Deux semaines pour remplacer Luc Lallemand chez Infrabel

Luc Lallemand sera parti dans deux semaines...

Le nouveau patron d'Infrabel devra être francophone et vraisemblablement MR. Les noms circulent, mais le chrono est serré alors que dans deux semaines, Luc Lallemand est parti.

Luc Lallemand ne sera officiellement plus patron d'Infrabel à la fin du mois et rien ne dit qu'on lui trouvera déjà un remplaçant d'ici là. Alors que le bureau de chasseur de têtes vient d'être officiellement dévoilé du côté du cabinet du ministre François Bellot, le calendrier sera serré. 

C'est le cabinet Odgers Berndston qui a été choisi. Ce dernier doit proposer dans les prochaines semaines une liste de plusieurs candidats potentiels. Evidemment, alors que le train reprend une place de choix dans la société actuelle, le poste est stratégique, il faudra un candidat avec les épaules pour le job.

"Nous ferons un maximum pour que le remplacement soit effectif dans les meilleurs délais."
Mélisa Blot
porte-parole de François Bellot

 Selon les règles, la loi impose un rôle linguistique différent que celui de la CEO de la SNCB (Sophie Dutordoir, rôle linguistique néerlandophone) que chez Infrabel. Cela devra donc être un francophone surtout qu'il faut aussi que le comité de direction d'Infrabel soit composé à parité de francophones et de néerlandophones. Un CEO peut être asexué linguistiquement ou non selon les besoins. Le comité est actuellement composé de Jochen Bultinck, Ann Billiau, Luc Lallemand et Christine Vanderveeren. 

Le poste devrait aussi revenir à un candidat étiqueté du Mouvement Réformateur (MR), c’est ce qu’on entend à plusieurs sources. Sauf si évidemment des tractations politiques pour d'autres postes ont lieu.

Des noms circulent

Dans les couloirs des entreprises du rail plusieurs noms "MR" circulent. On cite souvent Olivier Henin, l’ancien "chef cab" de Didier Reynders. Il connaît le rail: il dirige les finances de la SNCB. 

L'autre candidat qui semble tout indiqué est Laurent Vrijdaghs. Il est également passé au cabinet Reynders en son temps. À la tête de la Régie des Bâtiment depuis 2008, l'homme est l'un des plus anciens administrateurs d'Infrabel. Il nous revient qu'il connaît donc très bien la maison et ses activités.

Un troisième nom qui circule est celui de Michaël Vanloubbeeck, l'ancien chef de cabinet de François Bellot qui est actuellement directeur financier et administratif à la Société Fédérale de Participations et d'Investissement (SFPI). Cet ingénieur commercial (HEC) a été à la tête des relations publiques à la SNCB.

"Tous les noms que vous entendrez sont farfelus. La procédure n'en est qu'à ses débuts."

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive. Il reste aussi à savoir lequel de ses noms a actuellement les bons soutiens au sein du mouvement réformateur, qui lui aussi a connu de nombreux changements de responsables. Les soutiens d'hier ne sont peut-être plus les bons aujourd'hui.

"Tous les noms que vous entendrez sont farfelus", nous dit-on néanmoins. "La procédure n'en est qu'à ses débuts". Cette source laisse entendre que les candidats potentiels n'ont même pas encore pu se manifester. Il n'empêche, alors que le départ de Luc Lallemand est connu depuis début janvier, on ne peut penser que rien n'a été fait pour le remplacer depuis, mise à part la nomination d'un bureau de chasseur de têtes. 

Surtout que la date fatidique approche à grands pas. Au 1er mars, Luc Lallemand sera patron de SNCF Réseau."Son pot de départ est déjà prévu le 21 février", nous dit-on. Sera-t-il remplacé à temps? "Nous ferons un maximum pour que le remplacement soit effectif dans les meilleurs délais", répond le cabinet du ministre de la Mobilité, François Bellot. Le bureau de chasseur de têtes doit "proposer dans les prochaines semaines une liste de plusieurs candidats potentiels". A l'issue de la procédure de sélection, la désignation du successeur sera délibérée en comité ministériel restreint.

Ad Interim? 

Dans le cas contraire, un CEO Ad Interim devra être nommé. "Cela peut être fait en un jour ou deux", nous précise une source. Dans ce cas précis, il devra encore s'agir d'un francophone et une candidature interne sera vraisemblablement choisie. S'il s'agit d'un des quatre directeurs actuels, il faudra alors nommer un directeur francophone ad interim pour respecter la parité au comité.

Cette piste a le mérite d'assurer une continuité à l'entreprise, mais un interim aura du mal à asseoir sa légitimité dans une société où les luttes de pouvoir sont très présentes. "Le nouveau patron doit être un meneur d'hommes", insiste une source du secteur. "Le plus dur dans cette position est de devoir constamment faire des arbitrages. La longévité de Luc Lallemand est à ce titre exemplaire", nous glisse-t-on chez Infrabel.

Infrabel, c'est en effet une société complexe de 10.500 personnes. Quand quelque chose n'y fonctionne pas comme il se doit, cela risque de bloquer une bonne partie de la Belgique. La trouvaille de la perle rare s'opère dans un cadre où les salaires des CEO ont été revus à la baisse à 290.000 euros maximum par an avec une partie de ce salaire qui sera variable.

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