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Neckermann risque la faillite, mais "la plupart" de ses voyages restent garantis

Le voyagiste Neckermann pourrait déclarer la faillite ©BELGAONTHESPOT

Test-Achats demandait de rapidement utiliser les bons d'achat des voyageurs Neckermann. Sunweb rassure. Elle opère la "plupart" de ces voyages qui restent garantis.

L'organisation de consommateurs Test Achats appelait ce mercredi matin les personnes possédant un bon d'échange auprès du tour-opérateur Neckermann à le transformer en réservation. Si aucun moyen financier n'est trouvé pour poursuivre les activités du voyagiste le 22 février, date à laquelle sa situation doit être évaluée, la société pourrait être déclarée en faillite, indique Test Achats.

"La direction a désigné le 22 février comme date butoir. De l'argent doit arriver d'ici là, sinon la faillite sera une réelle possibilité", s'inquiétait la syndicaliste Els De Coster (ACLVB) il y a quelques jours.

Contacté, Laurent Allardin, le CEO de Neckermann conteste cette date qui pour lui n'a jamais été une date butoir. "Nous sommes dans une phase où notre actionnaire principal n’a pas reçu d’aide d’état. De notre côté, une aide d'État nous a été refusé car nous avons été jugés comme non stratégiques", détaille le CEO.

"Nous sommes à la recherche de solutions, comme des capitaux en provenance d'Espagne ou d'un nouvel investisseur."
Laurent Allardin
CEO de Neckermann

Les voyageurs qui ont réservé ou qui sont en possession d'un "voucher corona" émis entre le 20 mars et le 19 juin 2020 seront bien couverts en cas de faillite, et donc en principe remboursés par l'assureur du voyagiste, la société Amlin. "Mais les personnes dont les bons ont été émis en dehors de ces dates ne sont pas couvertes et risquent donc de perdre leur argent", prévient Test Achats. "Pour éviter ce scénario, nous appelons tous les voyageurs concernés à convertir leurs bons en réservations d'ici le 22 février."

Bouée de sauvetage

Cependant, une bouée de sauvetage est arrivée en cours de journée pour les clients qui auraient réservé leurs vacances chez Neckermann. En effet, "la plupart" des voyages achetés dans les boutiques sont en fait des voyages Sunweb.

"La plupart des réservations ont lieu sur la plate-forme Sunweb et sont couvertes à 100% par nos conditions et garanties."
Sunweb

"Ces réservations ne sont pas effectuées selon le concept standard de vente chez Neckermann, mais ont lieu entièrement sur la plate-forme Sunweb. Les paiements vont directement au groupe Sunweb et les réservations sont couvertes à 100% par les conditions et garanties de Sunweb. La seule exception à cette règle concerne les services supplémentaires qu'un client peut avoir achetés auprès de l'agence de voyage elle-même, comme par exemple les transferts d'aéroport", détaille ainsi Sunweb.

Le deal est d'ailleurs exclusif. Sunweb n'a pas d'accord de ce type dans d'autres pays européens et a insisté au moment de conclure cet accord pour que tout son système reste indépendant. Les agences Neckermann se rémunèrent avec un code à intégrer au moment de la réservation. "Dans la partie Francophone du pays, certains mois, Neckermann représente plus de 20% de nos ventes. Une faillite ne serait pas une bonne nouvelle", avoue néanmoins Tim Van Den Bergh, directeur commercial de Sunweb.

Environ 80% des voyages réservés chez Neckermann seraient ainsi garantis. Il convient donc pour les voyageurs de bien vérifier si le voyage qu'ils ont réservé chez Neckermann est un voyage Sunweb sur leur réservation, insiste Julie Frère porte-parole de Test Achats. Si c'est le cas, il est donc garanti par une assurance Sunweb, un acteur qui se dit d'ailleurs en bien meilleure santé que Neckerman. "Si nous devions tomber en faillite, nous serions le dernier! Nos finances sont saines et n’oubliez pas que nous appartenons depuis février 2019 à Triton Fund V", détaillait ainsi Tim Van Den Bergh dans nos colonnes en août.

Il confirme aujourd'hui que c'est toujours vrai et que sa société en encore en pleine préparation pour le futur et investit massivement sur ses plateformes.

Une aide de l'actionnaire espagnol se fait attendre

À la fin de l'année dernière, le tribunal de l'entreprise du Brabant wallon a approuvé un rééchelonnement de la dette de Neckermann. Dans ce cadre, le voyagiste devait bénéficier d'une augmentation de capital de 3,5 millions d'euros de la part de son actionnaire espagnol Wamos Group.

Laurent Allardin souligne qu'il n'était pas prévu que l'argent soit transmis en une tranche, mais admet qu'un montant d'un million d'euros attendu début février n'est pas encore disponible. En Espagne, l'actionnaire attendrait une aide de l'État espagnol. "Nous sommes à la recherche de solutions", ajoute le CEO, comme des capitaux en provenance d'Espagne ou d'un nouvel investisseur. Il n'est pour le moment pas question d'un soutien gouvernemental en Belgique, poursuit-il.

Les magasins Neckermann sont toujours fermés et l'entreprise ne génère donc aucun chiffre d'affaires. Et même si le personnel est au chômage temporaire, certains coûts demeurent comme les loyers et le plan de remboursement convenu dans le rééchelonnement de la dette.

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