Nouvel échec de la collaboration ferroviaire entre la Belgique et les Pays-Bas

©ANP XTRA

Après la débâcle du Fyra, une nouvelle "guerre ferroviaire" pourrait éclater entre la Belgique et les Pays-Bas. En cause: la liaison entre Aix-la-Chapelle, Liège et Maastricht. La société de transport Arriva voulait mettre ce train en service en décembre, mais la Belgique a refusé au dernier moment, le matériel utilisé ne répondant pas aux normes de sécurité belges.

Arriva ou Arriva pas? La nouvelle ligne du transporteur Arriva, une société faisant partie du groupe allemand Deutsche Bahn, était censée relier Liège, Maastricht aux Pays-Bas et Aix-La-Chapelle en Allemagne via un petit crochet par la ville néerlandaise Heerlen (voir carte). Les premiers trajets entre ces trois grandes villes universitaires étaient programmés pour le mois de décembre de cette année. La ligne passant par trois pays était même qualifiée d'exemple de collaboration internationale en matière ferroviaire. Mais, un mois avant le lancement de cette ligne, c'est le blocage complet. 

La liaison entre les quatre villes fait un peu moins de 80km

Selon nos confrères du quotidien néerlandais NRC, la Belgique freine des quatre fers. En cause, les normes de sécurité de notre pays ne seraient pas remplies en raison du matériel choisi par l'exploitant de la ligne. Pour l'instant, le train ne peut rouler que jusqu'à Maastricht, ce qui fait craindre une nouvelle "guerre ferroviaire" entre la Belgique et les Pays-Bas, quelques années après l'échec de la mise en place des TGV italiens Fyra sur la ligne Bruxelles-Amsterdam.  

"La Belgique ne concèdera pas un millimètre" 

Du côté néerlandais, l'annonce semble difficile à encaisser. Un investissement de 19 millions d'euros avait été consenti par le gouvernement néerlandais pour le dédoublement de voies et l'électrification du trajet entre Heerlen et la frontière allemande. Mais, selon NRC, la secrétaire d'Etat néerlandaise en charge de l'Infrastructure, Stientje van Veldhoven, ne parvient pas à faire changer d'avis son homologue belge François Bellot.

"La Belgique ne concèdera pas un millimètre" sur ce sujet, a indiqué un porte-parole du ministre belge à NRC. "Nous appliquons les normes de sécurité belges et européennes pour le trafic ferroviaire, y compris entre Liège et la frontière néerlandaise, et le matériel en cause n'y répond pas", a-t-il ajouté. Le cabinet Bellot rappelle aussi que cette exigence était présente dans toutes les tractations avec les Néerlandais depuis 2006. Entre-temps, le drame de Buizingen, qui avait fait 19 morts et 171 blessés en 2010, avait conforté les autorités belges dans leur position. Une des causes de l'accident résidait dans le fait qu'un train n'était pas équipé du système de sécurité adéquat.  

Sur le front politique, la mésentente risque de se prolonger. Le député néerlandais Martijn van Helvert (CDA) et son collègue belge Jef Van den Bergh (CD&V), tous deux membres du Parlement Benelux, sont maintenant avertis de l'escalade. Selon eux, les Pays-Bas menacent à présent de refuser l'équipement belge parce qu'il ne satisferait pas aux normes de sécurité néerlandaises. L'inspection de l'environnement et des transports chez nos voisins confirme qu'elle mènera à partir de la semaine prochaine des contrôles plus poussés sur l'équipement belge.

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