Neckermann a besoin de 5 millions d'euros de capitaux frais

Avec la crise sanitaire, Neckermann Belgique réalise à peine 5% de ses ventes de l’an dernier, selon son directeur général, Laurent Allardin. ©Saskia Vanderstichele

Les revenus du voyagiste belge ont fondu de plus de 90% à la suite de la crise du Covid-19. Neckermann en appelle à un soutien régional ou fédéral de 5 millions.

Repris il y a un an par le groupe espagnol Wamos après la faillite de Thomas Cook, Neckermann avait retrouvé quelques couleurs, réalisant en début d'année des ventes records. C'était avant que n'éclate la crise du Covid-19.

Depuis lors, le monde du voyage déchante. Après une éclaircie en juin et début juillet, liée à la réouverture des frontières qui a suivi le confinement, les ventes ont à nouveau plongé.

À une mauvaise communication sur les codes de couleur s’ajoute une offre limitée. "Pour l’hiver, c’est déjà fichu. L'Égypte, les Caraïbes, la Tunisie sont fermées, alors que des départs depuis la France restent possibles", souligne Laurent Allardin, directeur général de Neckermann Belgique.

Le voyagiste réalise actuellement 5% à peine de ses ventes de l’an dernier. "Nous gardons nos boutiques ouvertes pour donner des conseils aux clients et anticiper un redémarrage des activités", précise Laurent Allardin. Cette relance devrait selon lui se dessiner à partir de l’été 2021, avant un retour à la normale en 2023.

"Nous gardons nos boutiques ouvertes pour donner des conseils aux clients et anticiper un redémarrage."
Laurent Allardin
CEO de Neckermann Belgique

En attendant, une partie du personnel (environ 200 personnes au total) a été mise en chômage économique. Des 62 magasins sauvés l’an dernier, trois ont été fermés définitivement (deux en Flandre, un à Bruxelles) et un a été ouvert – avant le Covid – dans le nord de la France. Six des 59 magasins restants (dont 17 en Wallonie) ont été fermés temporairement, et 40 autres ne restent ouverts que 3 jours par semaine.

Trésorerie à sec

L'effondrement de la demande a mis la trésorerie à sec. Neckermann a obtenu une première aide des Régions wallonne et flamande sous forme d’un prêt de 2,6 millions d’euros garanti par la SRIW et par la PMV. Un ballon d'oxygène qui s'avère insuffisant.

2,6
millions €
Neckermann a obtenu une première aide des régions sous forme d’un prêt de 2,6 millions d’euros qui s'avère insuffisant.

Neckermann lance donc un nouvel appel au secours. "Il nous faut 5 millions d’euros pour les 5 prochaines années", explique son CEO. À cela s'ajouteront des mesures d'économie, essentiellement des renégociations de contrats, mais on ne toucherait pas aux effectifs.

Pour obtenir ces 5 millions, le voyagiste agit sur deux leviers: une injection de capital ou un crédit des régions ou une intervention du fédéral via la SFPI. Des discussions sont en cours. "Nous attendons les réponses d’ici 15 jours", dit Laurent Allardin.

Reste à voir si le gouvernement fédéral jugera le secteur du tourisme stratégique pour l’économie du pays. "Dès lors que l’on injecte des fonds pour sauver Brussels Airlines, il me paraît cohérent de soutenir les agences de voyage, gros pourvoyeurs de clientèle pour les compagnies", fait remarquer le CEO de Neckermann.

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