La ponctualité des trains de la SNCB s'est encore dégradée en 2017

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L’an dernier, 88,3% des trains de la SNCB étaient à l’heure ou affichaient un retard de moins de 6 minutes, contre 89,2% en 2016. L’entreprise ferroviaire a nommé 5 managers de lignes pour améliorer la ponctualité. Elle a aussi choisi un nouveau système de planification des trains.

La SNCB a encore du chemin à faire pour améliorer la performance de ses trains arrivant à l’heure et satisfaire les usagers du rail. Oratrice d’un soir au cocktail de Nouvel An de l’Union wallonne des entreprises (UWE), Sophie Dutordoir, l’administratrice déléguée (en poste depuis mars 2017) a levé un bout de voile sur le bilan 2017 de la ponctualité des trains. "La ponctualité n’est effectivement pas suffisante, même si elle est supérieure à 88% en moyenne en 2017. Les causes sont diverses: problèmes de matériel ou de signalisation, travaux sur les voies, ou encore rigueur", a-t-elle annoncé à la tribune.

"La ponctualité n’est pas suffisante, même si elle est supérieure à 88% en 2017."
Sophie Dutordoir
CEO de la SNCB

Selon nos informations, le chiffre exact au compteur est de 88,3% des trains de la SNCB à l’heure en 2017, contre 89,2% un an plus tôt. La responsabilité des tiers dans les retards est plus importante l’an dernier (45%) puisqu’en 2016, ils intervenaient pour 39,5% des retards.

Présent dans la salle mercredi soir, le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR) nous a confié sa détermination à maintenir la pression sur les dirigeants de l’entreprise ferroviaire pour une amélioration sensible de la ponctualité. Selon des sources proches du dossier, la SNCB lui envoie désormais quotidiennement les chiffres de la ponctualité. Sophie Dutordoir semble avoir pris conscience du défi du transporteur ferroviaire sur cette voie. "Nous savons à quel point nos clients attendent une meilleure ponctualité et mon actionnaire, par la voix du ministre (François Bellot, NDLR), me le rappelle tous les deux jours en même temps qu’il me dit bonjour", a souligné la patronne de la SNCB.

88,3%
ponctualité
88,3% des trains de la SNCB étaient à l’heure en 2017.

Des mesures sont en cours d’implémentation pour redresser la barre dès cette année. La SNCB a nommé cinq managers de ligne qui ont pour mission de suivre, "en toute indépendance et en toute objectivité, la ponctualité des trains sur les lignes les plus fragilisées", nous a confié un responsable de la SNCB. Ils doivent analyser les incidents sur les lignes qui leur sont attribuées ou attirer l’attention des responsables locaux sur les problèmes ponctuels. Les managers de ligne doivent aussi proposer des actions pour améliorer les problèmes structurels.

"Leurs propositions d’amélioration peuvent porter sur différents domaines, tels que le roulement du matériel et du personnel, les horaires, l’ajustement en temps réel du trafic ferroviaire, le matériel roulant, ou encore les correspondances", précise-t-on à la SNCB.

Système neuf de planification

Toujours dans le cadre de l’amélioration de la ponctualité, la SNCB vient de se doter d’un nouveau système digital intégré de planification du personnel et des trains. Il est baptisé APS (Advanced Planning & Scheduling). Dans une communication de sensibilisation du personnel que nous avons pu consulter, le directeur général du service Transport de la SNCB Koen Kerckaert rappelle que l’objectif est de transporter les navetteurs "de manière sûre, ponctuelle et confortable". Concrètement, c’est un logiciel informatique qui fixera les heures de roulement des agents et le nombre de trains à injecter dans le trafic de manière à équilibrer l’offre avec les besoins des usagers afin de garantir la ponctualité. Le nouveau système APS sera déployé en collaboration avec le gestionnaire d’infrastructure Infrabel. Il devrait être opérationnel dès l’été 2018 et s’échelonner sur 2 ans. Le système représenterait un investissement de plus de 20 millions d’euros.

"Nous savons à quel point nos clients attendent une meilleure ponctualité et mon actionnaire, par la voix du ministre (François Bellot, NDLR), me le rappelle tous les deux jours en même temps qu’il me dit bonjour."
Sophie Dutordoir
CEO de la SNCB

Malgré une ponctualité en baisse, la SNCB transporte plus de voyageurs en 2017: 850.000 voyageurs par jour (en croissance de 3% par rapport à 2016). Sophie Dutordoir a rappelé mercredi les retombées positives du nouveau plan de transport lancé en décembre dernier. Il va permettre d’élargir l’offre de plus de 5%, soit 175 trains supplémentaires dont 70% autour des grandes villes.

Elle a indiqué que dès 2019, plus de 10.000 places assises supplémentaires seront ajoutées à l’offre avec l’arrivée des nouveaux trains à double étage M7. Elle espère qu’avec le plan d’investissement de 3,2 milliards d’euros sur 2018-2022 dans l’amélioration du service (plus de places de parking pour voitures et vélos, wi-fi dans les gares, etc.), la SNCB affichera une performance telle qu’elle sera choisie au plus tard en 2023 par les autorités pour assurer la mission de service public dans le cadre de la libéralisation du transport national de voyageurs.

LA CONGESTION COÛTE 500 MILLIONS À LIÈGE

À la tribune de l’Union wallonne des entreprises (UWE) à l’Aula Magna (Louvain-la-Neuve), Sophie Dutordoir a invité mercredi les patrons d’entreprises à se convertir aux transports en commun. Elle s’est inspirée de diverses études (OCDE, SPF Mobilité) pour rappeler combien la congestion est liée à un coût économique.

Elle a ainsi défendu la mise en place de deux réseaux suburbains en cours de développement à Liège et à Charleroi. D’après elle, le coût de la congestion se situerait entre 250 et 500 millions d’euros par an à l’échelle de la zone suburbaine de Liège, soit dans un rayon de 30 km. Elle plaide donc pour décongestionner d’abord les routes par un transfert modal vers le train.

À cet effet, elle a rappelé que la SNCB va augmenter le nombre de places de parking sur l’axe Bruxelles-Liège pour permettre une meilleure combinaison modale voiture-train. Elle a annoncé qu’une nouvelle relation ferroviaire reliera, dès juin 2018, les zones d’activités entre Waremme, Ans, Seraing, Flémalle, Liège et Herstal, avec une halte à Ougrée. Il s’agit de la fameuse liaison 125A et l’introduction du ticket intégré CityPass Tec-SNCB (entre 25 et 50 euros par mois).

Sur base de l’étude de l’OCDE, elle a souligné que la congestion représente un coût économique évalué à 1-2% du PIB, soit entre 4 et 8 milliards d’euros par an à l’échelle de la Belgique, au-delà des dégâts sur le plan environnemental. L’enquête de 2014 du SPF Mobilité et Transports lui a permis d’attirer l’attention des patrons sur le fait que 82% des déplacements domicile-travail en Wallonie sont effectués seul en voiture, la part du train est de 5%.

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