Le projet de dirigeable de Minguet suspendu à de nouveaux financements

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Laurent Minguet veut se lancer dans le transport de fret par dirigeable. Les vols du premier démonstrateur ont été compliqués. Fly Win, la société créée pour ce projet, voudrait fabriquer un nouveau prototype. En fonction du modèle, il faudrait entre 1 et 5 millions d’euros.

Pas encore d’embouteillages en vue dans les cieux wallons à l’heure d’évoquer le projet de transport de fret par des dirigeables imaginé par l’entrepreneur Laurent Minguet. Les vols de son premier prototype n’ont pas été concluants et l’homme d’affaires, qui ne compte pas baisser les bras, va devoir se mettre à la recherche de nouveaux financements pour continuer l’aventure.

Cette idée de faire transporter des marchandises par des dirigeables est née en 2013 lorsque Laurent Minguet, le cofondateur d’EVS, a créé la société Fly Win. Dotée d’un capital de départ d’un million d’euros, cette société avait pour objectif "toutes activités de conception, de recherche de développement, de fabrication et de commercialisation d’aéronefs". Se basant sur un travail universitaire, Laurent Minguet était arrivé à la conclusion que le transport de marchandises par des dirigeables coûterait environ 7 centimes par tonne au kilomètre contre une moyenne de 22 centimes pour le même service effectué par un avion.

Le projet initial de l’entrepreneur reposait sur trois piliers: au lieu de voler à l’hélium, les dirigeables de Laurent Minguet fonctionneraient grâce à l’hydrogène, ils se passeraient de pilote et ils évolueraient à une altitude de vingt kilomètres, une position située dans la partie basse de la stratosphère, mais au-dessus des routes empruntées par les avions.

Nouveau prototype

"Le ballon était trop lourd et nous avons eu de gros soucis avec le manque de portance."
Laurent Minguet
Entrepreneur

Dans un premier temps, pour boucler son financement, l’entrepreneur s’était tourné vers les pôles de compétitivité du Plan Marshall, plus particulièrement vers le pôle Skywin, mais, en bout de course, son projet avait été recalé. Il avait finalement trouvé de l’aide du côté de Meusinvest (devenu Noshaq) qui était entré dans le capital de Fly Win à hauteur de 25% (250.000 euros).

Laurent Minguet s’était donné quatre à cinq ans pour monter une équipe pluridisciplinaire et présenter le premier prototype de son dirigeable. Il a tenu parole, même si le dirigeable n’a pas été présenté en tant que tel. Des vols d’essais ont eu lieu l’été dernier à l’aéroport militaire de Beauvechain, mais comme il nous l’a expliqué au téléphone ce mardi, les choses ne se sont pas déroulées exactement comme prévu.

Pour des raisons de budget, Laurent Minguet a dû se rabattre sur un prototype plus petit que ce qu’il avait imaginé dans un premier temps. Et lors des premiers vols, l’enveloppe du dirigeable, trop légère, s’est déchirée avec le vent. "Notre premier démonstrateur était trop petit. Plutôt que de m’évertuer avec celui-là, je compte fabriquer un deuxième démonstrateur qui va corriger les erreurs du premier", nous a-t-il expliqué.

"On doit chercher d’autres financements pour continuer la recherche."
Laurent Minguet

Il y a également eu des problèmes de mélange d’air et d’hydrogène. "Le ballon était trop lourd et nous avons eu de gros soucis avec le manque de portance parce que le dirigeable était trop peu volumineux", explique Laurent Minguet. Afin d’évoquer le futur de ce projet, l’entrepreneur va réunir le conseil d’administration de Fly Win (à savoir l’entrepreneur et Noshaq). Globalement, pour refaire le même genre de prototype dans une version améliorée, il faudrait environ un million d’euros. Et pour construire un démonstrateur nettement plus grand, capable de couvrir des distances transatlantiques, il faudrait trouver environ cinq millions d’euros. Ce qui n’est pas rien, sachant que sur le budget initial d’un million d’euros, le premier démonstrateur a déjà "brûlé" 500.000 euros.

Laurent Minguet, toujours la tête dans les étoiles, ne s’en cache pas; si cela ne dépendait que de lui, il continuerait l’aventure, mais il n’est pas capable d’assumer seul les investissements qu’un tel projet nécessitera. "Le conseil d’administration se réunira cette semaine, mais on ne va pas trouver la solution cette semaine. On doit chercher d’autres financements pour continuer la recherche", nous a expliqué Laurent Minguet.

Pas de panique, cependant. L’entrepreneur l’assure, ils n’en sont qu’au stade de la recherche pour le transport de marchandises par dirigeables "et quand je vois la concurrence, il n’y a pas de quoi rougir".

À l’avenir, le capital de la société pourrait être ouvert à d’autres partenaires, mais l’entrepreneur penche pour un partenaire industriel.

"On a fait la première crêpe qui est souvent immangeable. Et il faut faire beaucoup de crêpes avant d’ouvrir une crêperie", conclut-il.

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