Non, Airbnb ce n'est pas (ou plus) que du low cost

©AFP

La plate-forme de location espère attirer de nouveaux clients, et notamment la clientèle business, en proposant deux nouvelles offres haut-de-gamme.

Airbnb veut casser son image d’alternative bon marché aux hôtels. “Certaines personnes pensent encore que notre plate-forme n’est pas faite pour elles”, regrette Brian Chesky, son fondateur et directeur général. Dix ans après son lancement, le service américain de location de courte durée a ainsi dévoilé deux nouvelles offres haut-de-gamme, devant notamment lui permettre de conquérir la clientèle d’affaires.

La première, baptisée Airbnb Plus, est d’ores et déjà disponible dans 13 villes, comme Barcelone, Rome ou Los Angeles. Elle propose pour le moment 2.000 logements triés sur le volet. Pour y figurer, ces derniers doivent respecter une centaine de critères. Des salariés de l’entreprise vérifient la propreté des lieux, la qualité de la literie, l’équipement de la cuisine ou encore la vitesse du wifi. Ces annonces incluent aussi de nombreux clichés pris par des photographes professionnels, ainsi qu'une liste détaillée des équipements et des services proposés.

Depuis son lancement en août 2008, la société a enregistré une croissance vertigineuse, au point de faire trembler l’industrie hôtelière. En dix ans, elle a hébergé plus de 300 millions de voyageurs. Elle propose 4,5 millions de logements dans 81.000 villes.  Selon le Wall Street Journal, son chiffre d'affaires s'est élevé à 2,6 milliards de dollars en 2017, pour une perte nette de 75 millions. Mais elle a été rentable, pour la première fois, sur le plan opérationnel. Ses dirigeants visent un objectif ambitieux: un milliard de voyageurs par an d’ici 2028.

Jusqu’à présent, la plate-forme ne procédait à aucune vérification. Elle reposait exclusivement sur un système de notation des hébergeurs par les voyageurs, qui pouvait parfois réserver de mauvaises surprises. Avec Airbnb Plus, les utilisateurs pourront désormais s’assurer de la qualité et du confort de leur location. Mais ils devront, en moyenne, dépenser deux fois plus. La société espère atteindre le cap des 75.000 logements d’ici à la fin de l’année en étendant ce service à une cinquantaine de villes.

La deuxième offre s’appelle “Beyond by Airbnb”. Lancée au printemps, elle proposera des “logements d’exception”, des “expériences sur mesure” ou encore un service de conciergerie disponible à tout moment lors de la location. Elle s’appuiera sur la plate-forme canadienne Luxury Retreats, rachetée l’an passé pour 300 millions de dollars. 4.000 locations y sont disponibles, à des prix atteignant parfois les 6.000 dollars par nuit.

Airbnb espère aussi accroître son activité avec plusieurs changements pour améliorer la recherche. “Nous avons un logement parfait pour tout le monde mais il est encore trop difficile de le trouver”, reconnaît son patron. Le site va créer quatre nouvelles catégories de logements, ajouter de nombreux critères de recherche et lancer des “collections", qui recenseront les logements par type de voyage (famille, professionnel, noces…).

Pas d'IPO cette année

Ces annonces interviennent trois semaines après la démission de Laurence Tosi, le directeur financier de l’entreprise qui souhaitait rapidement mener une introduction en Bourse. Celle-ci n’interviendra pas cette année, a assuré la société, alors que les rumeurs grandissaient ces derniers mois. “Cela n’a jamais fait partie de nos plans”, souligne Belinda Johnson, la nouvelle directrice opérationnelle.

“Nous ambitionnons toujours de prendre en charge l’ensemble du voyage”
Belinda Johnson

Au lieu de penser à Wall Street, Airbnb voit “à très long terme”, poursuit la responsable. Le groupe courtise désormais les boutiques-hôtels et les chambres d’hôtes, les attirant avec des commissions comprises entre 3% et 5%, contre 17% en moyenne pour Expedia et Booking. Il investit aussi pour prendre pied sur le gigantesque marché chinois. Et il souhaite aller au-delà de la simple location de courte durée. “Nous ambitionnons toujours de prendre en charge l’ensemble du voyage”, explique Belinda Johnson. Mais certains des services promis fin 2016 (achat du billet d’avions, location de voitures...) tardent encore à se concrétiser.  

 


Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content