Pourquoi Club Med bondit en Bourse

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Un actionnaire du groupe, Andrea Bonomi, a déposé une contre-offre de rachat, qui propose une prime de 22% par rapport à l'OPA lancée par le Français Ardian et le conglomérat chinois Fosun.

L'homme d'affaires italien Andrea Bonomi a dévoilé lundi une contre-OPA sur le gestionnaire de villages de vacances Club Méditerranée, proposant 21,00 euros par action et 22,41 euros par obligation convertible de sa cible.

Cette offre, formellement déposée par la société Global Resorts SAS, qui appartient au groupe Investindustrial de M. Bonomi, valorise le groupe à 790 millions d'euros, ce qui est 22% plus élevé que celle du tandem Ardian-Fosun.

Le titre a été suspendu lundi après-midi à la Bourse de Paris, à la demande de la société et dans l'attente d'un communiqué. Le titre progressait alors de 2,74% à 19,51 euros. Il  a bondi ce mardi à sa reprise de cotation, s'alignant sur le prix de Bonomi à 21,30 EUR,  la valeur prenant ainsi près de 10%.

Dans leur offre lancée il y a un an, soutenue par la direction de Club Med, le français Ardian et le conglomérat chinois Fosun proposent 17,50 euros par action. Une offre jugée insuffisante par de nombreux actionnaires, y compris Bonomi récemment entré au capital via sa société Strategic Holdings, qui détient plus de 10% du groupe de villages vacances.

 

Andrea Bonomi veut notamment "mettre l'accent sur la France, ils estiment important que la France ait de beaux clubs. C'est une question de crédibilité", selon une source citée par l'AFP.

L'Autorité française des marchés financiers (AMF) avait accordé au clan Bonomi jusqu'au 30 juin à 18H00 (heure de Paris) pour déposer ou non une contre-OPA sur Club Med, mastodonte du tourisme français, y voyant l'intérêt des actionnaires à ce qu'une nouvelle offre valorise mieux le groupe que celle en cours.

Dans le même temps, l'AMF avait reporté sine die la clôture de l'OPA d'Ardian et Fosun, réunis dans la structure Gaillon Invest. Le temps d'y voir plus clair dans les intentions des Italiens.

Le Club Méditerranée, dirigé par Henri Giscard d'Estaing, se repositionne depuis une décennie en menant une double stratégie de montée en gamme et d'internationalisation. Notamment en Chine, où il s'appuie sur Fosun et vient d'ouvrir partiellement le 20 juin un troisième village.

Il a franchi l'an dernier le cap des 100.000 clients chinois et n'a cessé de mettre en avant l'intérêt stratégique de la présence de Fosun dans son capital.

Les résultats financiers du groupe sont discutables, les bénéfices et les dividendes se faisant attendre, mais la marque est considérée comme l'une des plus prestigieuses dans le tourisme mondial.

 

Opération hostile

Depuis le début, le gouvernement français est attentif à ce dossier. Ce qui lui importe, c'est d'aboutir "à un projet pérenne, créateur d'emplois et assurant le rayonnement international du tourisme à la française pour ce groupe qui est un fleuron du secteur", a expliqué à l'AFP une source gouvernementale.

Aux yeux de M. Bonomi, l'offre de Fosun et Ardian lancée il y a un an est sous-évaluée et ne reflète pas le potentiel du groupe.

Avec sa société Strategic Holdings qui a racheté des actions Club Med en masse entre mars et mai, l'homme d'affaires italien est devenu en quelques semaines le premier actionnaire du Club Med, doublant Fosun et Ardian qui détiennent respectivement 9,5% et 8,9%.

Comment réagiront ces derniers à cette OPA hostile? Ils ont jusqu'à présent refusé de relever leur offre. C'est surtout Ardian qui traîne la jambe, selon les informations de l'AFP.

Mais l'OPA hostile d'un concurrent change la donne.

Les deux partenaires ont espéré que les Italiens finiraient par renoncer. Ils ont aussi, un temps, envisagé l'idée d'une alliance avec Andrea Bonomi, mais l'idée est vite apparue vaine, a appris l'AFP.

Le patron de Fosun a par ailleurs signifié clairement dans une interview aux Echos qu'il n'était "pas question" de changer de partenaire.

Côté salariés, les chefs de village du Club Med ont apporté leur soutien à "toutes les initiatives qui pourraient être prises par le management" du groupe, allié au projet Ardian-Fosun, dans un courrier daté de vendredi.

De leur côté, les Italiens ne se sont pas rapprochés du conseil d'administration du Club Med, même s'"ils ont pris contact", a indiqué une autre source à l'AFP.

M. Bonomi s'est entouré d'une batterie de conseils (finances, stratégie, immobilier, management...) pour peaufiner son offre. Après l'annonce, la balle sera dans le camp de l'AMF.

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