Le groupe SNCB affiche une dette de plus de 6 milliards

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La SNCB et Infrabel ont désormais ensemble une dette de 6,33 milliards, dont 3,2 milliards pour la seule SNCB.

Parallèlement aux efforts de productivité que le groupe SNCB (l’opérateur SNCB et le gestionnaire d’infrastructure Infrabel) va imposer dans les prochaines années au personnel, il doit également suivre de près son endettement. Selon des documents présentés récemment aux organisations syndicales et dont nous avons eu connaissance, les deux entreprises affichent ensemble une dette de 6,1 milliards d’euros à fin 2015.

Et pour la première fois, l’endettement du gestionnaire d’infrastructure franchit la barre des 3 milliards. En effet, la répartition de la dette indique 3,2 milliards pour Infrabel au 31 décembre de l’année dernière alors qu’à fin 2014, ses dettes à plus d’un an étaient juste d’environ 3 milliards d’euros. Sa dette a grimpé de quelque 240,2 millions en un an d’après les documents.

Répartition de la dette

Infrabel avait pourtant démarré en 2005 sans pratiquement aucune dette, mais a dû hériter d’une partie de l’endettement de la SNCB et de la SNCB Holding suite à la dernière réforme du groupe qui a donné lieu à une opération de fusion-absorption entre les deux dernières entités pour déboucher sur la création de l’actuelle SNCB.

En juin 2014, après la clôture définitive des comptes du groupe, la dette à répartir entre la SNCB et Infrabel a été fixée à environ 4,8 milliards. La répartition décidée affecte 2,6 milliards pour la SNCB (soit 55% du total) et 2,2 milliards pour Infrabel (45%).

Les syndicats s’inquiètent

La situation inquiète d’autant plus les syndicats qu’une hausse éventuelle des taux d’intérêt pourrait plonger Infrabel dans des difficultés. "Il est vrai que l’entreprise s’est couverte pour éviter de subir les effets d’une hausse brutale des taux d’intérêt en prenant des garanties, mais la situation n’est pas des plus rassurantes", nous a confié une source proche du dossier.

La situation n’est pas plus rose pour la SNCB et inquiète tout autant les syndicats. Elle traîne aussi une importante dette dans son sillage. La dette économique, qui englobe la dette financière (emprunts contractés auprès des banques) et d’autres dettes résiduelles, affiche à fin 2015 un montant de 3,2 milliards d’euros, en diminution de 13 millions par rapport à fin 2014. Les dirigeants de la SNCB se sont réjouis de cette réduction. "La baisse de la dette économique est le fruit de l’amélioration du résultat opérationnel (récurrent et non-récurrent), mais aussi de la diminution des subsides d’investissement et des cofinancements régionaux non encore affectés aux investissements", ont-ils souligné. Mais ils ont rappelé que seul un résultat opérationnel positif de 65 millions permettra à l’entreprise de stabiliser sa dette. Elle est pour l’instant loin de cet objectif. L’an dernier, la SNCB a enregistré un excédent brut d’exploitation (Ebitda) cash récurrent de 20,4 millions d’euros contre 14,5 millions en 2014. Elle a généré un chiffre d’affaires de 1,036 milliard, en progression de 2,9% par rapport à un an plus tôt. Elle a clôturé l’exercice 2015 avec un résultat net positif de 177 millions d’euros, alors qu’en 2014, elle a réalisé une perte de 207 millions.

Réduction des moyens

De son côté, Infrabel a clôturé 2015 avec un résultat global d’exploitation négatif de 6,8 millions d’euros (contre -3,7 millions en 2014).

La réduction des dotations décidée par le gouvernement fédéral sur la durée de la législature risque de compliquer la situation. Les deux entreprises subiront une diminution de leurs moyens publics de près de 20%. Un arrêté royal pris par l’ancienne ministre de tutelle, Jacqueline Galant (MR), avait provisoirement fixé la répartition de la dotation publique entre le transporteur ferroviaire et le gestionnaire d’infrastructure pour 2016. Concrètement, le texte prévoit une enveloppe budgétaire de 1,75 milliard d’euros pour la SNCB sur le total de près de 3 milliards dédicacé aux deux entreprises. Infrabel hérite d’une manne de 1,14 milliard.

La SNCB se taille donc un peu plus de 60% de la dotation publique et 620 millions de plus qu’Infrabel. Au niveau des économies, elle perd 162,8 millions de dotation contre 144,3 millions pour Infrabel. La SNCB se voit imposer dans les faits 53% des économies contre 47% pour Infrabel. Ce qui fait dire à plusieurs observateurs que la logique voudrait que la SNCB réalise des efforts à la hauteur de sa dotation, soit 60% d’économie et 40% pour Infrabel.

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