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Quand la grande distribution organise vos vacances

Le grande distribution française investit de plus en plus dans la proposition de services touristiques. ©AFP

Les enseignes de la grande distribution misent de plus en plus sur le développement de services touristiques. Une arrivée sur le marché du tourisme qui risque de mettre les prix sous pression. Toutefois, en Belgique, la question n'est pas encore d'actualité.

Séjours, tour du monde, circuits, croisières,... la grande distribution débarque dans le secteur du tourisme. L'offre touristique des grandes surfaces se veut de plus en plus exigeante afin de proposer une offre diversifiée. "Notre spectre de propositions est extrêmement large. C'était notre stratégie quand on a commencé il y a 30 ans: offrir des gammes les plus larges possible correspondant aux besoins de tous nos clients, avec la volonté de démocratiser le tourisme", explique Bernard Boisson, directeur général de Leclerc Voyages. Une stratégie payante outre-Quiévrain avec chaque année plus d'un million de Français qui se tournent vers les agences de voyage de la grande distribution.

Des tarifs compétitifs

La volonté affichée par la grande distribution est de démocratiser l'accès au tourisme. Avec ses 187 agences en France, Leclerc Voyages fait office de pionnier dans le secteur. Ce réseau propose une sélection d'offres des tour-opérateurs (Club Med, Pierre et Vacances, Jet Tours) ainsi qu'une gamme estampillée Leclerc Voyages. La force de l'enseigne réside dans ses offres financièrement avantageuses. "Quand vous réservez un produit de tour-opérateur classique, c'est le prix normal. Mais pour les offres promotionnelles ou les ventes flash, le prix peut être de 30% à 50% inférieur", indique Bernard Boisson. Des tarifs bon marché qui expliquent le plébiscite des consommateurs.

728.000
Clients
La grande distribution est le nouvel acteur du secteur touristique. A titre d'exemple, les agences de voyage Leclerc avec leurs 728.000 clients en 2017 et Carrefour avec 450.000 clients par an sont les enseignes les plus dynamiques.

L'importance des 'bases clients' et la force de frappe commerciale des grandes surfaces leur permettent de négocier des prix avantageux auprès des tour-opérateurs. "Notre tour du monde à partir de 6.485 euros, on va en vendre 300 ou 400, ce qui est déjà énorme. Mais pour notre opération mobil-home à 149 euros la semaine, on va vendre entre 12.000 et 13.000 semaines de location", précise Bernard Boisson. Mais avec des prix si proches du plancher, la qualité est-elle au rendez-vous? Chez Lidl, Mélanie Lemarchand, responsable Voyages de l'enseigne, nous promet que oui.

Les agences traditionnelles ne peuvent pas suivre

Un des atouts de la réussite réside dans la diffusion des offres promotionnelles aux clients. Ainsi, Leclerc envoie 1,2 million de e-mails chaque mardi à ses clients. Lidl mise de son côté sur l'impression hebdomadaire de 12 millions d'exemplaires de son prospectus de voyages. Une force de frappe que les agences de voyage traditionnelles auront du mal à concurrencer. 

Une filière encore inexploitée en Belgique

Si le phénomène s'est considérablement bien développé chez nos voisins français, les enseignes bleu-blanc-rouge n'ont pourtant pas implanté d'agences de voyage en Belgique. Selon Comeos, la fédération sectorielle belge, les magasins Delhaize et Colruyt n'ont pas encore investi ce créneau.

La grande distribution s'impose peu à peu comme un nouvel acteur du secteur touristique. Les agences de voyage Leclerc avec leurs 728.000 clients en 2017 et Carrefour avec 450.000 clients par an sont les enseignes les plus dynamiques. Jean-Pierre Mas, président du syndicat professionnel 'Entreprises du Voyage' souligne que les séjours vendus dans les grandes enseignes "représentent de l'ordre de 20% de la distribution" totale de voyages en France.

L'offre Voyage séduit même au-delà de la clientèle habituelle des hypermarchés. "Grâce à notre offre, un quart de notre clientèle n’est pas cliente des centres Leclerc", souligne Bernard Boisson. Et le 'créneau voyage' s'avère des plus rentables. Il constitue en effet "un excellent média de communication pour l'image des enseignes" même si "la profitabilité au mètre carré est moindre que l'alimentaire et le bricolage", précise Jean-Pierre Mas.

Une recette pas toujours magique

D'autres groupes français se sont lancés dans l'opération avec moins de succès. Casino, Cora, Intermarché ou encore Tati ont en effet dû abandonner leurs projets, faute de résultats suffisants.

Lidl est la dernière enseigne à avoir développé son activité Voyage. Aucune agence physique pour l'enseigne mais la création d'un site internet exclusivement dédié aux offres touristiques. Un pari réussi car après six mois d'activité, l'agence de voyage Lidl "comptabilise 12.000 clients, c'est bien au-delà de nos espérances", commente Michel Biero, gérant des achats pour Lidl France.

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