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Les résultats de TUI confirment l'embellie du secteur du voyage

Les résultats de TUI ont dépassé les attentes. ©© Zoonar.com/Markus Mainka

En 2023, le secteur du voyage a retrouvé ses niveaux d'avant crise sanitaire. 2024 s'annoncerait sous de meilleurs auspices, comme les résultats du no 1 européen TUI.

TUI s'envoie en l'air. Le plus grand voyagiste européen a fait état mardi d'un bénéfice d'exploitation surprise au premier trimestre de son exercice décalé 2023-24, porté par la hausse de ses réservations au premier trimestre et l'augmentation de 6% du nombre de passagers, soit 3,5 millions de voyageurs. De quoi permettre à l'entreprise de renouer avec de (modestes) bénéfices opérationnels (6 millions d'euros), alors que la perte s'élevait à 153 millions d'euros. TUI a aussi fortement réduit ses pertes nettes, qui ont atteint 122,6 millions d'euros au premier trimestre, contre 256,1 millions à la même période au dernier exercice. Dans la foulée, TUI a maintenu ses perspectives de croissance du bénéfice d'exploitation de 25% pour 2024, et vise une croissance annuelle de 7% à 10% à moyen terme.

Un rebond inédit

"Le segment des voyages de loisirs a connu une forte croissance en 2023 avec un bond de 20% qui se confirme en ce début d'année."

Jean-François Defour
Porte-parole de l'UPAV, Union professionnelle des agences de voyage.
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De quoi confirmer le rebond du secteur du voyage après un excellent cru 2023 marqué par la fin de l'impact de la crise sanitaire: "Il a même rebondi plus tôt qu'attendu par l'IATA (l'association internationale du transport aérien), qui prévoyait un retour à la normale en 2024, voire en 2025", observe David Reculez, de l'agence Eagle Travel, et vice-président de l'Upav, l'Union professionnelle des agences de voyage.

Présenté début février au Salon des vacances, le "Travel trend report" de l'Abto, l'association belge des tour-opérateurs, confirme quant à lui cette embellie:  "Les intentions de voyage pour 2024 sont les plus élevées depuis cinq ans", indique le porte-parole, Pierre Fievet, qui observe une nouvelle appétence pour le mois de mai en raison du changement du calendrier scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles

"Si le segment du voyage d'affaires n'est pas revenu à ses standards d'avant-crise en raison du télétravail et des réunions par Teams, celui des incentives redresse la tête, mais dans des régions plus proches, tandis que celui des loisirs a connu une forte croissance en 2023 avec un bond de 20% qui se confirme en ce début d'année", résume Jean-François Defour, porte-parole de l'Upav.

"Même s'il est un peu tôt pour tirer des conclusions, nous constatons que nos membres sont en avance dans leurs prises de réservations", ajoute-t-il. Ici et là, on observe en effet une tendance à réserver plus tôt, ce qui n'était pas le cas durant la crise sanitaire, où les menaces de fermeture freinaient les vacanciers.

14,2
milliards d'euros
Selon l'Abto, le marché belge du voyage pesait 14,2 milliards d'euros en 2023, dont la moitié réalisée via des professionnels (tour opérateurs, agences...)

Incertitude économique

Pourtant, la situation géopolitique, l'incertitude économique, les retards de livraison d'avions et l'augmentation des prix du kérosène (aujourd'hui stabilisés, disent les professionnels du tourisme), qui ont entraîné les prix à la hausse, auraient pu refroidir les vacanciers.

Mais si les touristes ont retrouvé la soif de voyages, ils ne vont pas pour autant dépenser davantage. Selon l'Abto, le budget vacances planifié s'affiche à 958 euros par personne (hors dépenses sur place), contre 981 euros en 2023. Mais il est vrai que les prix avaient été tirés par l'inflation l'an dernier. Côté destinations, les pays proches (France) et ceux du pourtour méditerranéen (Italie, Grèce, Espagne) gardent la cote, mais on assiste, selon David Reculez, au retour des destinations plus lointaines comme l'Asie du Sud-Est et l'Afrique.

Selon l'Abto, 21,3 millions de voyages ont ainsi été vendus l'an dernier en Belgique, dont un tiers réservé, totalement ou partiellement, via des professionnels, ceux-ci pesant par contre la moitié du chiffre d'affaires du secteur, lequel s'est élevé à 14,2 milliards d'euros. Battra-t-on ce chiffre d'affaires record en 2024? "C'est possible, mais sans doute pas dans des proportions équivalentes à ce qu'on a connu en 2023", estime Pierre Fievet.

Pas d'euphorie

Une certaine prudence est donc de mise. Beaucoup de grands noms n'ont pas encore délivré leurs résultats et perspectives, comme Accor Hotels, Booking, etc.

Airbnb, elle, a fait état, mardi soir, d'un chiffre d'affaires pour le quatrième trimestre de 2,22 milliards de dollars. Un chiffre supérieur à l'estimation moyenne des analystes, qui tablaient sur 2,17 milliards de dollars, mais aussi à sa propre fourchette de prévision de 2,13 à 2,17 milliards de dollars. La plateforme d'hébergement avait en effet précédemment prévenu que la volatilité économique freinait la demande de voyages, constatant que la croissance des nuits réservées diminuait par rapport au rythme du troisième trimestre.

De son côté, la plateforme de voyages en ligne Expedia a annoncé une baisse de sa croissance en 2024, tandis que Ryanair, la plus grande compagnie en volume de passagers en Europe, a affiché au 3e trimestre de son exercice décalé des résultats inférieurs aux attentes, notamment à la suite de litiges… avec des agences de voyages en ligne.

Le résumé
  • Après un excellent cru 2023, les professionnels belges du voyage sont assez optimistes pour 2024
  • Ceci à l'instar des résultats de TUI, le plus grand voyagiste européen, qui sont largement supérieurs aux attentes
  • Les intentions de voyage pour 2024 sont les plus élevées depuis cinq ans, selon l'association belge des tour-opérateurs
  • La prudence reste toutefois de mise, car certains acteurs ont annoncé des résultats inférieurs aux prévisions, tandis que d'autres n'ont pas encore publié leurs bilan et perspectives.
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