Les vacances d'automne en voiture plutôt qu'en avion

Les réservations pour les vols intra-européens restent très modestes en cette veille de vacances d'automne. ©Tim Dirven

Les départs en vacances d'automne se feront surtout vers les Ardennes et la côte. Chez TUI comme chez Brussels Airlines, les réservations de vols restent modestes.

Les passagers pour des vols à l'étranger ne devraient pas se presser au portillon dans les aéroports. En ces temps d'incertitude sur l'évolution des mesures sanitaires, le Belge prend les devants en privilégiant les vacances au pays.

Les chiffres de réservations de gîtes et d'appartements sont positifs, tant au nord qu'au sud du pays. "Pour les vacances de Toussaint, le taux de remplissage des gîtes atteint environ 75%", souligne Khevyn Torres, porte-parole de la Fédération des Gîtes de Wallonie.

75
%
Pour les vacances de Toussaint, le taux de remplissage des gîtes atteint environ 75% en Wallonie.

Mais cette situation favorable peut très vite basculer en fonction de l’évolution des règles sanitaires. "Il y a déjà eu des annulations, notamment de groupes trop nombreux au regard de la règle d'un maximum de quatre personnes extérieures à un ménage. Si un reconfinement devait se confirmer vendredi, on risque de voir se multiplier les annulations", ajoute Khevyn Torres.

L'hôtellerie mal lotie

La situation est comparable en Flandre, en particulier au littoral, qui accueille la moitié des locations de vacances de la région flamande. Les réservations y sont supérieures à celles de 2019, le taux d'occupation oscillant entre 70 et 80%. L'hôtellerie, par contre, fait grise mine. A la côte, le taux d'occupation des hôtels durant la semaine de vacances plafonnera à 30%, contre 57% l'an dernier. Le respect de la bulle sanitaire est clairement dissuasif.

L'attrait des maisons de vacances devrait devenir une tendance de fond. Une enquête de Westtoer sur les intentions de voyage des Belges révèle que ceux-ci envisagent de plus en plus des vacances au pays, et de manière durable. "En septembre, 36% des Belges exprimaient le désir de voyager davantage à l'intérieur des frontières", précise Stef Gits, porte-parole de Toerisme Vlaanderen.

"C'est le calme plat. Les réservations ont chuté de 95% par rapport à l'an dernier."
Anne-Sophie Snyers
Secrétaire générale de l’Upav

Cette évolution ne laisse pas d'inquiéter les acteurs qui gravitent autour de l'aérien. A commencer par les agences de voyage, qui se tournent les pouces. "C'est le calme plat. Les réservations ont chuté de 95% par rapport à l'an dernier", affirme Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale de l’Union professionnelle des agences de voyages (Upav). Qui met en cause l'indécision des autorités sur les mesures sanitaires.

Entreprises méfiantes

Mais ce n'est pas le seul élément d'explication. "Dans la lutte contre le Covid-19, les Belges sont les plus mauvais élèves de la classe européenne. Des pays ne nous acceptent plus. Et des entreprises interdisent à leur personnel de partir parce qu'elles ne veulent pas qu'ils soient bloqués sur place ou se retrouvent en quarantaine à leur retour", dit Anne-Sophie Snyers.

Seule consolation, les voyages lointains, vers l'Afrique en particulier, sont moins touchés. Et les annulations sont peu nombreuses.

L'attrait de ce continent moins touché par le Covid se reflète dans la fréquentation des vols de Brussels Airlines. "En novembre, nous avons prévu, pour les vols intra-européens, une capacité équivalant à 16% de la normale. Mais pour les longs-courriers vers l'Afrique, nous en sommes à 36%", précise Maaike Andries, porte-parole de la compagnie.

Pour les vacances d'automne, Brussels Airlines prévoit une demande plus importante sur des destinations comme Nice, Alicante, Faro ou Lisbonne. Mais rien de mirobolant.

Chez TUI, le nombre de réservations est en recul de 50% par rapport à la normale. Les touristes ciblent surtout les îles Canaries - sauf Tenerife, classée rouge - et la Grèce. La crise du Covid-19 a poussé le tour-opérateur à suspendre ses vols hors de la zone Schengen - un tiers de son offre en temps normal. TUI ne propose plus non plus de vacances vers des destinations classées rouge.

Tant à Brussels Airport qu'à Charleroi, la fréquentation par rapport à la normale est d'ailleurs fortement réduite. "Nous atteignons à peine 15% de l'affluence moyenne, et la fréquentation devrait atteindre 20% maximum la semaine prochaine", indique Ihsane Chioua Lekhli, porte-parole de Brussels Airport.

Reste à voir comment les clients s'adapteront à l'évolution de la pandémie. "Nous avons peu d'annulations mais constatons une nette augmentation des demandes en last minute", dit Sarah Saucin, porte-parole de TUI. Les décisions du conseil de vendredi pourraient donc influencer le comportement des vacanciers.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés