Jean-Pierre Hansen pilotera la relance du projet RER sans être rémunéré

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L’ancien patron d’Electrabel est nommé président du comité de pilotage du RER. Il devra relancer la construction de l’infrastructure censée améliorer la mobilité autour de Bruxelles.

"Il nous fallait un spécialiste qui puisse animer, impulser, communiquer, négocier, ouvrir des portes. (Jean-Pierre Hansen) n'est pas dans la polémique stérile des politiques."
François Bellot (MR)
Ministre fédéral de la Mobilité

Après avoir décroché une enveloppe supplémentaire d’un milliard (1,05 milliard) pour finaliser la construction des infrastructures RER autour de Bruxelles, le ministre de la Mobilité François Bellot (MR) a présenté mardi le nouveau "Monsieur RER". Jean-Pierre Hansen (69 ans), ancien patron d’Electrabel, présidera le comité de pilotage du RER. "Il a une grande expérience dans la gestion de structures complexes. Il nous fallait quelqu’un qui puisse coordonner, animer, impulser, communiquer, négocier et ouvrir des portes. Jean-Pierre Hansen n’est pas dans la polémique stérile des politiques", s’est réjoui le ministre Bellot.

La mission du nouveau "Monsieur RER" ne sera pas une sinécure.

1. Dossier complexe

"C’est un dossier complexe pour diverses raisons. Il implique plusieurs niveaux de pouvoirs (Fédéral, Régions, communes, etc.) et différentes sociétés de transport (SNCB, Stib, De Lijn, Tec). C’est aussi un projet de territoire avec des délais liés aux permis."
Jean-Pierre Hansen

De l’aveu du principal intéressé, il s’agit d’une mission difficile. "C’est un dossier complexe pour diverses raisons. Il implique plusieurs niveaux de pouvoirs (Fédéral, Régions, communes, etc.) et différentes sociétés de transport (SNCB, Stib, De Lijn, Tec). C’est aussi un projet de territoire avec des délais liés aux permis", commente Jean-Pierre Hansen après la conférence de presse.

Même si son mandat ne lui permet pas de disposer d’un pouvoir régalien, le vieux routier devrait toutefois peser sur les événements. "J’aurai une mission de négociation, de reporting et de planification", précise-t-il. Il a l’avantage de bien connaître la CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir (elle l’a épaulée chez Electrabel avant qu’elle ne le remplace à la direction générale de l’énergéticien).

Avec sa nomination, le RER, qui n’a pas toujours bénéficié du sens de l’urgence, se voit remis sur les rails avec détermination. "Je veux inscrire le dossier dans la durée la moins longue possible et j’utiliserai tous les moyens pour réduire la durée de sa mise en œuvre", tranche François Bellot.

2. Redémarrage des travaux

Jean-Pierre Hansen (à gauche), au côté du ministre de la Mobilité François Bellot, de la CEO de la SNCB Sophie Dutordoir et du président d'Infrabel, Luc Lallemand. ©BELGA

Administrateur délégué du gestionnaire d’infrastructure Infrabel, Luc Lallemand a annoncé hier que les travaux du RER devraient redémarrer "avec le plus de puissance et le plus rapidement possible". D’après lui, ils commenceront en 2018 avec un rythme de financement d’environ 60 millions d’euros pour monter en puissance pour atteindre une enveloppe annuelle de plus de 100 millions jusqu’en 2021-2025.

Les travaux viseront d’abord la ligne 161 (Bruxelles-Ottignies). "Les travaux d’ouvrage d’art y sont déjà réalisés. Il reste maintenant à y poser les voies, le ballast, les caténaires et la signalisation", souligne Luc Lallemand. La situation de la ligne 124 (Bruxelles-Nivelles) est beaucoup plus compliquée en raison des recours qui visent le tronçon flamand dans les communes de Rhode Saint-Genèse et de Linkebeek.

"Je veux inscrire le dossier dans la durée la moins longue possible et j’utiliserai tous les moyens pour réduire la durée de sa mise en œuvre."
François Bellot
Ministre fédéral de la Mobilité

Le ministre Bellot reconnaît d’ailleurs qu’il sera impossible de finaliser la ligne 124 avant 2027-2028. Les principaux reconnaissent que le dossier RER a aujourd’hui retrouvé une nouvelle dynamique qui pousse à l’optimisme sur la fin de tous les travaux au plus tard en 2029. "Il y a aujourd’hui une énorme conscientisation auprès de tous les acteurs et il y a une énorme volonté de relancer le projet", renchérit Sophie Dutordoir.

3. Les raisons du retard

  • Dans un rapport adopté le 25 janvier dernier sur la mise en œuvre et le financement du RER, la Cour des comptes a relevé plusieurs défaillances qui expliquent le retard qui a pénalisé le projet de Réseau express régional qui doit être déployé dans un rayon de 30 km autour de Bruxelles. Il y a notamment les délais de réalisation des travaux. Ceux-ci ont été allongés indéfiniment à cause des recours contre les permis, la complexité accrue des travaux et l’indisponibilité des moyens financiers.
  • Le respect de la clé de répartition 60/40 (60% des investissements en Flandre contre 40% en Wallonie).
  • Le pilotage du projet a aussi été chaotique. Le Conseil exécutif des ministres de la mobilité ne s’est réuni qu’une fois avant 2016, alors qu’il aurait dû l’être deux fois par an. Le ministre Bellot l’a réactivé. Il s’est réuni quatre fois en 2016. Le comité de pilotage a déraillé en cours de route. Après 2009, ses réunions ont été irrégulières (7 réunions de juillet 2009 à juin 2016 au lieu des 41 prévues).

4. Les solutions du "commandant Bellot"

En décrochant le budget supplémentaire d’un milliard, le ministre Bellot a réglé la question du financement. Il a aussi réussi à convaincre le gouvernement fédéral pour que le respect de la clé 60/40 se fasse sur base pluriannuelle avec une évaluation tous les 2 ans. Les travaux se feront aussi par tronçons. Le Fédéral a débloqué des moyens permettant de recruter 2 équivalents temps plein (ETP) pour renforcer le secrétariat permanent de gestion du projet.

Sous la houlette du nouveau président du comité de pilotage Jean-Pierre Hansen, il espère que l’organe remplira efficacement sa mission. Mais il devra convaincre les autorités wallonnes qui contestent la nouvelle répartition du budget RER.

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