Naufrage du Costa Concordia : 6 morts, 14 disparus

Le navire de croisière Costa Concordia. (Photo: AFP)

Selon le procureur en charge de l'enquête, le commandant du Costa Concordia a quitté le navire bien avant que tous les passagers soient évacués. Après les derniers recoupements, il reste encore 14 disparus.

Les équipes de secours italiennes menaient lundi des recherches à l'intérieur du paquebot Costa Concordia à demi immergé, pour tenter de retrouver 14 personnes toujours portées disparues, plus de 48 heures après le chavirage de ce navire de croisière de 290 mètres, tout près de la côte de Toscane.     
L'accident a fait au moins six morts, dont deux touristes français, et plus de 60 blessés selon le dernier bilan connu. Un sixième corps a été retrouvé lundi matin, selon la télévision italienne.    

Le commandant du navire, Francesco Schettino, a été arrêté samedi. Il est accusé d'homocides involontaires multiples et d'abandon du navire avant que la totalité des 4.200 passagers et membres d'équipage aient été évacués.
   
La compagnie Costa Crociere, armateur du navire, a déclaré dimanche que le commandant semblait avoir commis "de graves erreurs de jugement" et avait conduit le paquebot trop près du rivage, où il a heurté un rocher qui a ouvert une large brèche dans la coque.    

Trois personnes - un couple de Sud-Coréens en lune de miel et un membre d'équipage - ont été secourues dimanche, et des plongeurs de la police ont retrouvé les corps de deux personnes âgées, qui portaient encore leurs gilets de sauvetage.   
 
Paolo Tronca, responsable des pompiers, a assuré que les opérations de recherche se poursuivraient "24 heures sur 24, aussi longtemps qu'il le faudra".     
Les enquêteurs analysent l'équivalent des "boîtes noires" qui étaient embarquées dans le navire, pour tenter d'établir la séquence exacte des événements à l'origine de l'accident, survenu vendredi à l'heure du dîner, par une mer calme et un temps clair.     

Le naufrage du Costa Carnival



CAUSES DE L'ACCIDENT   
Le ministre italien de la Défense Giampaolo Di Paola, qui a rang d'amiral, a estimé que l'accident ne semblait pas avoir été causé par des facteurs naturels ou techniques.    

"A mon avis, il y a eu une erreur humaine grave, qui a eu des conséquences dramatiques et tragiques", a-t-il dit à la télévision publique italienne, la RAI.     
Pour les opérateurs du paquebot, Schettino semble ne pas avoir respecté les procédures d'urgence habituelles.   
 
"L'itinéraire suivi par le navire était trop rapproché de la côte, et il semble que les décisions (prises par Schettino) n'ont pas été conformes aux procédures d'urgence en vigueur chez Costa Crociere", a indiqué la compagnie de navigation.    

Le procureur Francesco Verusio a déclaré que le navire s'était approché à seulement 150 mètres du rivage, ce qui est, a-t-il ajouté, "incroyablement proche". Il n'a pas exclu que l'enquête mette en cause d'autres personnes que le commandant "pour cette manoeuvre dangereuse". 
        
Le parquet accuse le commandant de bord, qui travaille pour Costa Crociere depuis 2002 et a été promu à ce grade en 2006, d'avoir quitté le navire avant la fin de l'évacuation. Selon les gardes-côtes, il a refusé de retourner à bord du navire quand cela lui a été demandé.    

Schettino a affirmé à la télévision italienne que le rocher heurté par le navire ne figurait pas sur les cartes marines et n'avait pas été détecté par les systèmes de bord. Selon lui, l'accident s'est produit à 300 mètres du rivage.    

 

L'action Carnival s'effondre

Le croisiériste américain Carnival chutait lundi matin à la Bourse de Londres après le naufrage de son paquebot amiral Costa Concordia, qui s'est échoué vendredi sur la côte italienne en faisant au moins six morts.
Le titre du groupe, coté à Londres et à New York, chutait de 17,48% à 1.855 pence vers 09H05 GMT, signant la plus forte baisse de l'indice FTSE-100, dans un marché londonien en hausse de 0,15%.
Carnival a chiffré lundi entre 85 et 95 millions de dollars l'impact immédiat sur ses comptes du naufrage du Costa Concordia. Cette somme reflète le manque à gagner généré par l'échouement du bateau, a indiqué le groupe dans un communiqué. "De surcroît, la compagnie s'attend à d'autres coûts qu'elle n'est pas en mesure de déterminer à l'heure actuelle", a-t-elle ajouté.
"Le titre va sans doute baisser très fortement en raison de la publicité négative créée par l'accident", a commenté le groupe de services financiers américain Jefferies dans une note.
"Nous pensons toutefois que les effets négatifs devraient se faire sentir sur un relatif court terme et restons convaincus de l'attrait du secteur sur le moyen terme", tempèrent les analystes de Jefferies.
"Il y aura un impact négatif sur les réservations, surtout parce que nous sommes dans une période de réservation importante", observent pour leur part les analystes de Deutsche Bank. Toutefois, "les clients devraient finalement estimer qu'il s'agit d'un accident isolé, compte-tenu du fait que cela ne s'était jamais produit dans l'histoire de Carnival", ajoutent-ils.
Le navire échoué, qui semble difficilement renflouable, était couvert par une assurance spécifique, avec une franchise d'environ 30 millions de dollars. Le groupe était aussi couvert pour les dommages infligés aux tiers, avec une franchise de l'ordre de 10 millions de dollars "pour cet incident".
La seule perte de revenus découlant de la perte du navire devrait réduire le bénéfice par action du groupe de 11 à 12 cents pour l'exercice s'achevant fin novembre. Dans leurs prévisions, établies avant le sinistre, les analystes tablaient sur un bénéfice annuel de 2,70 dollars par action.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés