100 millions d'euros d’investissements débloqués pour la SNCB et Infrabel

La SNCB et Infrabel ont dû drastiquement couper dans les dépenses depuis des années déjà. ©Photo News

Le Conseil des ministres a débloqué une première enveloppe de 100 millions d'euros pour la SNCB et Infrabel. De quoi leur permettre "de planifier les prochains travaux", se réjouit le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet.

Le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) a indiqué à qui veut l’entendre qu’il a des ambitions pour le rail belge. Lui-même navetteur, il veut, par exemple, deux trains par heure minimum dans chaque gare et sur chaque ligne. Or nombreuses sont les petites gares où il ne passe actuellement qu'à peine un train par heure...

"Cette décision permettra aux conseils d'administration d'Infrabel et de la SNCB de planifier les prochains travaux."
Georges Gilkinet
Ministre de la Mobilité

Dans l'accord de gouvernement, il est aussi prévu de doubler les volumes de marchandises sur le rail. On y parle également de diminuer le nombre de tués sur nos routes et l'empreinte écologique des déplacements grâce à une utilisation plus poussée du transport ferroviaire. C’était une évidence: il allait falloir débloquer de gros budgets pour financer le rail belge.

Une première enveloppe

Ce vendredi, la dynamique est donc lancée. En plus de l’aide d’urgence accordée pour compenser les pertes liées à la crise du coronavirus (264 millions d'euros pour la SNCB et 46,9 millions d'euros pour Infrabel), il a été décidé en conseil des ministres de débloquer une première enveloppe de 100 millions d'euros pour le début 2021. Sur les 200 millions d'investissement annoncés par le conseil des ministres ce vendredi, 100 millions iront donc dans le rail.

"Il était essentiel de pouvoir donner une première visibilité à la SNCB et à Infrabel. Cette décision permettra aux conseils d'administration d'Infrabel et de la SNCB de planifier les prochains travaux", a détaillé Georges Gilkinet en conférence de presse ce vendredi.

"Des trains plus rapides et ponctuels sont plus intéressants pour les navetteurs et les marchandises qui vont augmenter les recettes propres de la SNCB et d'Infrabel, ce qui leur permettra de s'autofinancer davantage."
Georges Gilkinet

Des coupes budgétaires qui ont fait mal

La SNCB et, tout particulièrement, Infrabel ont dû drastiquement couper dans les dépenses depuis des années déjà. La période est désormais plus propice à de nouveaux investissements, l'orthodoxie budgétaire étant moins à l'ordre du jour avec la crise du coronavirus.

Cela tombe bien, car après des années de coupes dans les budgets, le réseau ferroviaire belge souffre de "beaucoup de faiblesses", a souligné le ministre. Sur plusieurs lignes sur lesquelles les composants sont très usés, il est désormais nécessaire de mettre en œuvre des réductions de vitesse temporaires et certaines lignes risquent même la fermeture pure et simple. "C'est un vrai problème pour le fret", a indiqué le ministre.

"Il est clair que des trains plus rapides et ponctuels sont plus intéressants pour les navetteurs et les marchandises qui vont augmenter les recettes propres de la SNCB et d'Infrabel, ce qui leur permettra de s'autofinancer davantage", a enchaîné le ministre.

-55%
d'émissions de co2
La Belgique veut réduire ses émissions de CO2 de 55% pour 2040 et compte notamment sur le rail pour y arriver...

En plus de la sécurisation et de la modernisation du réseau, les investissements doivent aussi servir à l'accessibilité des trains pour les personnes à mobilité réduite, en priorité dans les gares avec beaucoup de passagers. Un focus sera également mis sur les parkings voitures et vélos. Le ministre évoque aussi le fret en donnant l'accès au port d'Anvers ou aux carrières Carmeuse en exemple.

Vue sur les fonds européens

Ces 100 premiers millions d'euros ne sont cependant qu'une goutte d'eau face aux besoins colossaux du rail belge. Georges Gilkinet le reconnaît et parle "d'une première étape d’un plan pluriannuel". Le ministre compte, en fait, beaucoup sur les budgets européens. La Belgique (Fédéral et Régions) a donc remis des dossiers dans le cadre du plan de relance "Next Generation EU" approuvé en juillet 2020 par la Commission européenne.

L'objectif de ce plan à 750 milliards d'euros (2% du PIB européen) est d'assurer la relance de l'Union européenne tout en promouvant l'économie verte et numérique. Pour rappel, la Belgique veut réduire ses émissions de CO2 de 55% pour 2040 et compte notamment sur le rail pour y arriver...

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