55 stations pour convaincre les Wallons de rouler au gaz

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Quatre ans après la première pompe au gaz naturel, 25 stations au CNG sont actives en Wallonie. 30 autres stations sont en projet. En 2018, la Wallonie était en retard sur la Flandre pour cette technologie. Mais les acteurs du secteur et les pouvoirs publics se mobilisent. Rouler au gaz est pour eux une solution économique et écologique.

Il y a 4 ans, presque jour pour jour, la première station pour véhicules au gaz naturel compressé (CNG) ouvrait en Wallonie. Aujourd’hui, il en existe 25 en Wallonie contre 70 en Flandre.

Côté ventes par contre, les chiffres restent modestes pour les véhicules au gaz, surtout en Wallonie. En Belgique, 4.000 voitures au gaz naturel ont été immatriculées en 2018, soit 0,73% du marché. Si on compte les camionnettes et les camions, ce chiffre atteint les 5.000 unités pour un parc roulant de 15.000 véhicules.

À court terme, le gaz est une alternative écologique et abordable et il ne change pratiquement pas les habitudes des clients.
Jean-Marc Ponteville
Porte-parole de Volkswagen

Sur les quatre premiers mois de l’année, 1.042 véhicules au CNG ont été immatriculés en Belgique, dont à peine 154 en Wallonie. Des chiffres qui sont à prendre avec des pincettes. Les nouvelles normes ont créé des goulots d’étranglement pour les véhicules, notamment du groupe Volkswagen, premier vendeur de véhicules au gaz du pays. Si bien que plusieurs véhicules au CNG ont pris un peu de retard pour passer par la case des nouvelles homologations. Une bonne partie de la gamme du groupe Volkswagen est déclinée au gaz naturel. "Nous nous adaptons aux demandes des marchés. On a décidé de promouvoir le gaz naturel dans des pays où cela fait sens comme la Belgique", explique Jean-Marc Ponteville, porte-parole de Volkswagen.

2,36 €
Tout compris, une Seat Arona au gaz naturel compressé coûte 2,36 euros de moins aux 100 km que son équivalent essence.

Plus vite

Les différents acteurs du secteur veulent aujourd’hui aller plus vite en Wallonie. Enora, DATS 24, Total (via sa filiale PitPoint) et gas.be se réunissent ce mercredi avec le ministre wallon de l’Énergie Jean-Luc Crucke. Ils veulent convaincre les Wallons que le gaz naturel est synonyme de véhicules plus propres, mais abordables. En plus des 25 stations déjà présentes en Wallonie, 30 autres stations sont en projet. "En 2018, le gouvernement wallon a approuvé le Plan Air-Climat Énergie qui fixe des objectifs ambitieux en matière de CNG et LNG (gaz naturel liquéfié, NDLR) pour 2030, à savoir 220 stations équipées au CNG et 25 stations équipées au LNG. Afin d’atteindre ces objectifs, deux appels à projets ont déjà été lancés en 2018 et 2019 pour un total de plus de 17 millions d’euros", détaille Jean-Luc Crucke.

"Au niveau européen, le CNG enregistre une forte progression (3.500 stations opérationnelles) avec d’ambitieux projets d’expansion, notamment en France (+250), Espagne (+300), Allemagne (+1.000) et en Italie (+300)", ajoute pour sa part Didier Hendrickx, Public Affairs Manager de gas.be.

"Gaz vert"

Les différents acteurs du secteur rappellent qu’en matière de particules fines, le véhicule au gaz naturel est 80% plus efficace que l’essence. Il émet également moins de CO2 que l’essence et est comparable au diesel. Chez PitPoint, filiale de Total, on veut même aller plus loin que le gaz naturel. L’idée est que dans le futur, ces véhicules puissent rouler au "gaz vert". "Il s’agit de production de biogaz qui provient du méthane. Il peut être utilisé dans les applications classiques, voire réintroduit dans le réseau", explique Pascal Hillewaert, multi-énergie manager chez PitPoint. Il rejette certes du CO2 quand il est utilisé, mais "puisque ce gaz vert est issu de végétaux ou de résidus organiques qui recaptent le CO2 dans l’air, son bilan CO2 est neutre", ajoute Hillewaert.

L’argument économique n’est jamais loin non plus. Fiat, Volkswagen, Audi, Seat, Skoda, Ssangyong et Toyota proposent des modèles aux CNG. À chaque fois, le modèle économique de ce type de véhicule est mis en avant. "Il n’y a pas d’accises sur le CNG", dit Jean-Marc Ponteville.

Seat propose par exemple l’Arona en version CNG. C’est le seul SUV compact du marché proposé au gaz. Sur 120.000 kilomètres, la version CNG revient à 28.402 euros tout compris (taxes, carburant et achat), soit 2.831 euros de moins que son équivalent essence et 6.306 euros de moins que son équivalent diesel. Il coûte aussi près de 18.000 euros de moins qu’une Kia Niro, hybride rechargeable, ou 22.000 euros de moins qu’une Hyundai électrique.

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