe de cheveux qui a une très bonne réputation.

Histoire, architecture, farniente, Istanbul a de bons arguments pour attirer les touristes. Mais cela ne suffit plus face à une situation sécuritaire instable qui effraie les étrangers. Si une vague sans précédent d'attentats et une tentative de coup d'Etat ont plombé le tourisme traditionnel en Turquie, ce n'est pas le cas du tourisme médical. L'industrie de la greffe de cheveux ne semble pas avoir été affectée.

Avec 300 établissements spécialisés dans la greffe de cheveux, Istanbul est devenue une plaque tournante de cette industrie capillaire en pleine croissance.

♦ Pour qui? Des patients du monde entier, en particulier du Moyen-Orient, font le déplacement jusqu'à Istanbul. Environ 5.000 étrangers subissent une greffe de cheveux chaque mois en Turquie.
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Pourquoi? Des chirurgiens expérimentés, une technologie de pointe et des prix raisonnables (1.200 euros pour l'opération et trois nuits, contre 6.000 euros en Europe).

L'opération suit le procédé d'extraction d'unités folliculaires: des cheveux sont prélevés sur les zones encore couvertes sur le crâne du patient et réimplantés dans les zones dégarnies. La greffe de cheveux, qui dure entre huit et dix heures, a la réputation d'être le moins risqué des actes de chirurgie esthétique.

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Chirurgie esthétique et tourisme

L'offre de la mégalopole turque a fait d'Istanbul la Mecque des dégarnis de tout poil, qui profitent de leur séjour pour faire du tourisme.

Souvent, les offres proposées aux patients étrangers incluent, en plus de l'acte chirurgical, une chambre d'hôtel et des activités touristiques. "De nombreuses cliniques en Turquie fournissent un service complet: le client n'a qu'à acheter un billet d'avion pour Istanbul, les cliniques s'occupent du reste", indique Talip Tastemel, directeur de Clinic Expert, l'un des établissements spécialisés dans la greffe de cheveux.

"En gros, si vous faites cela dans une clinique convenable, avec un médecin convenable et en suivant une technique convenable, vous pouvez vous attendre à un taux de succès de 100%", assure M. Tastemel. Cependant, le nombre élevé de cliniques, en particulier à Istanbul, rend difficile les contrôles de qualité.

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Succès grandissant

Pour le moment, la plupart des patients viennent du Moyen-Orient, plus particulièrement du golfe Persique. Mais des patients en Grèce, en Italie et en Russie montrent des signes d'intérêt, s'enthousiasme Emre Ali Kodan, consultant à l'Association du Tourisme Médical: "On vise une croissance de 10% (en 2017) pour les greffes de cheveux. Atteindre 6.500 patients par mois n'est pas illusoire."

"Lorsqu'on regarde les chiffres du tourisme médical pour 2016, on constate une hausse de 5%. Cela signifie qu'alors que le tourisme (traditionnel) est en déclin, que les étrangers sont moins nombreux à venir en Turquie, notre secteur, lui, continue de croître", souligne-t-il.

Impossible de rater ces hommes au crâne fraîchement rasé et ceint de pansements ensanglantés qui déambulent dans les lieux les plus touristiques d'Istanbul. Nombre de Stambouliotes plaisantent entre eux en proposant de faire de leur tête bandée le symbole de la ville.

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